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Je mets ma tête dans le creuset…

Patrick Lagacé nous parle sur son blogue de bribes d’informations en lien avec la publication prochaine du Rapport des Sages Boulor-Taychard…

Ils veulent :

– Que les Québécois francophones parlent davantage anglais
– Que les organismes interculturels soient mieux financés
– Que les Québécois francophones soient davantage ouverts sur le monde

À froid, en sirotant mon café, j’ai joué du bongo sur mon clavier :

Bof, au premier coup d’oeil, ça m’a tout l’air d’une belle formule magique…

Dans beaucoup de discussions que j’ai depuis quelque temps, il ressort qu’il est temps pour les francophones de privilégier le plus possible l’emploi du français dans la sphère publique pour inciter les anglophones et les nouveaux arrivants à le pratiquer, parce que c’est la seule bonne manière de ne pas perdre notre caractère distinct devant l’anglicisation mondiale. Alors, si la priorité est l’apprentissage de l’anglais, cela déterminera encore plus fort le réflexe des francophones de passer à l’anglais aussitôt qu’il est en présence d’un quelconque accent.

Au dernier Yulblog, nous avons rencontré un anglophone né à Montréal qui était bien content de pouvoir pratiquer son français avec nous. Son accent était pitoyable, mais il a quand même fini par nous faire comprendre qu’il n’arrivait jamais, sauf en de rares occasions, à discuter français avec des francophones…

Il est clair pour moi qu’il y a un mélange de concept. Les questions de la linguistique, de la xénophobie, de la tolérance, semblent se mêler assez fallacieusement ici. Si protéger au jour le jour mon héritage francophone fait de moi un intolérant, je décroche. J’espère que cela sera plus clair…

(Photo : malidinapoli)

Musique franco pendant le hockey : très mauvaise cible mon cher Brûlé…

Tiens, Michel Brûlé, notre troubadour opportuniste préféré… a lancé une belle pétition pour tenter de forcer la main du Centre Bell à diffuser plus de musiques francophones. Et cette main, et surtout cette tête, c’est Vincent Aubry, DJ, un bon ami à moi. Je lui ai parlé justement hier matin en lien avec cette histoire, car je suis tombé sur un billet de Lusciousloba qui la relatait.

Donc, au-delà de l’avis de Vincent reprit assez minimalement à la fin de l’article de La Presse paru mercredi, il y a une réalité musicale qui transcende ses seuls choix et ceux du Centre Bell, une réalité que je constate chaque fin de semaine dans mon travail de DJ : la musique francophone n’a pas trop la cote auprès du public et s’il y a quelque part vers où pointer, ce n’est certainement pas du côté du hockey!

Une pétition de 200 noms, bien que ramassés en seulement 2 heures (mais à l’ère du web, tout le monde est possiblement capable de le faire…), ne viendra pas changer le fait que les gros succès francophones (avec en plus un rythme entraînant) arrivent au compte-gouttes tandis que du côté anglo-saxon c’est la manne! Et puis je crois que Vincent doit varier sa musique, passer du vieux, du neuf, et beaucoup de tounes instrumentales, et en plus c’est un contexte familial… Encore plus, il y a les chansons imposées (commanditée) qui viennent gruger beaucoup de temps de glace!

Alors, je suis bien content de savoir que le gouvernement n’entend pas légiférer là-dessus parce que le problème se trouve du côté des radios commerciales et de l’industrie musicale québécoise qui mise majoritairement sur de la musique francophone qui ne se prête pas au dynamisme que demande l’ambiance d’une partie de hockey, entre autres. (Pour moi qui travaille dans un bar, la tâche est encore plus énorme… à mon grand malheur, je dois passer à peu près un gros maximum de 5 chansons francophones dans une soirée où j’en passe en moyenne environ 75 en tout…)

Je ne dis pas qu’il n’y a pas de chansons francophones qui font l’affaire, mais question de vouloir varier, la discographie utilisable est trop mince pour que ça ne tombe pas vite dans la redondance. Et nous sommes assujettis bien plus au goût du public qu’à nos propres goûts, voilà une des premières règles du DJ. Et qui influence les goûts du public généralement?

Il est clair que maintenant les artistes d’ici sont en compétition avec le monde entier. Est-ce que c’est une bonne chose? Je le crois, parce que cela fait en sorte de promouvoir l’originalité. Qui s’intéresserait à un artiste québécois qui ne serait qu’une pâle copie d’un artiste reconnu internationalement? Nous ne sommes plus à l’époque où Johnny Farrago, l’émule canadien-français d’Elvis Presley, faisait tomber les jeunesses comme des mouches…

Et comme je disais à Lusciousloba :

Qu’est-ce qu’Isabelle Boulay, par exemple, et tout le corpus musical de Rythme FM, pour ne nommer que cette station-là, viendrait faire dans l’antre du hockey? Et lui comme moi trouvons que les sorties de disques francophones sont « so so » depuis trois ans, mis à part quelques exceptions…

Je crois que c’est seulement la pointe de l’iceberg qui est insuffisante à faire paraître le tout reluisant. Il y a un travail énorme à faire du côté des artistes connus, moins connus et inconnus, ceux qui ne font pas de la musique générique, pour les vendre auprès du public, pour que par ricochet ça paraisse dans les bars, les restos, etc., et bien sûr pendant les parties de hockey! Ça prendrait malheureusement du courage…

(Photo : kevincrumbs)

Multiplillet du 29 avril

Le 17 mai prochain, participez à la journée internationale contre l’homophobie en pondant un billet sur la question. Vous pouvez vous inscrire auprès de Zed Blog, qui fera le pont entre tous les blogues participants.

Autre sujet, celui-là plus anecdotique, saviez-vous que le Texan George W. Bush est né dans un secteur états-unien fortement démocrate? Pour plus de détails, visitez l’ami Nicdou, émigrant québécois habitant à environ 300 mètres de la maison natale du présent président républicain.

Pour rester dans l’univers politique, Angry French Guy démontre ici avec brio les avantages économiques et culturels d’avoir bilinguisé Montréal avec la loi 101. Et on ose penser que ce gars-là fait du tort au français en écrivant en anglais et en discutant avec les anglophones…

Et, finalement, Michel Monette nous fait part de la « Lourde tendance vers plus d’inégalités au Canada », compte rendu d’une récente étude qui démontre que l’écart de revenu entre les riches et les pauvres se creuse, même si c’est moins grave que du côté états-unien. Aussi, « Mince consolation, la classe moyenne canadienne s’est globalement moins appauvrie que son équivalent aux États-Unis. »

Voilà!

Billet sexiste

Ne vous inquiétez pas, je ne serai pas intolérant. Mais ce billet parlera bien sûr d’intolérance en général, et plus amplement de sexisme. (Ajout : donc un billet entre autres au sujet du sexisme) J’irai même du côté de la politique, c’est pas peu dire…

Mon petit tour de la blogosphère a fait ressortir ce matin quelques billets où je crois qu’il y a disproportion et/ou analyse défaillante. Le premier, un billet de Christian Vanasse, avec lequel je suis majoritairement d’accord, pointe premièrement le sexisme anti-masculin dans la pub avec, entre autres, l’exemple suprême de la pub de Jeep, où :

Un petit couple se fait proposer par un vendeur de chars des rabais en argent ou en matériel à l’achat d’un véhicule neuf. Le vendeur propose d’abord 1000$ d’accessoires de camping d’une marque connue. La femme du couple s’imagine aussitôt en vacances dans un décor bucolique faisant une ronde avec ses enfants avec en fond sonore une petite musique téteuse. Notez en passant que l’homme est absent du décor. Le vendeur parle ensuite de 1000$ d’essence gratuite. Aussitôt, l’homme du couple s’imagine au volant de son 4X4 spinnant dans la bouette et riant comme un malade sur fond de musique rock and roll. Yeah. Évidemment, le gars est tout seul à se faire du fun en brûlant 1000 piasses de gaz.

Par contre, il ajoute dans le lot la pub de nourriture pour chat Whiskas, où le chat de la maison est représenté par un homme, ce qui je trouve est pas mal tiré par les cheveux. Je lui ai fait savoir en commentaire :

Michel Brûlé a déjà pointé cette pub sur le site « Les dents du Québec » dans la vidéo nommée « Les hommes québécois sont de parfaits imbéciles! », où il fait étalage des pubs misandres… (et où dans sa conclusion il dit que l’« ennemi » n’est pas l’homme, mais l’Anglais!). J’ai bien de la misère à voir dans cette pub du sexisme envers les hommes puisqu’il est clair que la psychologie féline est bien loin de celle du mâle humain… Je crois donc que c’était plus une question de « casting » : qui entre les hommes et les femmes aiment plus les chats en général?

Il aurait été alors assez bizarre de mettre en scène une maîtresse et une chatte, donc pas d’hommes dans la pub, oups! et encore plus un maître et une chatte : quel publicitaire stupide aurait choisi cette dernière solution?

Alors, je crois que la solution de la maîtresse et du chat représenté par un homme est la meilleure solution, celle qui risquait de froisser le moins de monde par rapport à ce concept de pub. (Pour la valeur du concept, c’est une autre question!)

Je n’aime pas les pubs qui utilisent le sexisme, mais je trouve que de classer cette pub là-dedans est un peu parano…

Un autre billet m’a fait réagir aujourd’hui, et c’est celui de Mandoline qui a pour sujet l’histoire sordide d’un père autrichien qui a séquestré sa fille pendant 24 ans et qui lui a fait 7 enfants… Elle débute son texte en lionne, et je cite :

y’ a des soirs comme celui-ci où il me plairait de broyer un homme de mes propres mains…

Ma réaction :

En lisant ce bout de phrase, je me dis que les hommes normaux ont la couenne dure…

Imagine une histoire sordide mettant en scène une femme et que tu lisais, à la suite de ça, un texte de ma plume qui contiendrait cette phrase : y’ a des soirs comme celui-ci où il me plairait de broyer une femme de mes propres mains…

Bobo dans les tripes hein?

T’inquiètes, je ne suis pas fâché, j’essaye juste de relativiser…

Cette histoire est le comble de la méchanceté et de la folie, j’en conviens, mais ce n’est pas un homme qui l’a perpétré, mais bien un monstre! Et pour moi un monstre est asexué… même si sa faute est sexuelle.

Donc, voilà pour moi quelques petites dérives possibles quand il s’agit de réagir au sexisme. Dans le premier cas, c’est d’utiliser la mauvaise grille d’analyse et dans le deuxième cas c’est de réduire un problème particulier à une généralité, ce qui n’aide pas du tout à amoindrir l’impression de « guerre des sexes » perpétuelle…

Du côté de la politique, la dérive sexiste se transforme en intolérance et en analyse partisane. L’exemple que je donne à Christian Vanasse avec Michel Brûlé et sa proposition de détournement de la haine des hommes vers la haine des « Anglais » est probant. Comme si la misandrie devenait acceptable quand il s’agissait d’un homme anglophone…

Un autre exemple de mauvaise grille d’analyse revient à David Chrétien et son dernier billet au sujet de la position de l’ADQ et du PQ par rapport à la question du français. Il utilise la proposition du PQ, pour un renforcement de la loi 101, pour critiquer la position de Maka Kotto au sujet des dernières affiches de l’ADQ. Il faudrait que ce jeune homme se réveille, puisqu’il manque un élément clé dans son analyse : le PQ n’inclut pas la question de l’immigration dans son projet tandis que l’ADQ l’a inclus dans son affiche. C’est bien ce lien implicite entre un recul du français et une augmentation de l’immigration qui était fortement discutable, et non seulement la question du français. Alors, de pointer le PQ comme étant contradictoire (ou plutôt proche idéologiquement de l’ADQ) est d’un simplisme enfantin : le lecteur moyen est capable de comprendre la différence entre un parti qui propose une loi et un autre qui alimente la peur. Voilà où mène la partisanerie : on occulte des données pour faire transparaître un argumentaire qui a un semblant de logique, ce qui n’est pas le cas après un examen approfondi. Au moins, il est clair que cela sourira seulement aux plus stupides des mariodumontistes… enfin, j’espère!

En somme, je vois dans tout cela un manque de perspectives externe à soi. Qui se dresse contre une tendance lourde pointe souvent tout ce qui peut y ressembler, même de loin. Qui se dresse violemment contre une situation particulière en vient à faire des liens inutiles pour appuyer ses dires. Qui dénonce en profite pour user d’opportunisme et relancer la balle dans un autre sens. Qui se sent attaqué cherche par tous les moyens à fabriquer des liens pour se sortir de l’impasse.

Serait-ce par hasard si difficile de se mettre dans la peau des autres, et surtout dans la tête des autres?

(Photo : granty)

TQS par là, dumoncratie par ci!

Je n’ai pas trop d’opinion tranchée au sujet de TQS et des possibles coupes dans l’information, bien que ce soit un sujet chaud. Je vais donc vous laisser aux bons soins de mon ami l’Équilibriste qui a torché un billet bien juteux et bien odorant comme il en a le secret! (Pour les amateurs de scoops politiques, portez une attention particulière au post-scriptum, ça vaut le détour!)

Par contre, au sujet de l’ADQ-ÉMD, il a été assez minimal, comme vous pourrez le voir ici, alors c’est moi qui vais en remettre.

Je suis tombé ce matin sur un billet de Bryan Breguet où il utilise la belle expression : dumoncratie! Je la voyais pour la première fois et j’ai fait quelques petites recherches. Il semble que c’est le caricaturiste Y-Greck qui a été le premier à l’avoir utilisé sur le web, s’il n’en est pas lui-même le paternel…

Ce que j’ai trouvé assez étrange, c’est qu’il a utilisé ce terme dans un contexte de célébration du bond spectaculaire de Mario Dumont aux dernières élections provinciales. Pourtant, le suffixe « cratie», en rapport avec le pouvoir, est la plupart du temps négatif, comme le terme « autocratie » est synonyme de « tyrannie », ce qui est assez contraire à « démocratie », quand même…

Pour revenir à Bryan Breguet, blogueur droitiste, son billet pointe la dernière « superbe » publicité adéquiste rappelant étrangement l’extrême-droite européenne et sa propre désaffiliation :

Et dire que j’ai déjà milité pour ce parti, c’est ridicule. Je suis rendu anti-ADQ. De toutes manières l’ADQ n’est plus un parti de droite économique, mais de droite nationaliste, interventionniste et xénophobes. Quand LE problème devient l’immigrant en soit, alors là on frôle carrément l’extrême-droite.

Quand les alliés naturels quittent le navire, qu’est-ce qu’il peut bien rester? Environ un maigre 18%, d’après les derniers sondages, ce qui n’inclut pas encore les répercussions de l’onde de choc qui se fera assurément sentir dans le futur. Tout est question de perception et cette affiche ambiguë est bien la preuve que l’amateurisme en politique et en marketing (aussi en graphisme…) ne pardonne pas.

Ajout :

le point de vue de V sur la situation actuelle de l’ADQ me plaît beaucoup, je vous conseille fortement la lecture de son dernier billet.

Autre ajout :

au sujet de TQS, très bon billet à lire, de Lutopium.

Les cowboys et les Indiens

J’avais bien hâte de voir le dernier documentaire « Le peuple invisible » de Richard Desjardins et finalement, il passait à Radio-Canada, et je l’ai enregistré. Je l’ai visionné hier. J’ai la mâchoire à terre.

Aussi, j’ai la mâchoire à terre parce que j’ai fait quelques recherches web hier pour voir si on en parlait dans les médias et la blogosphère à la suite de sa diffusion à la télé d’État, et je n’ai pas trouvé grand-chose, à part un texte de Louise Cousineau sur cyberpresse (que je vous conseille fortement de lire si vous ne tenez pas absolument à voir le documentaire, c’est un résumé très très exhaustif) et quelques billets plus informatifs que critiques… Donc, la diffusion semble avoir passé comme dans du beurre, mais pourquoi? Parce qu’il y avait une partie de hockey en même temps! (Le titre du texte de Louise Cousineau est : « Le peuple invisible diffusé un soir de hockey… »)

Quelle mauvaise case horaire quand on sait que la fièvre du hockey bat son plein au Québec! Et quand on sait que le documentaire n’est pas tendre envers le gouvernement du Canada (et encore moins pour celui du Québec), on se demande très sérieusement s’il n’y a pas un peu d’opportunisme là-dedans : Radio-Canada a diffusé, donc paraît bien, démocratique, et tout et tout, mais la force de frappe de l’oeuvre se réduit à n’être pour ainsi dire qu’un pétard mouillé, pouin pouin, pouin…

Tous les Québécois devraient voir ça, point. Surtout les gens qui n’aiment pas beaucoup les autochtones. Je ne dis pas qu’ils vont plus les aimer, mais au moins ils vont comprendre un peu plus…

Ce que j’en ai compris, c’est que ces peuples sont les survivants d’un ethnocide tenu secret encore aujourd’hui. Et les grands coupables? La doctrine religieuse qui possédait anciennement le pouvoir, suivit par l’État qui leur donne des miettes aujourd’hui, afin de conserver le plus possible la totalité du butin : les terres et donc les ressources qu’ils pourraient en tirer pour se sortir de la misère.

Il y a un côté de moi qui se dit qu’ils devraient quitter les réserves au plus vite et se mêler à la population blanche pour sortir de ce marasme, mais en même temps cela serait injuste, ils étaient là avant les blancs. Et je n’en revenais pas de tous les voir déguisés en cowboys, écoutant du country et du western, parlant pour la plupart anglais et français, et ayant en plus beaucoup de prénoms et patronymes dans ces langues, alors que le cliché des « cowboys et des Indiens » est une dichotomie. Nous ne sommes pas loin du comble de l’assimilation, aussi bien pour eux d’embarquer complètement dans le bateau du 21e siècle… et avec cela, on comprend mieux l’extrémisme dans leurs rangs.

Ce que je pense, c’est qu’il y a bien assez de place pour tout le monde, et leur place est une prison de verre trempé.

(Photo : howlinhill)

L’accent de cheu nous

La Fêlée, la blogueuse de Juste un peu frustrée, a fait de l’insomnie hier, comme elle le dit chez elle. Elle en a profité pour dénicher un article au sujet d’un phonéticien qui étale le résultat de ses recherches sur l’origine des différences entre les accents québécois et français.

C’est bien sûr anecdotique en très grande partie, comme toute l’Histoire, et nous devrions donc arrêter de nous autoflageller… Notre accent n’est pas mieux ou pire que celui de nos cousins.

Quelques citations pour les pressés :

Pendant longtemps, deux modèles de diction ont coexisté dans la Ville lumière, souligne M. Gendron : le «grand usage», qui était la langue savante des discours publics, employée au Parlement de Paris, dans les cours de justice, par la bourgeoisie instruite et au théâtre; et le «bel usage», utilisé en privé dans les salons de la noblesse. Sa prononciation, plus relâchée que celle du grand usage, devait paraître «naturelle», c’est-à-dire ni vulgaire, ni affectée.

Elle avait tendance à tronquer certaines lettres et faisait rager beaucoup de grammairiens français. Le bel usage prononçait ainsi, entre bien d’autres : «leux valets», «sus la table», «quéqu’un», «velimeux», «des habits neus», «ostiner», «neyer» (noyer), «netteyer», «frèt», etc.
[…]
Mais la haute société parisienne, qui a longtemps flotté entre les deux accents, bascule totalement à la révolution de 1789. Le roi de France, ou le «rouè», comme il disait peut-être, est décapité. L’aristocratie, dont le prestige donnait jusque-là préséance au bel usage, fuit la France (quand elle le peut), ce qui laisse toute la place à la bourgeoisie et à «sa» manière de parler.
[…]
Ce changement de la prononciation parisienne — certaines consonnes, comme le r manquant de «sus la table», seront carrément restaurées, dit M. Gendron — se fera aussi très vite, à l’échelle de l’histoire des langues : quelques décennies tout au plus. «Cela s’est fait naturellement, dit M. Gendron. Personne ne s’en est rendu compte.
[…]
«Alors quand les voyageurs reviennent avec le nouvel accent qu’ils ont acquis à la révolution, ils ne comprennent plus. Ils ont oublié leur ancien accent, qu’ils retrouvent chez les Canadiens, mais sans savoir que c’était le leur», dit M. Gendron. Et comme la langue de Paris est la référence la plus courante en français, les visiteurs des autres pays basèrent dessus leur opinion de l’accent canadien.

(Photo : smosch)

Ajout :

Le Détracteur Constructif ajoute de très pertinentes informations à ce sujet ici.

Citation du jour

Au Québec c’est pas compliqué, les anglophones sont majoritaires dès qu’ils dépassent le nombre de zéro.

Accent grave

(Lu quelque part, mais je n’arrive pas à retrouver où… finalement, c’était sur le blogue de Bibco)

Question linguistique : la troisième voie

Après les preuves objectives de l’hécatombe possible dans laquelle l’utilisation du français au Québec se dirige, que certains pourront travestir en subjectivité selon leurs valeurs et le point de vue de leurs analyses, il reste qu’au niveau intellectuel il y a une nouvelle preuve que, bizarrement, j’avais pressenti en composant la finale d’un de mes textes sur l’incessante crise linguistique :

Sinon, aussi bien passer à un autre niveau et accélérer l’assimilation en intégrant la totalité des nouveaux immigrants par l’anglais et en offrant des cours d’anglais gratuits pour la population francophone.

Ainsi, Le Devoir a fait paraître un texte d’opinion (trouvé via le blogue d’Olivier Niquet) qui va encore plus loin : Roberto Campeón et Emanuel Dion-Goudreau, deux citoyens de Montréal, exposent, face au débat entre la radicalisation de la Charte de la langue française et le bilinguisme totalitaire, « une troisième voie, celle d’une anglicisation portée par un réseau scolaire anglophone unique accueillant tous les jeunes Québécois. »

La logique de ce texte donne vraiment froid dans le dos, l’argumentaire est coupé au couteau, il est vraiment rare de lire quelque chose d’aussi pragmatique. Cela a au moins le mérite de ne pas être complaisant, dans ce monde du statu quo.

En gros, il y est dit qu’il faut reconnaître la défaite du projet souverainiste, que le Québec régional est coupé de Montréal, et qu’un changement linguistique vers l’anglais pourrait nous donner un nouveau grand projet collectif, absolument positif, ce que nous n’arrivons plus à avoir depuis belle lurette.

Il serait très facile de prendre cette idée au premier degré et de se la monter en neige pour en faire la meringue d’une tarte à entartiste. Je vais laisser cela à d’autres. Pour ma part, j’examine la question et elle me plaît au point où je suis tenté de la proposer franchement comme choix ultime. Fonçons tête baissée!

Nous sommes en démocratie et j’accepterais que cette proposition passe la rampe si le peuple en décidait ainsi. Je serais encore capable de discuter et de vivre un minimum en français jusqu’à la fin de ma vie, au moins, il n’y aurait plus d’angoisse sur le point de nos descendants. Est-ce que les amants de la clarté référendaire seraient contre une question de la sorte?

En fait, il n’est pas fortuit que Le Devoir ait publié ce texte. C’est dans l’intérêt des indépendantistes que des idées aussi claires surgissent. C’est une question que tous devront se poser. Certains semblent penser que c’est de l’ironie, mais c’est au-delà de l’ironie à mon sens. Entre la lente agonie et ce couperet, je choisis ce dernier, mais ce ne sera pas moi qui vais voter pour!

(Photo : falcifer)

Le mystère René-Daniel Dubois

Le passage de René-Daniel Dubois à Tout Le Monde En Parle a été pour moi et pour plusieurs comme un peu de lumière dans la pénombre. Ça me parle beaucoup quand il dit que plus de 200 personnes de talent, des hypothétiques artistes de la trempe de Tremblay et Lepage, ont été scrapés par notre foutue société d’incultes. Et le mot « inculte », je le lui mets en bouche pour synthétiser, car ce terme représente bien sa charge contre l’inexistence culturelle, où la culture est désincarnée par le vedettariat, incluant ou non l’art (là, j’outrepasse sa pensée, je remplis les trois petits points…). Différents points de vue, même combat.

Mais j’ai titré mon billet en incluant le mystère pour une bonne raison, je ne comprends pas, ou mal, sa position antisouverainiste. Il a passé un bon moment dans l’entrevue à parler du Québec et de notre place dans le monde avec son image de la cour d’école, alors que nous serions le seul étudiant sur 1000, ce qui je crois est en complète contradiction avec l’idée de notre place dans le statu quo canadien et qui, lorsque quelque chose de nous brille dans le firmament mondial, fait briller le Canada et non le Québec, mis à part peut-être pour les pays francophones, enfin certains. Nous souffrons alors d’une extinction de voix!

Aussi, dans la même veine, son texte qui est paru dernièrement sur le nationalisme me laisse encore pensif : jusqu’où peut-on gonfler la définition de ce terme? Quand il écrit que « Le nationalisme, c’est le contraire de la démocratie », il l’instrumentalise et le place dans la bouche de ses ennemis, et encore mieux, il l’instrumentalise d’autant plus pour sa propre analyse. Pour ma part, j’ai essayé, peut-être maladroitement, de le réduire à un pragmatisme que je voulais au mieux relaxant, en insistant sur la langue commune, le français, mais je vais oser le réduire à une chose encore plus simple : le nationalisme, c’est la reconnaissance, c’est se reconnaître, dans son sens le plus large et le plus humaniste, ça pourrait se référer par exemple au seul fait d’avoir une adresse; aujourd’hui, surtout, c’est pouvoir élargir cette reconnaissance et arriver à y inclure de plus en plus de diversité. Au-delà de ça, c’est l’Histoire qui devient le moteur de l’acharnement contre les singularités, comme nous l’avons bien (ou mal) vu avec le cirque Bouchard-Taylor.

Au-delà de ce bémol, en fin de compte, pour ne pas trop m’éterniser, ce que je comprends de cet homme, en réécoutant son entrevue à répétition, c’est qu’il désire nous brasser en se plaçant lui-même contre nous tous, de quelque côté que nous soyons. Je l’applaudis ici à ma manière.

La colère a des limites…

D’habitude, le lundi, j’écris toujours un bon gros billet touffu parce que je me suis reposé le dimanche et que je suis en forme, en ce deuxième jour de congé. Mais là, j’ai passé ma journée à me battre, mais métaphoriquement quand même…

La cause : mon ami Louis, blogueur principal et créateur d’Un Homme en colère, est tombé sur la tomate d’un autre blogue, Angry French Guy, parce qu’il opère un blogue souverainiste, mais en anglais. Il croit que ce blogueur est un traître à la nation, comme tous les autres qui usent de l’anglais, même le blogue Sovereignty en Anglais (dont je vous parlé précédemment, troisième paragraphe du texte).

Je suis foncièrement en désaccord avec sa position que je considère extrémiste. Je me considère assez modéré donc je me dresse contre toutes les positions extrémistes, même si c’est mon ami, qu’il le soit en vrai ou seulement virtuellement, comme c’est le cas avec Louis.

Ce n’est pas en insultant tous les gens qui ne sont pas tout à fait en phase avec nos propres manières de penser qu’on va faire avancer les débats de société.

Et puis j’ajoute Angry French Guy à ma blogoliste par solidarité, même si personnellement je ne lis pas, puisque je ne lis l’anglais que quand j’y suis obligé. J’exerce mon droit de vivre en français, même sur le web.

Taper sur les doigts du joual : l’erreur de Sergio Kokis

Je ne connaissais pas l’écrivain Sergio Kokis, et après sa performance à TLMEP, je n’ai pas vraiment le goût de le lire… Vous me direz que c’est en partie du préjugé qui s’appuie au niveau politique et que je transférerai au niveau littéraire, mais il a fait ce qui me dégoûte le plus, et il semble que ce soit de plus en plus à la mode de le faire : il s’est donné en exemple, a analysé sa propre situation, s’est servi du particulier pour expliquer un phénomène de société, pour critiquer un état de fait. Donc, il a critiqué la manière de parler des Québécois en clamant haut et fort, et de manière assez condescendante, qu’il parle mieux que nous tous. (Après les bilinguistes imbus d’eux-mêmes et les polyglotteux de tout acabit, voilà la police de l’accent et de la perfection linguistique! Et je ne blague quasiment pas…)

Le pire, c’est qu’il a raison, il parle mieux que moi, mieux que la majorité des Québécois. Par contre, après 40 ans passés ici il n’a pas cru bon de remarquer qu’il n’est pas en France, et j’exagère à peine (même si je ne crois pas que la France soit tellement mieux que nous au niveau du français, ils ont d’autres lacunes… si on croit comme moi au canon du français international et non à l’absoluité du français parisien). Surtout, et c’est important, il se vantait de parler mieux que nous alors que le français n’est pas sa langue maternelle, en donnant à cela tout le poids argumentatif voulu. Sauf qu’il ne semble pas comprendre que le problème ici vient exactement de là, de la langue maternelle : nous avons appris à parler plus ou moins en joual et non en français de France, puisque nous sommes au Québec et que le Québec a une histoire linguistique autre que la France et tous les autres pays francophones hors Amérique. Et ça ne fait pas très longtemps que la distance n’est plus importante. Faudrait au moins se l’avouer.

Je ne devrais pas me donner en exemple, mais vous m’excuserez, car je crois que ma situation est semblable à la majorité des gens du Québec qui sont de souche canadienne-française et qui ont appris à parler parmi une majorité de gens de souche canadienne-française, et ça tombe que l’on peut catégoriser ce parler de joual. Comment je pourrais ne pas avoir plus de difficulté que Sergio Kokis à bien parler français étant donné que la mise en bouche de ma langue s’est faite avec mes parents à ma petite enfance, et qui ont beaucoup de lacunes (d’autres diront des formulations colorées, dont moi, parfois). Ensuite, avec ma famille, mes amis, le mimétisme a fini de bâtir mon parler.

Je suis sur terre depuis presque aussi longtemps que Sergio Kokis est ici et pourtant je peux dire objectivement que le joual ambiant a été hautement plus influent pour moi que pour lui, parce que lui a pu faire un choix que je n’ai pu faire (et il a appris le français en France en plus…). Jusqu’à ce que je sois adulte, je n’aurais jamais pu me donner comme but de parler à la radio-canadienne, car je me serais peinturé dans le coin, à cette adolescente époque de ma vie. Aujourd’hui, en certaines circonstances, surtout à la maison avec Douce, j’essaye de m’améliorer, mais le naturel revient quand même souvent au galop!

Donc, l’amélioration du français parlé ne pourrait se faire que lentement, à la mesure de l’amélioration des parents, surtout, et de l’école et des médias, enfin. Et je crois beaucoup que l’apport des immigrants francophones pourra nous aider à long terme, encore par le mimétisme. Le joual disparaîtra peu à peu, surtout j’espère le machouillage de mots et les hypercontractions, en espérant quand même que son côté créatif et imagé restera. Ça reste une belle contribution à la francophonie.

Si le sujet vous intéresse plus amplement, Bibco et Le professeur masqué en ont aussi parlés dans leurs blogues respectifs.

La paresse de Justin Trudeau

Justin Trudeau devrait tourner sa langue sept fois minimum avant de traiter les unilingues de paresseux. Surtout, il devrait apprendre à penser deuxième, troisième degré, ce que tout bon politicien devrait être capable de faire, en pratique (peut-être pas certains mariodumontistes, il faut l’admettre…), puisque la politique et la stratégie sont indissociables. Et quand un bon ou un mauvais politicien n’est pas capable de le faire, il se réfugie du côté de la langue de bois (bon, c’est vrai que la langue de bois est stratégique, mais seulement quand elle est utilisée avec parcimonie, ce qui est plutôt rare; c’est comme un truc qui, quand il marche, devient une seconde nature…).

Or donc, Justin Trudeau devrait viser alors le trilinguisme en ajoutant celle-là, la boisée. Mais bon, il est tellement un merveilleux épouvantail pour éloigner le tranquille statu quo linguistique que je peux bien lui donner au moins ça comme point positif.

Par contre, j’aimerais le traiter de paresseux à mon tour, puisqu’on sait très bien que l’apprentissage d’une langue en bas âge est ce qu’il y a de plus facile. Et ça tombe que sa mère est anglophone et, à ce que je sache, cet homme n’a pas appris une autre langue que celles officielles dans son beau et grand pays. À ce compte, je suis beaucoup plus travaillant (si travaillant est le contraire de paresseux) que lui. J’étais complètement nul dans mes cours d’anglais à l’école et j’ai repris le temps perdu à temps perdu depuis quelques années. Est-ce que Justin a appris une langue depuis quelques années? Je ne crois pas. Celui qui le dit, celui qui l’est…

En parlant de bilinguisme, objectivement, combien de citoyens québécois ont réellement besoin d’être bilingues? À part pour les gens qui travaillent au service à la clientèle (même là un anglais assez basique permet de bien se débrouiller, tout dépendant des domaines), les P.D.G., et les autres qui ont à faire avec l’étranger, nommez-les, l’anglais peut encore être considéré comme un passe-temps, un apprentissage très agréable, et surtout à la discrétion de chacun.

Si la langue du travail au Québec est réellement le français, pourquoi le bilinguisme serait-il synonyme de succès, surtout si une personne ne pense pas aller travailler à l’étranger? Et on est en droit de se demander, qu’est-ce que le succès? Faire des masses d’argent? Ma définition du succès est plus large que ça et elle n’est pas incompatible avec quelque quidam que ce soit, unilingue francophone se débrouillant ou non en anglais.

Apprends l’anglais, tout va bien aller : c’est encore un autre foutu message répétitif qui n’est pas hasardeux. Ça fait un petit bout de temps qu’il y en a plein des comme celui-là…

Dans le fond, la paresse et la promesse de succès n’est que l’argument des lâches fédéralistes qui essayent de faire rentrer tout le monde dans leurs convictions, dans leurs rêves éveillés. Il faudra bien un jour les réveiller, et pour de bon, foi de Renart L’éveillé!

Et je vous laisse sur cette citation creuse du joufflu et rougeoyant Philippe Couillard (rougeoyant pour la couleur du drapeau bien sûr…), aperçue sur l’excellent blogue de Michel Hébert (et vous comprendrez que c’est celle-ci qui m’a influencé pour la deuxième moitié de ce texte) :

Le bilinguisme ne mène pas à l’assimilation, mais au succès

(Photo : ycanada news)

Vive l’arrogance!

Dans tout le débat linguistique, il y a une constante qui concerne l’attitude des francophones, que l’on pourrait qualifier d’aliénés, pour les besoins de la cause — même si ça semble un tantinet exagéré —, et l’attitude des anglophones, fiers, et qui ne se gênent pas, entre autres, pour exiger des services dans leur langue et pour parler fort en public, comme vous l’avez sûrement parfois remarqué. Moi, en tout cas, je l’ai remarqué et, au-delà du fait que ça m’excède au plus haut point, j’ai parfois le goût de faire exprès pour les imiter, juste pour entendre cette langue que j’aime résonner à son tour sur les murs, faire vibrer l’air de sa musique. Juste pour jouer à l’arrogant. Mais je ne le fais pas. Est-ce que c’est seulement parce que je veux respecter la quiétude des autres que je m’en empêche?

Alors oui, en plus, le francophone se sent mal de parler parce qu’il a mal appris à le faire, la glorification du joual a été avalée, digérée et évacuée depuis belle lurette, et il se sent aussi mal de ne pas parler assez bien l’anglais, parce que c’est synonyme d’ouverture sur le monde, parce que l’économie mondialisante fait en sorte que la majorité des francophones vont devoir personnellement marchander avec le monde entier… oui, oui! Non mais, quand même, que de pression! Encore, le francophone se sent mal parce qu’il se sent seul dans ce monde, sa langue maternelle n’est qu’une barrière linguistique, un caprice presque archaïque, même s’il sait qu’il y en a des millions comme lui tout près, et il a parfois le goût de baisser les bras pour toutes les raisons évoquées plus haut. Honte à ceux qui dérogent des standards! Et si les standards viennent des cerveaux des plus grandes poches, ils doivent bien avoir raison…

Pourtant, comme mon arrogant collègue blogueur Martin Beaudin-Lecours, j’en ai plein le bas du dos du bilinguisme qu’on nous étale à grande pelletée :

Ce qui m’agace particulièrement, c’est cette supériorité morale qu’affichent et s’octroient ceux qui parlent plus d’une langue. Comme l’aurait fait Parizeau avec sa déclaration sur les “imbéciles qui ne parlent pas anglais”. Facile à dire quand on a fait un doctorat en économie à Londres! […] Hormis les immigrants qui par définition doivent apprendre la langue de leur pays d’accueil, qui peut pratiquer plusieurs langues sinon les migrants en général, ceux qui voyagent et ont les moyens de le faire? Quel est le pourcentage de gens sur la planète qui voyagent ainsi? Peut-être ne faut-il pas voyager pour pratiquer, qu’il suffit de lire, prendre des cours de langue et suivre des ateliers de conversation? Mais encore là, qui a ce loisir? En résumé, l’affirmation selon laquelle quelqu’un qui ne parle qu’une langue est nécessairement fermé d’esprit m’apparaît d’un snobisme incroyable et vient le plus souvent de gens qui oublient qu’ils sont privilégiés.

Moi ce que je pense, c’est chacun ses forces, chacun ses faiblesses! Est-ce que quelqu’un qui n’a pas la bosse des langues devrait être considéré plus faible qu’un autre en général, surtout dans un cadre où sa langue est objectivement celle de la majorité, et surtout, qu’elle est légalement la langue du travail? Est-ce que je passe mon temps à faire suer la majorité des gens bilingues de ma supposée supériorité en français, puisque objectivement le temps qu’ils ont mis à étudier l’anglais, je l’ai mis à étudier le français et à apprécier des oeuvres dans cette langue? Non. Ç’a l’air que même ce respect mutuel serait trop peu, enfin pour nous, puisque la compétition est partout.

Alors, au moins, bilingues, pas bilingues, ayons le courage d’être fiers de notre différence, de notre singularité dans cette Amérique anglo-hispanique. Soyons même arrogants s’il le faut! Avec l’arrogance comme amplification de notre commun dénominateur, que certains pourraient appeler notre culture, même si ça semble trop réducteur pour certains. L’arrogance comme récapitulatif de notre survivance, comme preuve de notre succès pérenne. Aussi, une arrogance qui nous fera nous sentir forts quand nous nous sentirons minoritaires, et insistants quand nous nous sentirons majoritaires. Donc, une juste arrogance qui affirmerait la fin de la modestie et qui inspirerait le respect. Car le respect se cultive.

Et en plus, il faudra un jour se rendre compte collectivement que, contrairement à l’anglais, le français est une question essentiellement québécoise en Amérique, comme le dit bien l’arrogant Claude Jasmin :

Rentrons nous cela dans le crâne : le français est la langue des Québécois et les Canadians -demi-amerloques, faux-américains- qui habitent les neuf autres provinces de cette pseudo-fédéréation n’ont nul besoin du français. Un fait têtu. Notre langue est inutile dans toutes ces autres régions. Ça grogne avec raison chez les voisins : « cette langue française nous servira à quoi? À aller jaser au Carnaval de Québec, une fois l’an ? C’est regrettable pour nos minorités francos hors-Québec ? Ils sont devenus des exilés malgré eux ! Rien à faire. Aux USA il n’en va autrement n’est-ce pas ? Pas un mot en français, ni à New York ni à Los Angeles, nulle part. On dit rien, évidemment. Pareil pour ce Canada désormais !

Est-ce qu’on va alors encore atteindre l’assentiment des autres pour nous projeter?

(Photo : R.e.a.s.o.n.)

Des montées de lait en poudre aux yeux

J’aimerais revenir sur le débat entre Allen Nutik, le supermâle des anglos, chef du jeune parti Affiliation Québec, et Gilles Proulx, le contradictoire défenseur du fait français, qui se tenait aux Francs-Tireurs hier. Premièrement, s’il y a une manière de nous faire avoir l’air fou, il faut Gilles Proulx dans l’kodak, comme dirait Patrick Lagacé (l’expression « dans l’kodak », on s’entend), le modérateur de ces deux bêtes assoiffées de sang… (Question saignement, j’ai été un peu déçu, hé hé!)

Au départ, on y parlait du fait de se mettre à genoux et de parler anglais lorsqu’on se retrouve devant un anglophone ou un allophone qui parle français avec un accent et Gilles Proulx nous en fait la démonstration tout au long du débat en parlant anglais à qui mieux mieux, alors qu’il sait très bien que l’émission passe à Télé-Québec, poste francophone. Même Allen Nutik lui a fait valoir qu’il comprenait très bien le français, et rien n’y a fait, le grisonnant personnage se la jouait anglo de manière intermittente pour on ne sait qu’elle raison… L’âge équivaudrait automatiquement à la sagesse? On repassera!

Et oui, du côté d’Allen Nuttik, le fait que l’homme parle très bien français lui donne beaucoup de points à mes yeux. Il l’écrit assez bien aussi (sauf sur son site…), et je le sais, pour avoir reçu un commentaire de sa part ici. Par contre, c’est quand il parle de nettoyage ethnique qu’il perd tous ses points. Y’a vraiment des anglophones pour prendre cet argumentaire au sérieux? Come on!

On parle de se rallier autour d’une langue commune dans le territoire québécois qui se base sur la majorité linguistique de ce territoire, pas d’exaction envers les droits des minorités. Est-ce que j’ai besoin de rajouter, comme Proulx, que du nettoyage ethnique ne pourrait s’accompagner d’un réseau scolaire, d’universités, d’hôpitaux? Détourner le sens d’une expression chargée comme celle-là, ça s’appelle faire de la dramatisation, de l’hypertrophie, de la manipulation, donc, de la grosse démagogie à cinq cents. Ça part mal pour un chef de parti… Allen, Mario Dumont n’est pas une bonne influence.

Et pour revenir à Gilles Proulx, je me demande sur quelle planète il vit celui-là! Il a affirmé tout haut que les palmarès de musique francophone n’existaient plus, et que maintenant il n’y en a que pour l’anglais dans la musique chantée. Un minimum d’ouverture sur le monde lui aurait fourni une indication claire qu’il y a encore des palmarès francophones et donc qu’il y a encore de la musique francophone qui se compose, et un regard historique sur ce monde lui aurait fait remarquer que l’omniprésence de l’anglais dans la musique populaire est un phénomène qui dure depuis son apparition, un peu avant qu’Elvis Presley fasse peur aux biens pensants de l’époque. N’importe quoi! On appelle ça se tirer dans le pied.

Pour terminer, via Le Devoir, « Christine St-Pierre, ne voit aucun problème déontologique ou autre à la nomination à titre de membre du Conseil supérieur de la langue française (CSLF) de Sylvia Martin-Laforge, directrice générale et membre du conseil d’administration d’un groupe de pression de la communauté anglophone, le Quebec Community Group Network (QCGN). »

Mais qu’est-ce que c’est que ça?

(Je réprime un sacre moi là…)

Citations du jour

« Pour qu’une langue reste vivante, il faut que le cerveau qui l’anime le soit aussi. »

« Les politiciens qui pratiquent la langue de bois vivent des moments difficiles lorsque leur discours s’enflamme. »

André Bérard

Ajout :

Et une autre qu’il vient de m’envoyer :

« Vous ne pouvez plus digérer les conneries? Cessez simplement d’en avaler! »

Lettre à Allen Nutik

Monsieur Nutik (à l’attention de mon lectorat : je viens de recevoir une demande d’aide au français de la part du chef du nouveau parti Affiliation Québec, Allen Nutik, pour la version française de leur site web, à la suite de mon billet sur leur acceptation par le DGE),

désolé de vous décevoir, mais, comme vous le savez sûrement, aujourd’hui la crise linguistique prend du poil de la bête avec les cachotteries du parti Libéral au sujet de la situation difficile du français à Montréal, et même à la grandeur du Québec, qui s’ajoute au constat récent du JdeM, alors je vais diriger mes énergies et mon temps disponible de ce côté-là. En espérant que votre déception sera contrebalancée par la visible et audible vigueur de votre communauté linguistique.

En espérant que vous vous trouverez un francophone assez gentil pour vous aider, ce qui ne devrait pas être très difficile à trouver, vu la situation, ils sont majoritairement très accommodants…

Pour ce qui est de la crise, si vous n’êtes pas encore convaincu, je peux vous aider à jubiler (happy happy joy joy!) en vous laissant quelques hyperliens utiles :

Les allophones choisissent l’anglais au collégial

Français : Québec dissimule des statistiques

Québec tait des données alarmantes

Cacher le dégât

De la bombe

Bonne lecture!

EN GROSSES LETTRES

Le texte du jour de Stéphane Laporte m’a fait un peu rager. Il dépeint EN GROSSES LETTRES une fiction où deux clientes se trouvent aux prises avec l’unilinguisme anglophone. Et la morale de cette histoire c’est que nous utilisons tellement d’anglicismes que les unilingues peuvent bien ne pas avoir besoin d’apprendre le français.

Je ne lui donne pas tout à fait tort, nous utilisons beaucoup de mots anglais et d’anglicismes, mais qui dit « phone », « understande », « tonight », « émotionne », « submarine » et « chicken wings » parmi vous? Pas moi en tout cas. Pousse, mais pousse égal mon Stéphane!

On a le dos large quand même! On se fait assaillir de toute part par une Amérique anglocentriste, qui a bien sûr influencé notre parlure, et on se fait taper sur les doigts parce qu’on s’en rend compte et qu’on se braque un peu… Il reste que pour le français parlé ici le mal est fait et un retour en arrière ne se fera pas en criant ciseau! Tandis que d’agir tout de suite au niveau légal semble être un crime. La nouvelle devise du Québec devrait être : maintenir le statu quo.

Aussi, il faudra bien qu’on m’explique pourquoi je devrais me sentir mal à l’aise de parler ce français châtié que j’ai appris à parler premièrement par mes parents, avec toute la valeur liée à l’historique qu’il contient, et que j’entretiens par mimétisme dans la vie de tous les jours, tandis que c’est mal vu de pointer du doigt ceux qui ne le parlent pas du tout?

Parlons hypocrisie maintenant!

Je suis rouge comme une tomate, la fumée me sort par les oreilles après ma lecture de l’article du JdeM, « Les 15 employeurs s’expliquent », qui s’ajoute au dossier « I don’t speak french » dont j’ai discuté la teneur ici avec mon texte « Speak Trade! ». Vraiment, s’il y a une manière de prouver que nous ne sommes pas pris au sérieux collectivement, nous, la bande de francophones qui parasitent le bon fonctionnement des affaires en ville, la voilà! Entre les statistiques globales quand même assez positives sur la santé du français au Québec, et même à Montréal, et ce constat ma foi triste à mourir, il y a un pas à franchir qui me semble presque absurde, du moins mystérieux…

Si à la base la politesse n’est pas respectée dans les commerces, comment voulez-vous qu’il y ait espoir de se faire respecter au niveau de la politique?

Justement, en ce moment, le Bloc Québécois fait pression auprès des instances fédérales pour que la loi 101 soit respectée :

Pour reconnaître la nation québécoise, il faut aussi respecter la primauté de la loi 101 au Québec. L’un ne va pas sans l’autre! Le gouvernement conservateur prétend reconnaître la nation québécoise mais s’oppose à ce qu’Ottawa respecte la loi 101. Cela relève de la pure hypocrisie », a déclaré le leader parlementaire et député de Joliette, Pierre Paquette, qui a ainsi fustigé l’attitude du gouvernement conservateur à la suite du report de la décision concernant la constitutionnalité du projet de loi présenté par le Bloc Québécois sur le respect de la loi 101 par Ottawa au Québec.

En novembre dernier, la députée de Drummond, Pauline Picard, a déposé le projet de loi C-482 qui vise à amender la Loi sur les langues officielles. Les amendements proposés par le Bloc Québécois obligeraient le gouvernement fédéral à reconnaître la primauté de la loi 101 au Québec, ainsi que les entreprises privées sous juridiction fédérale à respecter l’usage du français comme langue de travail.

Cela montre bien que tout le monde doit collaborer. Les commerçants, contrairement à ce que Christine St-Pierre – l’insuffisante ministre responsable de la loi 101 – croit, il faudrait aussi leur taper sur les doigts, même si pour l’instant les amendes sont ridicules. Un ami me racontait tantôt comment c’est long avant même qu’une plainte soit menée à terme, simplement par une lettre toute gentille, et comment les grosses compagnies sont mortes de rire et payent finalement les minces amendes comme si c’était un abonnement…

Oui, nous sommes risibles, mais allons-nous un jour arrêter de rire avec eux?

Ajout (14h50) : 

Je vous conseilles fortement la lecture du texte, « Hi! Can I help you? », de Cecile Gladel.

(Image : lino.com)

Speak trade!

Comme toujours, le JdeM a le tour de vendre des copies avec ses enquêtes à l’emporte-pièce. Il est certain que sa dernière enquête au sujet du service en français à Montréal va marcher fort, c’est un sujet chaud, comme en fait foi ma consoeur blogueuse Emma.

Mais, au-delà du côté populiste de la chose, je me demande si on peut considérer cette enquête comme étant du côté objectif. Si j’ajoute ma subjectivité, je donne raison à la journaliste Noée Murchison, du JdeM, puisqu’à mon souvenir, la majorité des moments où j’ai eu des problèmes à me faire servir en français a été lorsque je me suis trouvé dans des commerces du centre-ville de Montréal. Il faut que j’ajoute que pour moi il est important que ma vie en public se passe en français, ce qui n’est pas le cas de tout le monde.

Je pense à mon prof de conduite automobile qui parlait en anglais avec son petit garçon, d’environ huit ans, avec un accent gros comme ça. Je pense à Éric Grenier, né au Québec, élevé en anglais en Ontario par ses parents francophones et qui, après s’être rendu compte que sa culture et ses valeurs étaient québécoises, est revenu s’installer au Québec, apprends le français et s’est donné le mandat d’expliquer la souveraineté du Québec aux anglophones, puisqu’il est devenu souverainiste.

Et je pense à certains qui sont bilingues et qui s’en foutent – que la nouvelle de la disparition du fait français demain matin au Québec ne leur ferait même pas un peu de peine –, et certains autres qui sont trilingues et qui mettent le français sur un piédestal, puisqu’ils croient à l’importance de notre histoire, de notre culture, qui s’appuie fortement sur la langue. Je pense surtout au fait de ne rien dire, pour ne pas avoir l’air chialeux. Le pire, c’est que j’en suis, et j’essaye de me forcer pour faire valoir ma langue. C’est difficile, surtout quand tu as vécu ton enfance et ta jeunesse dans la chicane et que tu aimerais bien vivre dans un monde un peu plus harmonieux…

Alors viens le dilemme entre un Québec qui se dote de lois qui font en sorte que la vie en société (en public et au travail) se passe en français parce que c’est important pour la majorité (mais vous me direz : de quelle majorité s’agit-il?), et un Québec qui laisse aller la situation en imaginant que chacun va prendre au sérieux ses responsabilités (envers ses désirs, bien sûr s’il y en a…) et mettre de la pression sur les commerces, et les unilingues anglais, et les allophones ne parlant pas français, pour que ce laisser-aller se résorbe par la nécessité.

Désolé, mais j’ai bien peur que la majorité va rejeter de plus en plus la mise en place de lois protégeant le français et que même individuellement les francophones vont plier, et rompre.

Défaitisme quand tu nous tiens…

Ajout (mardi 14h) :

Pour la suite, c’est ici.

(Photo : ikes)

Avoir du sang colonisé, ça se peut!

« Qui sont les Québécois pour être reconnus comme une nation ? »

Voilà des belles paroles du rejeton à l’âme empruntée qu’est Justin Trudeau. Mais ce que je peux lui donner, c’est qu’il pousse cette âme à un niveau jamais égalé de la part d’un “French Canadian living in La Belle Province of Quebec”… (Merci à Davidg pour cette dénomination hautement véridique!)

Déjà que je trouvais que ce cadeau de Harper était si peu, ce charmant jeune homme (qui devrait par ailleurs se lancer dans une carrière de mannequin, on ne l’entendrait plus songer tout haut…) décide que ce maigre symbolisme est trop gros pour notre ego québécois.

Dans le fond je suis bien content, car de voir un ennemi se tirer dans le pied intentionnellement est un plaisir présent qui semble déjà avoir des répercussions sur le futur.

Chicanez-vous fédérâleux pendant qu’on se prépare à lever la voile!

(Merci à V de m’avoir aiguillonné là-dessus!)

Ajout (23h45) :

Je vous conseille fortement la lecture du texte de Claude Jasmin, encore bien sûr sur la question de Just-Inn St-Clair-Trudeau (dixit l’auteur)… (« sûr sur », acidulé comme je disais plus bas…)

Un vaccin contre la Ladygripette?

Vous avez sûrement, comme beaucoup de gens, entendu parler de Ladygripette, la dame qui expose sa nullité vocale, ainsi que celle de sa famille, sur You Tube. Le pire, c’est que je ne l’ai même pas écouté une seule fois… (J’ai seulement écouté son fils jouer au lutteur-(ou-boxeur)-qui-annonce-qu’il-va-y-avoir-du-sang!)

Et vous me direz que je parle « à travers mon chapeau », mais non, justement, si c’est si populaire, c’est qu’elle ne doit pas être très bonne! Et je suis un popomane trop sensible pour me faire écorcher les oreilles! Je laisse ça à d’autres

Je me demande bien pourquoi le monde s’intéresse à ça. Pour se remonter le moral? Parce qu’il n’y a pas assez d’humoristes au Québec? Parce qu’ils ne sont pas assez drôles? Parce qu’elle habite dans la même ville que Mario Dumont? Parce que la politique, c’est plate?

Je vais m’acheter une caméra prochainement et, après avoir fait un examen de conscience pour trouver la chose avec laquelle j’ai moins de facilité dans la vie, je vais me filmer en train de pocher dans ce domaine et inonder ensuite You Tube du résultat! Peut-être, et je dis peut-être, qu’il y aura une infime minorité qui s’intéressera alors à ce que je crois être capable de faire assez bien…

Alors que j’ai trouvé la photo de la « Chanteuse Country-Retro » (tel que vu sur son profil You Tube), et qui orne ce billet hautement intellectuel, hé hé!, j’ai regardé rapidement les nombreux commentaires laissés là-bas et il est clair, avec la qualité du français qu’on y retrouve, qu’il s’agit de « drop out » (une expression anglaise c’est toujours « winner » pour se faire comprendre!) du système d’éducation québécois (enfin, j’espère…).

Je m’apprête à appuyer sur « publier » et je tremble, mais pourquoi donc?

Hé hé!

Péter la baloune…

Je n’ai pas le choix de me rétracter; on vient de péter la bulle de l’éducation-du-français-qui-serait-en-danger-parce-que-nos-jeunes-ont-de-mauvais-résultats. C’est que dans mon texte « Trop de raccourcis », je me sers de cette problématique comme exemple pour illustrer mon propos, mais il semble que ce soit encore une enflure médiatique.

Premièrement, un texte de Jean-Benoît Nadeau et Julie Barlow, les auteurs de « La Grande aventure de la langue française (Québec Amérique) », paru sur cyberpresse hier remet les pendules à l’heure.

Et je les cite :

Par exemple, après avoir déterré des archives un examen de français donné à 3000 élèves d’un beau quartier parisien en 1850, des linguistes français l’ont fait passer 150 ans plus tard dans le même quartier à 3000 élèves appartenant au même groupe socio-économique. Surprise: ils ont constaté très peu d’écart dans la maîtrise générale de l’écrit entre maintenant et «le bon vieux temps». Les linguistes québécois qui ont étudié de près cette question en se fondant sur des documents plutôt que leurs souvenirs arrivent habituellement aux mêmes conclusions.

Deuxièmement, j’ai lu, sur le blogue « Geek curious » un billet très intéressant sur cette question. Ce paragraphe est éloquent :

C’est très drôle ces histoires sur la mauvaise orthographe de nos élèves, car elles reviennent en moyenne à chaque 10 ans dans les journaux francophones. Ça fait 200 ans qu’on reproche aux jeunes générations que leur français est bâclé. En effet, si on fouille dans les archives de journaux, on voit la même « crise » se répéter à chaque dizaine d’années environs, et à chaque fois on dit que c’est pire que précédemment.

Comme quoi il est de plus en plus clair pour moi que la blogosphère est très très utile!

Ajout (14h50) :

Justement, je viens de lire un très bon texte de ND sur cette question, c’est ici.

Trop de raccourcis

En réfléchissant à l’actualité québécoise récente, j’en viens à un constat : notre société est sclérosée parce que notre manque de temps, ou plutôt l’obligation de performance, la pression incessante que nous impose cette ère de productivité, de supposée lucidité à saveur écono-mondialiste, nous oblige à prendre bien des raccourcis. Ça vient de me frapper en lisant l’excellente chronique de Kristian Bolduc « Un bon garçon? », parue sur Cent Papiers, au sujet de l’histoire de la mort de Bianca Bolduc et de ces jeunes hommes qui ont appris le sens du terme « responsabilité » de la manière la plus triste…

Lorsque l’auteur parle de la responsabilité parentale, il faut avouer que le temps alloué aux enfants dans une famille est de plus en plus court. Et loin de moi l’idée d’accuser le nouveau modèle où les deux parents travaillent, dans le sens où l’arrivée des femmes dans le monde du travail est une mauvaise chose. Non, bien sûr. Mais la grande question : ne sommes-nous pas en train de nous adapter aux exigences de la société de consommation alors que logiquement ça devrait être le contraire? Il me vient encore l’image du serpent qui se mord la queue…

Je ne veux pas faire un plaidoyer pour un retour aux sources, mais j’aimerais simplement faire remarquer que le temps normalement alloué aux enfants était assuré par la mère au foyer, alors que maintenant il est majoritairement tronqué parce qu’il semble impossible de survivre dans ce monde avec une maison, une piscine et des enfants sans que les deux parents travaillent — pour les Montréalais, changer la piscine pour un grand condo… Il me semble que si notre société était bien construite, à tous les niveaux, les deux parents devraient pouvoir travailler seulement à temps partiel et ainsi pouvoir s’occuper aussi du noyau familial, non? Nous ne sommes pas dans ce monde et c’est pourquoi l’éducation des enfants est menée par la nécessité des raccourcis.

Cela m’amène donc à la question de l’apprentissage du français, eh! oui! Même si ce sujet en est un que je pourrais qualifier de politiquement partisan dans l’actualité du moment, parce qu’il a été amené pour contrer la tentative de prise du leadership en ce qui a trait à l’identité québécoise par le PQ, il est quand même symptomatique du raccourci que provoque cette course folle à l’efficacité, comme l’écrit très bien le blogueur de Regard Urbain : « Je pense que le problème de la piètre qualité de langue repose d’abord et avant tout sur une culture de l’instantanéité, de la réflexion rapide, de l’oralité. En France et aux USA, on se plaint des mêmes problèmes avec l’orthographe des jeunes. »

Force est d’admettre que nous ne sommes pas dans la bonne voie. Pourtant, l’efficacité des nouveaux outils technologiques, des avancées de la science, devrait pouvoir nous aider à évoluer dans le bon sens, mais non, c’est le raccourci vers l’idéal écono-centriste qui devient le moteur des cellules familiales, car le discours vide de la politique mécaniste continue de décolorer les valeurs humaines.

Et sans les valeurs humaines, nous devenons malheureusement de plus en plus robotique, des humanoïdes utilitaires.

(Photographie via Flickr.)

Québécois, au petit coin!

J’étais de bonne humeur en me levant, mais là je le suis un peu moins… Steve Proulx a commis ce matin un texte pénible — le propos, pas sa plume —, où justement il utilise les résultats scolaires désastreux en français pour encore nous rendre coupables de désirer une plus grande francisation des immigrants (et, pour ce faire, il dénigre bien sûr le projet de loi de Pauline Marois…). J’en ai parlé voilà quelque temps déjà dans mon texte « Notre langue molle », mais voici quand même mon commentaire :

Je suis aussi amoureux du français, mais je ne fais pas cet amalgame douteux entre le désir que les immigrants puissent au moins converser avec nous dans cette langue et notre défaillance au niveau du français écrit.

Ce sont deux points qui n’ont aucun lien : attendrons-nous d’être collectivement des champions de l’orthographe, de la syntaxe, de la grammaire avant de pouvoir oser demander aux nouveaux arrivants d’opter pour la langue française au lieu de la langue anglaise, qui est plus facilement assimilable? Non, car ce sont deux problématiques parallèles.

Je comprends bien le but de faire sentir la population coupable de son mauvais français, et c’est louable, enfin presque, mais ça ne fait que détourner le regard, tandis qu’il faudrait globaliser un peu plus.

Voilà comment je vois ce raisonnement exécrable et paternaliste : quand les Québécois seront bons en français, on pourra leur faire le cadeau de les laisser influencer l’immigration à parler leur langue, sinon, ils sont en punition!

(L’image vient d’ici.)

Mes plogues du jour


Guill, qui a la question de la loi 195 très à coeur, dresse le portrait d’un Allemand Autrichien très connu, Arnold : le parallèle est saisissant!

Eric Bondo écrapoutit un peu l’ex-P.D.G. d’Hydro Québec, André Caillé.

Très bon texte de Rantes : Difficile à avaler la pilule 195.

Si ça vous intéresse, vous pouvez joindre ici la cause de l’indépendance du Québec sur Facebook (compte Facebook requis…).

Et finalement, un superbe pétage de coche de l’amie La Plume.

Moi et l’ADISQ

Ce soir, moi et Douce regardions le dernier film de Roberto Benigni, Le Tigre et la neige, et le DVD s’est avéré défectueux, nous empêchant de terminer notre visionnement. Presque par dépit, nous avons dû nous rabattre sur le gala de l’ADISQ.

J’avoue que ça fait quand même drôle qu’un gars qui vit de la musique comme moi, depuis environ 18 ans, par son travail de dj, et qui chante et en fait sporadiquement aussi, depuis autant de temps, utilise le terme « dépit » pour décrire l’opportunité d’assister à la grand-messe de la musique pop québécoise…

À la base, de par mes goûts musicaux, l’ADISQ n’est pas très excitant pour moi en général. Et encore plus pour ce qui est de mon travail, même si je bosse dans un bar où je joue de la musique de danse, dans ce qu’il y a de plus populaire : un mélange de « classics » et de nouveautés. Et en plus, c’est un bar dans un quartier de Montréal très francophone. Pourtant, la plupart du temps, je passe rarement des chansons québécoises, encore moins des chansons québécoises et francophones. Et non pas parce que je ne peux pas…

Le problème c’est que sur papier, les artistes québécois ont une aura de succès, mais dans les faits, là où les gens vont sortir et s’amuser, il n’y a pas beaucoup de demande pour leurs chansons. Et même quand j’essaye d’en mettre, ça ne marche pas très bien (quoique du côté de la musique québécoise d’expression anglaise un peu plus). Il y a peu de rythme dansant dans le corpus radiophonique francophone québécois, et c’est dommage, puisque oui, il ne faut pas s’en cacher, la radio commerciale contribue beaucoup aux rayonnements des chansons. Et même quand ça arrive qu’une chanson québécoise un peu dansante pogne à la radio, ça ne semble pas aider tellement dans les bars.

Par exemple, je me souviens dans la période où Pierre Lapointe venait de sortir, et très fort, je passais « Deux par deux rassemblés », qui groove très bien à mon avis sur une piste de danse, mais ça faisait majoritairement un flop. Je ne comprenais pas et je ne comprends toujours pas plus aujourd’hui. Pour vous dire, à la base, pour être le plus simple possible, il n’y a eu pratiquement que Jean Leloup (pas Jean Leclerc) pour bien faire groover une piste de danse. Bon, je sais, il ne faut pas que j’oublie quelques chansons de Stephie Shock, Muzion, Loco Locass, L’Assemblée, dernièrement Numéro#, Omnikrom, et quelques autres, mais c’est une denrée rare.

Donc, si vous me comprenez bien, la frilosité du milieu québécois de la musique populaire, représenté par l’ADISQ, me déçoit énormément. Ça pourra paraître gratuit, mais je crois que le milieu pousse dans un sens, peut-être parce qu’il est mué par la peur économique, mais ce sens et son sens sont foutrement mal aiguisés. Les gagnants de la chanson de l’année, Mes Aïeux, avec « Dégénération », composée en 2003, enregistrée en 2004, et ayant été refusée pendant toutes ces années à la radio, jusqu’à la fin de 2006, en est un foutu bon exemple, puisque cette chanson sort de l’ordinaire radiophonique; Pierre Lapointe en était un très bon aussi, quand il a fait sa sortie voilà deux ans contre l’étroitesse d’esprit des radios commerciales. Mis à part de s’ouvrir encore plus à la nouveauté, je n’ai pas d’autres idées…

Mais le pire, c’est que d’un autre côté par exemple Isabelle Boulay marche à fond, alors, il est clair que de gager sur un produit de la sorte est un bon investissement pour un producteur. Et quand je dis « produit », ce n’est pas une figure de style, c’est la vérité. Je me suis fait dire voilà pas si longtemps par une connaissance (je ne me souviens plus qui, alors, prenez ça pour ce que c’est) qu’Isabelle Boulay s’est pratiquement fait imposer par sa gérance un album country, parce que c’était supposément une bonne idée marketing, que ça allait pogner… En connaissance de cause, il semble que toute l’histoire autour de ses racines country serait peut-être un peu trafiquée, ou du moins exagérée. Conséquemment, quand je l’ai vu chanter sa toune avec Michel Rivard, ça ne m’a pas trop transporté. Admettons.

J’ai même trouvé Louis-José Houde très professionnel de ne pas s’être endormi à l’écoute de cette performance… hé hé!

Ça l’air que c’est là qu’on est rendu!

Ajout (2h10) :

Mon ami Cinoche78 a pondu une analyse à (saveur politique) de la chanson « Dégénération » de Mes Aïeux. En tout cas, ça porte à réfléchir…

Heil Marois!

Il y a quelque chose qui me fait bien rire avec toute l’histoire du projet de loi de Pauline Marois, c’est la prétention au racisme des adversaires alors que, de prime abord, cela concerne seulement des formalités et un but à atteindre : une plus grande francisation au Québec. J’ai écrit tantôt en commentaire sur Branchez-vous!, dans la section à Steve Proulx, en lien avec le portrait positif que fait La Presse de la francisation au Québec par un jeu de statistiques :

L’article paru dans cyberpresse dénote d’une amélioration, mais est en même temps une distorsion de la réalité. Les ghettos allophones et anglophones sont bien constitués, il faudrait un taux de francisation quasi total pour contrebalancer. Donc, l’amélioration ne veut surtout pas dire que le but est atteint. C’est facile d’aligner des chiffres, surtout pour l’organe officiel des fédéralistes…

Aussi, sachant que je ne suis moi-même pas raciste, et que j’appuie en partie cette idée, il y a un récent sondage qui donne l’indication que la population serait assez divisée là-dessus :

Appuyez-vous le projet de citoyenneté québécoise de la cheffe du Parti québécois Pauline Marois?

Ensemble de la population
Oui 44%
Non 46%
Indécis 10%

Francophones
Oui 52%
Non 38%

Êtes-vous en faveur du délai de 3 ans qui serait imposé aux nouveaux arrivants pour apprendre le français?
Oui 62%
Non 33%

(Via Le blogue de la république)

Sans rire, qui pourrait dire sérieusement que la moitié de la population est raciste? Ça ne va pas un peu trop loin?

Ajout (15h20) :

Je viens de me rendre compte que Patrick Lagacé, bien que contre le projet de Marois, est d’accord pour dire que ça va trop loin ces accusations de racisme et ces liens avec Hitler. Je viens d’apprendre aussi qu’il a ajouté Un homme en colère à sa blogoliste, et je l’en remercie! C’est un choix qui semble un peu politique mais c’est quand même tout à son honneur, étant donné que Louis l’a écorché un peu dernièrement…

Pauline, un Allemand et une toile

Comme La plume souverainiste, je suis assez ambivalent sur la teneur du projet de Pauline Marois de constituer une citoyenneté québécoise qui peut sembler coercitive pour plusieurs… Je trouve aussi l’initiative bonne puisqu’il est clair que rien n’est ni noir ni blanc. Les uns trouveront que ça dérape, les autres le prendront pour ce que c’est à la base : la protection du fait français au Québec.

Justement, hier j’étais dans un resto en attendant des frites pour emporter, et je lisais le JdeM. D’un côté, un vox pop donnait une majorité de gens d’accord avec cette idée et de l’autre, un article d’un juriste expliquait le danger au niveau international.

Et aujourd’hui, la lecture d’une lettre ouverte d’un allemand, Christophe Hinz, parue dans Le Devoir est venue faire pencher la balance du côté de Pauline…

Mais je ne peux pas omettre d’ajouter un lien vers une autre lettre qui elle appuie son propos sur la toile qui affuble mon billet.

Sans vouloir nier l’histoire, je suis plus un amant du contextuel

Ajout (14h20) :

La balance penche de plus en plus du côté de Marois… Ce texte de Jean-François Lisée discute des citoyennetés internes dans le monde, et même… au Canada!

Sur la question linguistique : pour un nationalisme pratique

Bien qu’il ait été analysé de toutes les manières, je crois que le problème linguistique du Québec repose essentiellement sur l’aspect social puisqu’il transcende toutes les questions culturelles et religieuses qu’apporte le présent débat sur les accommodements; justement, le fait que cette commission se déroule en français est déjà une bonne piste de réflexion. Et ce problème serait même au-delà de l’éthique, de la morale, car il s’appuie sur un acquis de taille : la majorité des citoyens du territoire du Québec utilisent le français, dans sa version américaine, afin d’interagir.

Et c’est bien là son utilité : se comprendre entre nous dans un territoire donné. Alors, à mon avis, le « nous », ne tient qu’à cela. Exit la couleur de la peau, exit la religion, exit même la culture : la langue française est le contenant tout en étant le véhicule, émouvant et mouvant, émouvant dans sa mouvance. Ainsi, la passion, pour l’antagoniser avec le sens pratique, en devient le résultat et non le moteur. La différence est ténue, mais compte pour beaucoup dans le calcul. Il n’y a qu’un pas de la passion jusqu’à la guerre…

C’est pour cela que je prône ici un nationalisme pratique, extérieur à la passion, pour qu’elle en fleurisse plus aisément, en fin de compte, au travers du tissu serré de nos nouvelles interactions interculturelles et interraciales. Parce qu’on le voit bien, la passion qui s’appuie sur la tradition, a priori, est la plupart du temps réactionnaire, destructive, négative. Un nationalisme qui ne s’appuierait que sur le consensus linguistique serait comme une remise à zéro, un moment charnière, d’où pourrait ressortir quelque chose d’important, de concluant.

Puisqu’en fait rien ne justifie la poursuite du rêve francophone en Amérique sinon sa seule existence, son usage; nous devons par conséquent gager sur son côté utilitaire pour assurer sa pérennité. En somme, il faut que le français soit utilisé par le plus grand nombre possible et qu’il soit à la base de tous nos rapports sociaux, parce qu’il est fonctionnel, inclusif, et non pas parce qu’il serait un boulet issu de l’histoire, un résultat fortuit, interchangeable. Il est vivant parce qu’aujourd’hui on en use. Quelle meilleure preuve et quel meilleur argument pouvons-nous avoir?

Qui sera alors contre le fait de vouloir réunir la totalité de la population autour d’un code commun qui s’actualiserait par le français? Alors, qui pourrait être d’accord avec ce projet et refuser en même temps toute idée de réglementation dans ce sens, comme entre autres, celui que le Parti Québécois propose?

Au-delà de la politicaillerie et des grands discours, il va bien falloir un jour trancher dans le compromis canadien, le multiculturalisme, le bilinguisme officiel insidieux, asymétrique, parasite maladroit du bilinguisme volontaire, utilitaire, qui lui s’appuie avec raison sur le statut mondialisant de la langue anglaise. Il faudra faire le tri.

J’ose croire que sans le couperet référendaire, la population va enfin accepter de se mouiller afin d’établir un plan linguistique logique, qui clarifiera sa position au-delà de la mondialisation anglicisante, justement. Sinon, aussi bien passer à un autre niveau et accélérer l’assimilation en intégrant la totalité des nouveaux immigrants par l’anglais et en offrant des cours d’anglais gratuits pour la population francophone.

L’entre-deux-chaises devient franchement imbuvable… et surtout, improductif.

(La photographie provient d’ici)


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