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La Bourse ou la vie

La crise financière mondiale actuelle qui se dessine est une belle allégorie de la répartition des pouvoirs dans notre société. J’admets que l’utilisation du terme « allégorie » est un choix plus esthétique que pragmatique, puisqu’il s’agit plus amplement de la réalité… Alors, une question : pour ce qui est du phénomène de panique humaine qui occasionne les soubresauts économiques à court terme, qui en détient les leviers? Pas vous ni moi, sauf si vous travaillez dans un domaine qui touche à la spéculation.

Donc, notre seul levier est notre pouvoir d’achat — et minimalement nos votes (quelle bonne blague!) —, et il semble que seule la confiance au système permet de nous rendre, nous les consommateurs, plus chauds ou plus froids à la consommation. Au total, c’est la peur qui guide les gens de la Bourse, c’est la peur qui guide le peuple. Pour faire un constat analytique simple, c’est terrorisant. Le capitalisme, tel qu’il se pratique aujourd’hui, est effroyable.

Mais, il suffit de laver la pollution avec des statistiques de croissance économique bien ficelées pour que cela ne le soit plus… Après le blanchiment d’argent, l’économie est javellisante!

Il reste que le coût de notre confort est plus élevé qu’on le croit : La Presse canadienne fait état d’une étude qui « met en lumière les dommages écologiques que les pays pauvres supportent pour permettre indirectement aux pays prospères de maintenir leur niveau de vie ». Alors, la mondialisation ne serait pas que positive, puisqu’il y a un écart causal évident entre les pays riches et les pays pauvres qui, bien qu’ils « n’aient contribué qu’à raison de 1,3 pour cent aux gaz destructeurs de la couche d’ozone, […] payeront 15 pour cent de la facture en termes d’impact sur la santé. »

En gros, il y a de l’iniquité, de la pollution partout, qui aura assurément des répercussions globales et on devrait se fermer les yeux, laisser la science spéculative faire son travail, et foncer tout droit en scandant la croissance et le progrès à tout prix. Voilà le plan.

Les systèmes boursiers et leurs laquais sont comme un pistolet sur la tempe de l’humanité. Il faudra que le pouvoir d’achat se transforme en pouvoir d’acheter responsable, cette sangsue boursière mourra alors de sa belle mort, laissant la place à un système plus respectueux de la vie.

(Photo : dhammza)

Retour sur le dernier débat gauche-droite

J’attendais avec impatience le débat « La gauche est-elle démodée? » dans le cadre de l’émission « Il va y avoir du sport » à Télé-Québec. Beaucoup d’attente pour un peu de déception, je l’avoue.

Premièrement, Amir Khadir, de Québec Solidaire, même si j’adhère majoritairement à ce qu’il
dit, m’a semblé borné et agressif, presque tout autant que Martin Masse, le directeur de l’organe de diffusion du libertarianisme en ligne « Le Québécois libre ». Pour sa part, Gabriel Sainte-Marie, économiste à la Chaire d’études socio-économiques de l’UQAM, m’a semblé ne pas trop être à sa place, malgré quelques mots lumineux, comme son explication du mythe droitiste qui consiste à croire que la richesse égale au travail et que la paresse égale à la pauvreté. Il n’y a que Michel Kelly-Gagnon, président du Conseil du patronat du Québec, qui m’a impressionné par son discours et son attitude assez modérée. Ce n’est peut-être de sa part qu’un bon sens de la mise en marché de ses idées, mais il a gagné ma sympathie, malgré tout.

Le gros problème, à la base, c’est que le débat aurait dû porter seulement sur les valeurs et les buts à atteindre, et non sur la mainmise de l’État sur nos vies, puisque l’État est un moyen de réguler nos rapports sociétaux, tout comme pourrait le faire une solution plus anarchiste. Le cadre du questionnement était trop ouvert par cette question-titre trop vague. Il est clair que les panélistes n’allaient pas se contenter de parler de l’effet de mode, même si c’est un trait de société intéressant à analyser.

Aussi, pour pointer premièrement la performance de Martin Masse, cette manière de coller ensemble automatiquement la gauche et l’étatisme, comme si l’un était l’enfant de l’autre, prouve à mon sens un manque d’ouverture et d’argumentaire, et donne surtout l’impression qu’il a le « piton collé », tout comme la totalité des libertariens et des autres qui ne jurent que par un anticommunisme obsolète et par une distorsion de la société qui nous fait conceptuellement vivre, en tout cas sous leurs yeux accusateurs, dans une sorte de banditisme collectif institutionnalisé où le vol (par l’impôt entre autres) est la norme.

Il y a manière de pointer du doigt notre État voyou en proposant de le nettoyer au lien de vouloir lui couper les jambes. Je suis d’accord sur l’idée du changement, mais un plan doit se développer sur le long terme et quand quelqu’un clame sans trop d’explication qu’il faudrait tout raser pour recommencer à neuf, je me dis qu’en plus de 2000 ans d’évolution, la civilisation a bien dû trouver quelques solutions au problème de la cohabitation entres humains dissemblables…

D’un autre côté, il a apporté un très bon point en insistant sur la mondialisation qui fait exploser les possibilités, entre autres au niveau de la Santé, où tout un chacun peut (bien sûr surtout ceux qui ont les moyens!) magasiner sur le web ses soins partout dans le monde. Mais c’est un questionnement que je n’élaborerai pas ici, pour l’instant.

Pour ce qui est du président du conseil du patronat, j’ai bien aimé sa manière de faire valoir positivement les solutions que le privé apporte. Par contre, le problème réside justement dans l’amalgame de la prise en charge du public par le privé, et des subventions du public au privé, et en même temps de l’allégement de la fiscalité des entreprises privés. Donc, en laissant une plus grande part du gâteau au privé, il faudrait obligatoirement un plus grand retour financier de leur part à la société, sinon il y a déséquilibre, comme on le voit en ce moment.

Aussi, j’aimerais ici citer mon confrère Lutopium qui a pondu une analyse intéressante, et qui élabore un argument sensé qui n’est pas ressorti de ce débat :


Par exemple, la gauche aurait pu leur rappeler que c’est le privé qui est parfois « interventionniste ». Depuis les années trente, des services publics ont été repris par les gouvernements parce qu’ils étaient presqu’inexistants ou défaillants… Entres autres, maintenant que les services de santé sont universels et gratuits, que les hôpitaux et structures sont bien en place, c’est le privé qui veut s’en accaparer. Les tenants de la gauche ne veulent pas nationaliser tout ce qui est lucratif, c’est plutôt le contraire. C’est ce genre d’argument qui aurait pu être lancé hier soir…

Voilà qui est bien dit. Tout autant que l’opinion de Dan Bigras qui, en bon musicien, a commis un fabuleux crescendo à ce débat. Il a mis fortement le doigt sur l’importance des valeurs, sur l’injustice et surtout, sur les faux boucs émissaires, c’est à dire ceux que l’on surnomme communément les BS. Il a bien su globaliser sans non plus démoniser inutilement la droite. La preuve qu’il y a moyen d’aller de soi aux autres.

Au bout du compte, ce que je retiens de ce débat, c’est qu’il y a encore des ponts à tricoter, et ensuite à durcir pour qu’ils soient praticables, pour que le dialogue entre les différentes idéologies se fasse d’une manière constructive. Mais comme dans toute négociation, il faudra bien que tout le monde y gagne, pas juste les gagnants…

(Pour revoir le débat : lundi le 14 janvier 2008 à 14 h à Télé-Québec.)

Trifouiller dans les archives : mars

Je ne peux pas passer à côté d’une rétrospective de l’année, mais, étant donné que j’ai commencé ce blogue au mois de mars, je commencerai par le début. Mais je vais me contenter de replonger dans mes archives, en espérant faire ressortir, au passage, quelques sujets rares.

Donc, oui, le premier événement politique que j’ai transcrit ici a été le débat des chefs, avant les dernières élections provinciales, providentielles pour les mariodumontistes : les maladroits ambassadeurs de la droite.

Parallèlement, ce mois-là, une statistique concernant le marché de l’emploi a retenu mon attention : « un diplômé universitaire de 25 ans gagne aujourd’hui 1000 $ de moins par mois qu’en 1985 » Aussi, il y a eu le doc Mailloux pour venir intoxiquer l’actualité du moment avec ses coups de gueule et son raisonnement scatologique. Et, pour rester dans le royaume des fèces, j’ai parlé des quelques débordements des racistes qui ont sautés sur le sujet du vote voilé afin d’évacuer leur trop-plein de haine. Donc, un mois de mars sous le signe du brun.

Le libre-marché, ce Saint-Graal actuel!

Après 23 commentaires, il est temps de changer de billet. La discussion avait commencé à la suite du billet « Super! » et s’est poursuivie à la suite du billet « La charité n’est pas topique ».

De la charité, nous en sommes maintenant à la pauvreté.

Philippe David m’a exposé son point de vue :

Il n’y a pas que les gens de gauche qui sont concernés par la pauvreté. Ceux de droite aussi, nous voyons tout simplement le problème et les solutions sous des angles différents. Favoriser le libre-marché ne semble pas à première vue comme une mesure anti-pauvreté jusqu’à ce qu’on comprenne que le libre-marché est créateur d’emplois.

Il m’a toujours apparu évident aussi que pour remettre les assistés sociaux au travail, il faut leur donner des qualifications recherchées par le marché du travail. Par exemple, il existe des pénuries dans certains corps de métiers, comme électriciens, plombiers, etc. Ça ne prend pas de longues études pour apprendre un tel métier et ils ont des salaires très supérieurs au salaire minimum. Pourquoi n’y a-t-il pas plus d’assistés sociaux réentrainés de cette façon? S’attent-on à ce qu’ils décrochent un emploi sans formation? Avec tout les débats qu’il y a eu sur la question, il me semble qu’on aurait dû y penser déjà…

Et je lui réponds :

Philippe,« Il n’y a pas que les gens de gauche qui sont concernés par la pauvreté. Ceux de droite aussi, nous voyons tout simplement le problème et les solutions sous des angles différents. »

Je commence à m’en rendre compte, surtout à la lecture de ton troisième paragraphe, heureusement, parce que votre discours est enseveli sous un amas de conneries du style « FUCK LES BS », « Les BS sont toutes des crosseurs » et la pire, « Quatre ans d’aide sociale, pas plus! », dixit les jeunes génies mariodumontistes. Mais là où le bât blesse, c’est quand simplement tu m’annonces que « le libre-marché est créateur d’emplois ».

Mais qu’est-ce que le libre-marché, si ce n’est que de vouloir créer des tonnes d’emplois sous-payés alors qu’on aura débarrassé les entreprises des syndicats (même si je suis d’accord pour dire que le syndicalisme n’est pas parfait)? Mais qu’est-ce que le libre-marché sinon de vouloir faire passer les profits des compagnies avant le bien-être de la population? Mais qu’est-ce que le libre-marché sinon des pertes d’emploi ici que comblent à rabais des employés à la limite de l’esclavagisme dans d’autres pays? Mais qu’est-ce que libre-marché sinon de justifier que des gens travaillant 40 heures (et plus) semaines aient de la difficulté à payer pour toutes leurs dépenses? Mais qu’est-ce que le libre-marché sinon d’appauvrir la population et de clamer ensuite le libre-marché comme solution pour enrichir la population? Mais qu’est-ce que le libre-marché? Une sorte de Saint-Graal?

Et je ne parlerai pas du fantasme de la privatisation…

Ni du désir fougueux de vivre dans une société aux revenus globalement non imposables…

Mais en même temps, je te suis à cent milles à l’heure quand tu parles de réinsertion des assistés sociaux au travail, puisque je sais que tu sais qu’il faudra investir et qu’il n’y aura qu’une partie de nos impôts à tous pour pouvoir payer ça…

Questions de positionnements…

J’ajoute ici un texte, paru avant hier sur UHEC, qui concerne le libertarianisme, du moins la vision obtuse qu’ils ont de la gauche. (J’ai aussi publié d’autres textes sur cette question du libertarianisme, ici, ici et ici.) À ce jour, il y a eu 67 commentaires, et c’est assez intéressant, bien libre à vous d’aller les lire et même de poursuivre la discussion si cela vous chante. Il y a des argumentations idéologiques assez tranchées, mais c’est toujours dans le respect, j’aime ça de même! Le voici :nullDeux billets, « Les subventions aux entreprises, symbole d’une banqueroute morale et intellectuelle » et « Pour la fin des subventions à l’entreprise privée » parus le 22 novembre sur Le blogue du QL m’ont beaucoup questionnés.Dans le troisième paragraphe du premier article, l’auteur émet un jugement sur la gauche, et je ne m’y reconnais pas, mais pas du tout :

Si votre amie est du type gauchiste qui croit qu’il faut imposer davantage les méchants capitalistes qui font du profit pour redistribuer cet argent aux plus pauvres, demandez-lui si elle serait d’accord pour abolir tous ces programmes étatiques d’aide aux entreprises qui redistribuent la richesse des citoyens ordinaires aux capitalistes, pour mettre à pied tous les fonctionnaires qui s’en occupent, et pour réduire de façon correspondante les impôts des particuliers. Et observez-là faire du patinage de fantaisie intellectuel pour justifier l’intervention de l’État dans l’économie et l’existence de ces programmes, même s’ils vont à l’encontre de ses prétendues «valeurs citoyennes».

En fait, ce que je comprends, c’est que les libertariens croient que tous les gauchistes sans exception sont étatistes, mais il n’en est rien. Mais, je comprends aussi et surtout que la logique libertarienne justifierait alors un retrait total de l’État partout à la suite d’un retrait au niveau des subventions aux entreprises.Pour ma part, je suis tout à fait en accord avec l’idée de couper les subventions étatiques aux entreprises, même s’il doit bien y avoir quelques entreprises qui en ont été vraiment aidées. Mais je ne vois pas pourquoi le monde des affaires ne pourrait pas se constituer par eux-mêmes un fond d’aide au démarrage de nouvelles entreprises, par exemple. La majorité des moyens financiers sont entre leurs mains et je ne m’inquiéterais pas outre mesure pour eux.Alors, je vous demande, est-ce qu’un gauchiste peut être en accord avec des idées que beaucoup considèrent comme étant de droite?Je crois que nous avons ici la preuve qu’il faut se positionner aussi au niveau étatique, les positions gauche-droite étant clairement insuffisantes pour nous sortir de cette impasse idéologique.(La photo provient d’ici.)

La Fédération des Québécois de souche : j’ai honte…

J’en reviens pas. « kess vous en pensé? » qu’il écrit ce sale rat-ciste, inculte de son français écrit (et sûrement parlé), à la suite de son chef d’oeuvre crétiniste! Mon ami blogueur Steve Pinch en a parlé plus tôt (pas de cette image, mais de ce club de pêche…), les antidroites de RW ont pondu une lettre ouverte, que j’ai signée avec empressement.

La lettre parle du fait de donner de la visibilité à ces regroupements haineux, ce qui leur donne de nouveaux adhérents à chaque fois. Pour ma part, avec mes lecteurs qui, par mon dernier sondage, se considèrent en forte majorité à gauche, je n’ai pas trop peur de contribuer à cette chiure de la société donc je me permets d’en parler…

J’espère qu’un du groupe viendra ici se défendre, ou encore mieux, m’insulter : j’ai bien le goût de me défouler sur plus petit que moi… Non, ce n’est pas gratuit, je me crois réellement supérieur à tout raciste qui le clame tout haut! Vous me direz que je ne suis pas mieux en m’exprimant ainsi, mais je m’en fous, je n’accepte pas qu’on réduise nos perceptions de l’autre sous des considérations raciales! L’humain, c’est du cas par cas, la carapace est secondaire. Il y a des perles partout, on ne peut pas rejeter l’autre en bloc, juste parce qu’il est contrastant.

Non non non au racisme! Oui à l’humanisme!

Ajout (mardi 11h30) :

Bon, il fallait que ça arrive… ce texte passe au tribunal Bon blogue Bad blogue, sauvez-moi svp!

Le sens des accommodements est un puits sans fond…

Je fais écho ici à un texte de mon ami Alain B. Ce texte décrit en long et en large, avec un argumentaire tant historique que sociologique, sa déception suite au dernier sondage qui donne : « 65% des gens pensent que les petites musulmanes ne devraient pas pouvoir porter leur foulard à l’école ». Je le comprends tout à fait, même si, pour moi, dans un monde idéal, la religion ne devrait pas avoir « pignon sur rue », car dans le fond, quelle est la différence entre un homme-sandwich qui publicise un produit de consommation et quelqu’un qui affiche sa religion par un vêtement symbolique? Le premier comme le deuxième ont le droit de le faire, et j’ai le droit d’être d’accord ou non dans le privé de ma petite tête. Et surtout, j’ai le droit d’arborer des cheveux longs, ce qui, pour beaucoup de gens, est quand même synonyme de marginalité. Je me demande bien quel serait le résultat d’un sondage sur la question des hommes aux cheveux longs…

Mais là où je ne le suis pas, c’est quand il fait un parallèle avec l’orthodoxie de certains hommes juifs (qui demandent par exemple des accommodements pour ne pas avoir à faire avec des femmes) et « les jeunes gauchistes marginaux et idéalistes qui rejettent le système marchand qui, selon moi, leur permet d’exister » :

Que « La même proportion de répondants s’oppose à la demande des hassidim d’obtenir un évaluateur masculin pour un examen de conduite à la Société d’assurance automobile du Québec, » là aussi, je suis complètement dans la mouvance. Je vous confesse même le léger plaisir mesquin que je ressens à l’idée de l’Hassidim borné dont la « performance » est soudainement soumise au jugement d’une femme qui a l’autorité de lui dire qu’il « n’a pas les talents nécessaires » si c’est le cas. Le « raisonnement » qui me passe par la tête dans ce cas-ci est, j’imagine, semblable à celui de la moyenne de mes compatriotes: Tu as choisi de vivre selon des règles strictes et anciennes qui te viennent de Dieu, M. Hassidim? Très bien. C’est ton droit (et celui de ton épouse.) Mais n’oublies pas que tu vis dans une société qui a fait des choix différents. Et lorsque tu as affaire à l’appareil d’État de cette société, c’est à toi de t’accommoder. Sauf que j’ai la même attitude envers les jeunes gauchistes marginaux et idéalistes qui rejettent le système marchand qui, selon moi, leur permet d’exister: Vas-y avec ta simplicité volontaire et ton dumpster diving freeganistique, tu as mon respect car tu vis tes convictions (tout comme l’Hassidim,) mais ne viens pas ensuite me dire que tu as faim et que je dois contribuer davantage de mon pécule pour ton bien-être. La société a fait des choix différents et si tu veux y vivre en marge, très bien, mais accommode-toi.

Je crois qu’il ne faut pas mélanger les choses. Je crois surtout qu’il faut éviter de diaboliser la gauche en la vidant de tout son sens pratique. Donc, je ne crois pas que la simplicité volontaire est un chemin direct vers l’assistance sociale et pire, l’itinérance. Aussi, je ne crois pas que le rejet du système marchand s’accompagne obligatoirement d’une volonté de scission avec la société pour ceux qui la rejettent. Et je ne peux pas m’empêcher de dire que ce propos me fait joyeusement penser à ceux qui pensent que de prendre une bouffée de marijuana mène automatiquement au crack…

Je suis pour la décroissance, je suis donc pour un capitalisme responsable : j’ai bien de la difficulté à m’accommoder du fait que le capitalisme actuel fait la promotion de valeurs matérialistes pour aider à la vente de ses produits de consommation qui veulent combler en majorité des besoins secondaires et créés de toutes pièces. C’est pour moi un accommodement beaucoup plus difficile à accepter que celui de voir une petite fille avec un foulard islamique et pourtant la majorité de la société embarque dans le bateau onirique de la surconsommation sans trop rouspéter.

Donc, vivement une séparation claire entre la métaphysique et le physique, même si la métaphysique semble avoir des répercussions sur le physique : les guerres basées sur les religions en sont un bon exemple. Et toutes ces questions éthiques et morales qu’apporte ce débat sur les accommodements ont beaucoup plus à voir avec la métaphysique contrairement aux questions politiques de la gauche et de la droite, qui concernent beaucoup plus le physique, le matériel, même si cela semble s’auréoler de l’idéologie. Mais c’est vraisemblablement une autre question à régler, même si elle semble très connexe, car je ne crois pas que notre bonne Terre va s’accommoder très longtemps de nous…

Ajout (vendredi 11h30) :

Si cette discussion vous intéresse, elle se poursuit ici.

Une chaude fin de course

Il y a une chaude lutte ici dans mon sondage qui demande quelle est votre position politique. Les positions centre-gauche et gauche mènent largement sur les positions de droite, ce qui est assez normal étant donné la mienne. Mon sondage devrait se poursuivre jusqu’au Premier de l’an 2008, mais je vais l’arrêter aussitôt qu’une option se rendra jusqu’à 100.

Mais qui donc gagnera?

Et si vous avez des idées pour un prochain sondage, faites comme chez vous : où il y a de la gêne, il n’y a pas de plaisir!

Ajout (mardi 7h20) :

Victoire de la gauche!!! (pour une fois… faut en profiter!)

Un plan vigilant pour gagner notre liberté

Toujours en lien avec le political compass, j’aimerais poursuivre mon commentaire sur les options politiques — qui se base sur les notions de l’autoritarisme, de l’anarchisme, de la gauche et de la droite — et ainsi projeter ma pensée vers le futur. Au départ, avec mon texte « Pourquoi je ne suis pas libertarien (maisque je suis quand même quelque peu sous le charme) », j’ai exposé une lecture quand même assez positive du libertarianisme (qui est beaucoup dans l’air du temps) et élaboré une critique qui s’appuie sur le problème à court terme de cette philosophie, s’il y avait un changement sociétaire radical dans cette voie, qui prend pour acquis la responsabilisation de la population et ne propose pas de plan autre que de l’optimisme aveugle : faites-nous confiance, tout va bien aller si on fait disparaître l’État!

Aussi, avec mon texte « Uppercut de la gauche vers la droite : un peu de philosophie politique », j’ai désigné l’ennemi à abattre, le néo-libéralisme, en le plaçant en contradiction avec les positions libertariennes, anarcho-socialistes et socialistes. Donc, deux textes sur les droites en guise de point de départ pour un projet de société que je vais vous exposer plus en détail dans les lignes qui vont suivre.

Avant tout, pour le bien de l’exercice, je me dois de nous placer collectivement dans le quadrant et, pour se faire, je m’appuierai sur le résultat le plus près de nous, c’est-à-dire notre Très Cher Premier Ministre Stephen Harper. Étant donné qu’il n’a pas été élu majoritairement et que le Québec semble assez différent du reste du Canada, je nous placerai donc tout près du centre (voir le graphique plus bas), dans la partie droite en haut, plus près du milieu par rapport à l’axe gauche-droite et assez haut par rapport à l’axe étatisme-anarchisme, parce que bien sûr l’État est encore très présent dans nos vies, au grand dam de plusieurs, dont moi.

Ce positionnement est le plus objectif que je peux fournir, étant donné l’absence de données fiables et l’impossibilité de faire passer ce test à la société québécoise (ou plus largement aux sociétés occidentales) comme entité personnelle unique… J’aurais pu placer le point de départ ailleurs, à peu près dans coin-là, j’en conviens, c’est hasardeux : je l’ai choisi en tenant compte des autres points déjà existants. Même si ça semble pour certains assez accessoire, je tiens à utiliser ce graphique majoritairement pour sa qualité démonstrative, même si le test et le site d’où il provient ne semblent pas faire l’unanimité. Par contre, je maintiens ce choix de positionnement dans cette partie du quadrant, car il est clair que notre système est contrôlé en grande partie par le corporatisme, plus près de la droite néo-conservatrice que de la gauche socialiste, il faut l’admettre; et les positions anarcho-socialistes et libertariennes ne trouvent aucune correspondance comparative dans des sociétés actuelles, encore moins dans la nôtre.

Donc, étant donné que les forces néo-libérales tentent de tirer la société de leur côté en se drapant pourtant de plus en plus de la philosophie libertarienne pour asseoir leurs acquis et leurs privilèges avec l’aide de l’État, ce qui est un non-sens, je crois qu’il serait urgent de se sortir de ce piège qui pourrait être fatal pour la cohésion économique, sociale et environnementale. Le plan que je propose, comme le démontre bien le graphique, serait de bifurquer à gauche tout en se débarrassant tranquillement de la coercition étatique, pour ensuite de se rendre vers une plus grande liberté.

Ce plan ne pourrait se faire à court terme, c’est évident, car il faut du temps pour armer la population du sens de la responsabilité. Alors, ce premier mouvement idéologique vers l’anarcho-socialisme modéré aurait pour but de mettre au diapason la population avec ses élites (débarrassées de ses avantages étatiques), si possible, de concerter les instances mondiales pour la survie de l’espèce humaine, en tentant aussi d’écorcher le moins possible la faune et la flore, et d’éduquer la population à une plus grande démocratie, à une conscience citoyenne, que la technologie permettra à coup sûr si la population s’en empare. C’est l’importance et la réussite de cette étape qui feront en sorte de nous mener ensuite vers la liberté.

Parce que si nous nous dirigeons trop rapidement vers l’anarchie et le libre marché, je crois que la tendance lourde des multinationales se poursuivra de plus belle (de par leur pouvoir déjà accumulé) et finira de gaspiller les ressources et d’engloutir les richesses dans l’inertie des coffres-forts, réels et virtuels. Sans la responsabilisation des citoyens (qui pourront par des mouvements de masse influencer l’éthique de l’entrepreneuriat et du commerce), il ne pourrait y avoir de justice dans l’anarchie, car l’accumulation de mauvaises décisions populaires et le laisser-aller ne pourront qu’avantager l’opportunisme des mieux nantis, armés de la convergence propagandiste des médias intéressés et prompts à se servir de la couardise des masses pour arriver à leurs fins. Notre société en est déjà un bon exemple : la course folle que nous impose nos élites afin de payer pour des désirs personnels très secondaires, en faisant fi des répercussions à long terme, avec l’intention implicite de maintenir artificiellement le système économique actuel en vie est un non-sens.

Pour ce qui est du but à atteindre, je le place au centre en bas, car il représente un équilibre sain à mon sens, et je ne saurais choisir entre les deux extrêmes anarcho-socialistes et libertariens dans une utopie si lointaine : chaque petit pas dans ce sens nous rapprochera d’une réponse plus pragmatique. Pour ceux qui me diraient qu’un vrai équilibre se trouverait dans le milieu de la cible, tout près de notre position actuelle, je leur dirais que le haut du graphique représentant les philosophies autoritaristes nous ont déjà bien prouvés leur inefficacité, et qu’il est temps de voir où l’humanité peut bien se rendre si on lui offre l’opportunité de se dépasser au niveau social avec l’alternative anarchiste. Qui voudra relever le défi?

Maintenant, la première tâche serait de changer la « mise en marché », l’imagerie de l’anarchisme, car je ne crois pas que le drapeau noir et le « A » entouré d’un cercle puissent plaire à la population en général…

Élodie Gagnon-Martin : un blogue « clé en main »?

Ça fait tellement longtemps qu’on en parle en privé que là je suis bien content que ça sorte enfin! Toute l’histoire en lien avec le mystérieux blogue « Les dessous de la politique — Les réflexions d’une fille de droite », dont mes collègues des blogues souverains, et en majorité Fannie Drolet — la blogueuse derrière La Plume souverainiste — à propos duquel ils ont fait enquête, vient de sortir sur le site du journal Le Devoir. Pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire, la voici en bref.

Pas très longtemps après la disparition du blogue très controversé de Mister P (Pierre Morin, aujourd’hui employé de l’ADQ-ÉMD travaillant au parlement comme chef de cabinet du troisième vice-président de l’Assemblée nationale) qui a été le meneur adéquiste de la guerre des blogues aux dernières élections provinciales, un nouveau blogue, signé Élodie Gagnon-Martin fait son apparition. Fannie « souligne des ressemblances avec celui de MisterP. Dans une entrée intitulée « Mister P version féminine? », elle écrit ceci: « Même grille graphique, […], même blogoliste… Ajoutons à cela la publication des bricolages signés de Mister P. » » Et c’est à partir de là que plusieurs blogueurs membres des blogues souverains s’interrogent sur cette question. Tous pensent que c’est en premier un nom de plume, qui pourrait, je dis bien pourrait, cacher Pierre Morin et certains pensent même qu’il servirait à une coalition de plusieurs membres et sympathisants de l’ADQ-ÉMD pour diffuser des messages pro-adéquistes et surtout anti-péquistes. Bien sûr, l’ADQ nie toutes ces allégations. Ah, que c’est surprenant…

Pour ma part, je crois que l’ADQ aurait tout à gagner en laissant, dans le plus grand des secrets, une ou plusieurs personnes travailler sur un blogue de la sorte. Pour le lecteur moyen, lire un blogueur-journaliste ou un blogueur-politicien a des répercussions différentes que de lire les opinions d’un simple citoyen : ce dernier semble plus crédible parce que la discussion se passe d’égal à égal, il y a une crédibilité accrue avec l’opinion citoyenne, qu’un salarié ne peut avoir, du moins pas dans la démonstration d’un effort de structuration de la pensée englobée sous l’aura du bénévolat. La partisanerie et l’opportunisme semblent moins marquer ces derniers et leurs messages passent donc beaucoup mieux. Alors si ces accusations sont vraies et que ce blogue n’est qu’un organe adéquiste officiel comme un autre, il faudrait le faire ressortir, car c’est carrément de la tricherie.

Pour avoir moi-même beaucoup de temps à y consacrer et avoir commencé à bloguer vers la fin du règne de Mister P et avoir vu le départ fulgurant de cette dernière, je ne peux que croire à une espèce de conspiration adéquiste. En vraiment peu de temps, cette Élodie a repris la place de Pierre Morin dans les palmarès blogues, comme Tout Le Monde en Blogue, alors qu’il y a plein d’autres blogueurs adéquistes qui avaient de l’expérience et de forts liens sociaux déjà bien établis. Pour avoir expérimenté à force de travail au jour le jour sur plusieurs plates-formes et ainsi remarquer mon lectorat, ma place dans les palmarès et mon nombre de clics augmenter tranquillement, mais sûrement, il a fallu plusieurs plogues, dont celle du très populaire Patrick Lagacé, pour que mon lectorat fasse un petit bond. Pour elle, son bond a été hors du commun, du jamais vu : et le seul moyen d’arriver à ça rapidement serait de démarrer un nouveau blogue et d’avoir les termes « Québec » et « blogue » dans son titre, étant donné la popularité de ces termes dans les moteurs de recherche, et ce n’est pas du tout son cas… En conséquence de quoi, je crois qu’il y a eu assurément une concertation derrière ce blogue, même si la qualité de son écriture et de ses propos pour le lectorat acquis à sa cause était le plus grand « boute du boute »! Pour l’avoir lu quelquefois (et même, m’être fait censurer quand mes commentaires étaient trop contraires à ses idées), je ne décèle objectivement aucune qualité transcendante, mais les goûts sont dans la nature…

Alors, je crois que oui, ils ont ou elle a eu un blogue « clé en main ».

Ajout :

Mon ami Louis a pondu un excellent texte sur la question, c’est ici, et Sur le Web sur le site de Radio-Canada en fait aussi écho. Après une recherche rapide sur Google, je viens de voir qu’Olivier Niquet, un des individus derrière l’excellent site Cent Papiers, relate la chose sur son blogue Goudaille.

Ajout (15h30) :

Je viens de laisser ce commentaire sur le blogue en question, j’ai hâte de voir s’il va passer la modération :

Pour la question du pseudonyme, il convient que si Élodie Gagnon-Martin en est un, il est clair qu’il a été choisi pour son côté réaliste, plausible, qui porte fortement à confusion, il faut l’admettre.

Pour le reste, c’est beaucoup de la spéculation, moi-même j’ai spéculé et analysé ce matin la montée fulgurante de ce blogue très récent dans un « post » sur le mien. Et je pense que c’est beaucoup ça qui a mis la puce à l’oreille à tout le monde, nous sommes tous blogueurs et savons quand même un peu comment ça fonctionne, il ne faut pas non plus nous prendre pour plus stupide que nous sommes…

Ajout (16h) :

Mon commentaire n’a pas encore été publié et voici un commentaire du journaliste Antoine Robitaille, celui qui a écrit l’article dans Le Devoir, à la suite de son propre article :

Que les lecteurs soient informés que j’ai tenté de publier un commentaire sur le site de Mme Gagnon-Martin ce matin vers 7h30, commentaire par lequel je lui offrais de me rencontrer pour faire une vraie interview. J’ai aussi envoyé 10 courriels dans lesquels je réitérais cette offre. À 14h39, non seulement elle n’a pas répondu à mes courriels, mais elle a publié six commentaires au bas de sa réplique de ce matin. Mais pas le mien. Voilà où nous en sommes.

Ajout (18h45) :

Mon commentaire n’est toujours pas apparu sur le site de la belle virtuelle… et deux nouveaux billets en lien avec ça sont apparus dans la blogosphère : sur V et sur Radicarl.net.

Ajout (19h50) :

Et un autre texte de Mario tout de go (qui me cite, merci!). Et là je viens d’aller actualiser la page du blogue d’Élodie pour vérifier si elle avait affiché mon commentaire, j’ai eu ce message :

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Je me suis inscrit mais, impossible de voir le blogue…

Uppercut de la gauche vers la droite : un peu de philosophie politique

Même s’il semble presque inutile pour certains, et surtout redondant, le débat concernant les concepts de la gauche et la droite restera toujours d’actualité à mon avis, comme en fait foi le dernier texte de Jimmy St-Gelais publié ici et qui a donné lieu à de bonnes discussions. Alors, j’aimerais ajouter une brique à ce mur puisque j’ai mes idées philosophiques sur le sujet, et ma découverte d’un test sur la position politique (political compass), qui inclut les positions de fascisme et d’anarchisme avec l’ajout d’un axe de haut en bas, est venue me replonger dans ces réflexions. (Mon résultat à ce test est ici.)
Concernant mes idées sur le spectre gauche-droite, je pressentais que la différence entre ces deux pôles pouvait s’expliquer par la logique sans toutefois pouvoir mettre le doigt dessus. Par un heureux hasard, la lecture d’un livre sur les grands philosophes m’ a donné la réponse. Le passage concernant le philosophe John Rawls (1921-2002) m’a beaucoup éclairé, lui qui s’est penché sur ces questions dans son ouvrage Théorie de la Justice, publié en 1971. La citation qui suit vient du livre sur les grands philosophes, non de son ouvrage :

La réflexion de Rawls sur la justice repose sur deux principes : un principe d’égalité concernant les libertés élémentaires; un principe de différence, admettant les inégalités sociales et économiques. Sur ce dernier point, il considérait que ces inégalités ne devraient être permises que pour profiter aux plus démunis; et qu’elles devraient être liées a l’égalité des chances. L’équité de ces principes, soutenait Rawls, tient à ce qu’on les choisirait même si nous nous trouvions dans une « situation d’originelle ignorance » : si nous devions choisir le genre de société dans laquelle nous voudrions vivre, mais sans savoir quelle place nous y occuperions — étant ignorant de notre sexe, de notre appartenance sociale, de notre système de valeur, de nos talents et du reste —, nous opterions pour une société où règne un maximum d’équité. Donc, nous admettrions les deux principes de Rawls.

Alors, après avoir examiné ce point de vue philosophique assez tranchant, il est difficile de ne pas s’avouer vaincu devant l’éloquence et, je pourrais dire, la transcendance du propos. Quiconque nierait cette logique serait louche puisqu’elle place les contextes (qui influenceraient normalement le point de vue) hors du champ analytique primaire, ce qui place obligatoirement toute la discussion au niveau d’où se situerait le « maximum d’équité » : sans que l’équité ne puisse devenir de l’iniquité à force d’argumentation… Mais je comprends qu’un exercice éthique de la sorte est difficile, étant donné que l’humain a la fâcheuse tendance à construire le monde selon la couleur et la transparence de sa bulle, mais il est essentiel à mon avis.

Ainsi donc, il semblerait bien que la différence entre les gens de droite et de gauche réside dans leur capacité ou non à intérioriser le concept de hasard — qui permet les inégalités dans la société —, de faire abstraction ou non de sa propre situation dans son raisonnement politique, et de sa capacité ou non à faire preuve d’empathie lorsqu’une opinion se forge par rapport à un groupe anonyme. Il serait donc facile de dire que la pensée de droite est illogique, car l’équité est le dernier de ses soucis, semble-t-il…

Cette citation de Mathieu Demers, un fier droitiste, qu’il a laissé en commentaire au texte 11 septembre de Louis, est très représentative d’un faux discours sur l’équité qui prend des airs de formule magique :

Je crois que le néo-libéralisme, c’est la seule vraie façon pour une société de prospérer économiquement. C’est le seul vrai moyen de réduire de beaucoup le taux de pauvreté, en donnant du travail, pas en distribuant de plus grandes prestations d’aide sociale.

Alors pour ceux qui croient, comme Mathieu, que la pensée de droite (ou plus spécifiquement le néo-libéralisme) est noble et qu’elle est la seule pensée qui peut régler les problèmes d’équité, je pourrais simplement dire que ce dogme ne date pas d’hier — ni d’avant hier d’ailleurs… — et qu’il n’a donc pas encore fait ses preuves comme régulateur de l’équité; au contraire, il semble plutôt provoquer des inégalités : mais qui pourrait me donner un exemple de société néo-libérale où une vraie équité existe, où la classe pauvre diminue de plus en plus?

Par contre, nonobstant la critique sur la pauvreté généralisée, nous pouvons affirmer sans hésitation que la société cubaine est plus équitable que la société états-unienne. Personnellement, je crois que la solution idéale ne se trouve pas dans ces deux exemples, et la social-démocratie québécoise est déjà en meilleure position pour l’atteindre, même si elle est fortement critiquée par beaucoup de gens, dont moi…

Donc, devant la présomption hypothétique d’un silence de mort à la question de trouver une société néo-libérale vraiment équitable, je vais revenir au sujet principal, mais en bifurquant vers le test que j’ai relaté au début. Il est très intéressant, car il partage les disparités idéologiques simultanément en quatre grands pôles, en ajoutant aussi les considérations de pouvoirs étatiques ou non dans la société. Par contre, il est clair que les alliances entre les gens de gauches et les gens de droite sont plus naturelles (puisqu’elles se basent sur des valeurs) qu’entre les autoritaristes et les anarchistes (puisque cette distinction se base plus sur les moyens « techniques » de diriger la société, entre le désir d’un état fort et contrôlant ou non).

Pourtant, en examinant les exemples de positionnement des personnalités dans les deux graphiques présentés sur la page About the political compass, il est évident que le gros du partage se situe dans la partie en haut (qui concerne les idéologies les plus étatistes — ou autoritaristes) et qu’il est facile de faire un lien causal entre les inégalités présentes partout et la position néo-libérale (plus à droite dans le graphique) de nos dirigeants occidentaux. Alors, il est clair que ma critique concerne principalement la portion en haut à droite et, comme on peut le voir, ils sont en complète contradiction avec de grands hommes comme Ghandhi, Nelson Mandella et le Dalaï-Lama. On repassera pour le message répétitif que la droite étatiste représente le changement…

Oui, le but de ce texte est surtout de mettre en perspective le déficit philosophique des tenants du néo-libéralisme — qui se regroupent en général sous l’appellation de la droite, puisque la position de droite anarchiste (en bas) repose plus sur l’anti-étatisme et est donc autant en contradiction avec eux que la gauche l’est. Mais je n’ai pas le choix étant donné que, tant dans la prémisse qu’apporte le questionnement logique de Rawls que dans l’ajout de l’analyse qu’apporte le « political compass », l’impression nette qui en ressort est qu’il y a un problème profond avec cette position politique, comme si elle occultait consciemment le fait que nous sommes maintenant dans un monde civilisé, et qu’elle prônerait plutôt une espèce de jungle mécanisée, où les pires instincts de l’homme sont mis de l’avant.

En conséquence, il me semble même que le simple fait de se proclamer de droite est « contre-nature », pas dans le fait d’avoir des idées de droite, puisque moi-même et beaucoup de mes amis gauchistes en ont quelquefois, sur certains sujets, mais plutôt dans le fait de monter aux barricades, affublé de ce constat clair et net sur sa propre position. C’est que la droite, en plus d’attaquer la gauche, attaque la population en général puisqu’elle la rejette d’emblée comme la première unité apte au bonheur et au confort (alors que le petit bonheur des plus démunis, et même la question de la survie de la classe moyenne, seraient quand même assujetti au grand bonheur et à la grande charité du patronat et de l’élite économique, si la théorie pouvait prendre forme dans la réalité de la meilleure manière possible, ce à quoi je doute fortement, étant pessimiste quant à la bonté naturelle des individus…).

Encore, je crois qu’il faut un équilibre entre une vision collective et une bonne dynamique individuelle, ce que la droite néo-libérale ne réussit pas à démontrer, tant dans ce qu’elle vise que ce qu’elle montre. Au contraire, elle fait la promotion d’une vision nihiliste des forces vives de la collectivité et d’une dynamique égocentriste qui encourage la rivalité dans son sens le plus malsain.

Je sais que je ne me ferai pas beaucoup d’amis ici, mais j’ai l’impression qu’il y a beaucoup de gens qui se considèrent de droite en réaction à une certaine idée qu’ils se font de la gauche (surtout axée sur la gauche étatiste). Alors si, après avoir fait le test et réfléchi objectivement à la réflexion de Rawls, vous vous considérez toujours fièrement droitiste, nous pourrons au moins continuer notre match de boxe intellectuel sur une base encore plus solide. Votre faiblesse éthique en sera encore plus évidente.

La décroissance conviviale

Une amie m’a envoyé un lien vers le site du Mouvement québécois pour une décroissance conviviale. Elle a bien fait parce que je travaille pour eux sans le savoir depuis longtemps… Comme vous le savez, pour ceux qui me lisent régulièrement, la réduction de la croissance économique dans le but de réduire notre empreinte négative sur cette Terre est un de mes chevaux de bataille, sinon le plus vivant! Mon dernier texte critique envers la position verte de Stephen Harper en fait foi.

Alors oui, le terme « décroissance » est bien indiqué, mais pourrait faire peur. L’ajout de « conviviale » permet de le redresser vers la positive, mais je ne peux croire que la drouate sceptique accueille cette idée d’un bon oeil…

L’image vient du blogue français Colcanopa.

Pourquoi je ne suis pas libertarien (mais que je suis quand même quelque peu sous le charme)

Depuis peu, je me suis intéressé au libertarianisme. Cette philosophie politique, à forte tendance économique, selon le site Le Québécois Libre, repose sur la croyance « que la liberté individuelle est la valeur fondamentale qui doit sous-tendre les rapports sociaux, les échanges économiques et le système politique. » Ils croient « que la coopération volontaire entre les individus dans un marché libre est préférable à la coercition exercée par l’État », « que le rôle de l’État n’est pas de poursuivre des objectifs au nom de la collectivité – comme redistribuer la richesse, « promouvoir » la culture, « soutenir » le secteur agricole, ou « aider » la petite entreprise –, mais bien de se limiter à protéger les droits individuels et laisser les citoyens poursuivre leurs propres objectifs de façon libre et responsable. »

Aussi, sur l’échiquier politique, que nous caractérisons habituellement par l’antagonisme gauche-droite, ils ne veulent pas se situer d’un côté ou de l’autre, car ils considèrent que la gauche et la droite « ne sont plus que les deux revers de la même médaille étatiste. » Donc, ils veulent se distinguer comme étant « la seule véritable alternative : d’un côté, les étatistes de gauche et de droite; de l’autre, les défenseurs de la liberté, de la prospérité et de la civilisation. » Ce qu’il y a de clair, c’est que les libertariens sont contre l’interventionnisme de l’État et des groupes corporatistes, pour une implication citoyenne basée sur la responsabilité.

Sur le même site, dans un autre texte (qui se retrouve sur la même page que celle citée plus haut), « Cinq attitudes libertariennes essentielles », l’auteur Martin Masse dresse une liste, dont il élabore chaque point, qui résume bien cette philosophie :

1- assumer ses choix et cesser de rejeter la responsabilité de ses actions sur les autres
2- voir l’aventure humaine avec optimisme
3- refuser de s’en remettre à des abstractions collectives
4- viser une amélioration constante à long terme plutôt qu’une perfection statique à court terme
5- être tolérant et accepter la diversité

Voilà pour la présentation, maintenant la critique. En soi, il serait presque trop facile d’adhérer à ce système de pensée, car il est logique et répond même à la plupart des questionnements actuels si on le regarde seulement en surface. Il pourrait rallier une bonne partie de la population puisque son but est de nous débarrasser de la connivence entre l’État et les groupes d’intérêt, phénomène qui éloigne de plus en plus le peuple des considérations politiques. Par contre, après l’avoir examiné plus attentivement, il est utopique de penser que la société pourrait s’adapter rapidement à un système de la sorte : pour cela, il faudrait occulter l’histoire, remettre les pendules à l’heure au niveau socio-économique; en somme, repartir à neuf. Et cela est impossible, car à mon sens l’inégalité déjà présente se creuserait davantage, étant donné que l’implication citoyenne n’est pas de mise dans notre monde corporatiste et antidémocratique, où le conformisme est roi.

Personnellement, je pourrais vivre dans un système semblable, car je suis assez confiant de mes capacités d’adaptation, mais je ne crois pas que tout le monde pourrait suivre, même que plusieurs tomberaient encore plus bas qu’ils ne le sont maintenant si les libertariens étaient au pouvoir dans un avenir rapproché. La scission entre les individus et l’État a déjà trop fait de dégât pour que la responsabilité citoyenne soit bien exercée maintenant, à froid, par tous : il nous faudra un filet encore longtemps et beaucoup de travail à faire auprès de la population pour qu’elle reprenne goût à la démocratie. Et ce serait malheureusement l’égoïsme qui primerait si les individus étaient laissés à eux-mêmes aujourd’hui : le constat actuel sur les comportements irresponsables des automobilistes en est un bon exemple à mon avis.

Donc, la solution libertarienne est trop statique, trop extrémiste pour moi qui pense aux répercussions à court terme (et à long terme aussi bien sûr…). Je crois que la société idéale ne pourrait s’appuyer sur un seul dogme, car les individus sont trop dissemblables : le système se devrait d’être toujours malléable, équilibré. Et cette philosophie, même dans son équilibre (implicitement centriste, par son rejet de la gauche et la droite) n’est pas équilibrée, puisqu’elle n’est pas relative et repose sur un monde rêvé où les individus n’ont que des qualités, où l’optimisme serait un idéal partagé par tous.

Si la liberté individuelle est la valeur fondamentale, qu’est-ce qu’on fait avec les défauts des individus? Comment la société pourra freiner la cupidité, l’égoïsme qui caractérise déjà les comportements de l’élite économique? Et si l’État est réduit au maximum et que le secteur privé prend le contrôle de tout le reste, qu’est-ce qui nous assurera que le facteur humain ne deviendra pas encore plus secondaire qu’il ne l’est aujourd’hui? Je le répète encore, mais c’est de l’équilibre qu’il nous faut entre l’État et les citoyens.

Aussi, leur diabolisation de l’État est compréhensible dans le contexte actuel, et je la partage. Mais si l’État était vraiment une extension de notre individualité, basé sur les forces vives de chacun, leur critique, et surtout leur dogme, ne tiendrait pas la route. C’est la corruption actuelle qui lui donne sa légitimité. En réexaminant la thèse libertarianiste, alors que l’on expulse momentanément le parasite corporatiste de l’appareil étatique, il apparaît clairement que l’idée d’abandon de l’État comme régulateur et filet social serait une erreur monumentale pour les mêmes raisons que j’ai décrites plus haut.

Pourtant, après avoir discuté et débattu avec certains libertariens sur leur blogue, j’ai bien vu que leur philosophie est noble, et qu’elle tend vers le bien-être de la communauté. Par contre, elle est peut-être trop optimiste, justement, et j’irais même jusqu’à dire qu’elle se rapproche de la pensée magique : leur position sur la charité privée au détriment d’une concertation étatique sur la pauvreté est fortement utopiste à mon humble avis. Si on laisse le choix aux riches de partager, ils ne le font qu’en minorité alors qu’il faudrait qu’ils le fassent en majorité, et je n’ai pas besoin de donner d’exemple pour le prouver… Peut-être que si dans une société où tous les individus étaient éduqués globalement à leur juste valeur, selon leur capacité, où les superstitions seraient disparues, où la science médicale et le système de santé serait axé sur la prévention, où l’économie serait au diapason avec les vrais besoins de la population (sans création de besoins artificiels pour nourrir la production), où l’environnement serait considéré avec le plus grand des respects, il y aurait place pour un système comme celui-là. Pas avant.

Pour l’instant, je pense qu’il faut collectivement laisser une grande place au dynamisme que provoquent les libertés individuelles, tout en se dotant d’une « assurance tout risque » que prendrait en charge un État vraiment démocratique. Donc, en conservant un système public fort qui regrouperait le bien commun — soit les domaines reliés à la santé, à l’éducation fondamentale (et à tous les domaines de la connaissance, ceux qui ne concernent pas la technique), à l’aide à la famille et à des mesures d’aide aux gens en difficulté, aux relations de travail (dans le but de rendre caduc les différents syndicats, afin de faire profiter de meilleures conditions possibles à tous les travailleurs), entre autres — et en laissant les individus (donc le privé) s’occuper du reste — entre autres l’économie, les biens de consommation (incluant tous les alcools…), la culture de masse, toute éducation qui sert seulement aux besoins de main-d’oeuvre des entreprises — selon des règles justes et équitables qui seraient assujetties le plus possible au bien-être de la collectivité.

Si la responsabilité est une valeur importante pour les libertariens, il faudra aussi qu’ils la confrontent à la responsabilité des autres, tant que l’idéologie ne pourra prendre sa vraie place, dans une société à sa mesure. C’est en faisant la promotion de l’éducation citoyenne de base et en l’instaurant ensuite pour tous que la responsabilité deviendra importante pour tous les individus. Car je crois que l’individualisme, la liberté individuelle acquise sans préparation aurait tendance à se transformer facilement en égocentrisme, je le répète. Et l’égocentrisme est bien le contraire de l’humanisme.

B.L.O.G.U.E.? : Blogues libres ou gains usuels enjôlés?


Quel plaisir de voguer de blogue en blogue! Tantôt, je suis tombé sur un texte du blogue de Dominic Arpin (1*) où il discute d’une histoire mettant en vedette le blogue Le Gros Bon Sens (Gros BS pour les intimes…) et une compagnie que je ne nommerai pas, vous comprendrez pourquoi plus tard. Le topo : S.Martel, le blogueur dudit blogue, reçoit par courriel une demande de cette compagnie pour qu’il parle de leur nouvelle campagne de sensibilisation environnementale dont le but évident est de vendre leurs produits. Bref, le blogueur a refusé d’en parler ouvertement dans son blogue, mais en parle quand même, sous l’angle que cette compagnie l’a placé dans une situation dilemmatique, voire presque philosophique en lui demandant ce service gratuitement.

La chose qui me vient en tête après avoir lu ce texte, c’est le temps accumulé, volontaire et gratuit que le blogueur a mis dans son blogue : ce temps-là est pour lui profitable, car, par la fidélisation d’un lectorat grandissant, il peut choisir et diriger ces propos en accord avec son système de valeurs, d’où l’effronterie d’une compagnie commerciale de tenter de s’y immiscer gratuitement. Je crois que la raison d’être d’un blogue repose sur l’initiative personnelle premièrement, et la cyberamitié deuxièmement, qui se base sur un lien de confiance. Donc, il est normal que le blogueur ait refusé l’offre de cette compagnie, car elle n’a pas respecté ces deux points essentiels, faisant pencher sa décision du côté négatif (bien que l’aspect monétaire semble avoir joué un rôle assez important).

Justement, pour ce qui est de la question monétaire, et par ricochet de la publicité, elle se serait posée même si la compagnie en question avait offert au blogueur une rémunération substantielle. La rétribution par la publicité constitue pour moi, et pour ce blogueur aussi je crois, une question de morale. Donc, la question principale est : est-ce que l’apparition de publicité sur un blogue corrompt de facto le message, surtout si celui-ci est progressiste? Si on me la posait aujourd’hui, je répondrais par un oui clair et net. Sauf que si on m’offrait de me payer pour écrire ce que je veux dans un cadre où il y aurait de la publicité, je ne suis pas certain que je refuserais à la seconde…

J’ai remarqué que, du côté des blogues de droite, il y a plus souvent de la publicité que sur ceux de gauche (même que je n’arrive pas à me souvenir d’un seul blogue de gauche avec de la pub…). Cela est logique. En général, les blogueurs de droite décident d’insérer de la publicité, ceux de gauche préfèrent suggérer aux lecteurs de faire un don. Lequel est plus payant? Est-ce qu’il y a, parmi les blogueurs (mis à part les blogueurs-journalistes rémunérés par les médias corporatistes), un seul qui réussi à en vivre sans travailler ailleurs ou être sur l’assistance sociale? Je ne crois pas…

1* Je n’ai pas ajouté le lien vers son blogue, car Quebecor, son patron, se croit comme un réseau fermé en interdisant les liens dans les commentaires. Si ça vous chante, vous pourrez vous y rendre par vos propres moyens…

Je suis un homme en colère

Depuis hier, je suis un homme en colère. Louis, un excellent blogueur, m’a invité chaleureusement à participer à son blogue « Un homme en colère », lieu intéressant où se discutent les sujets d’actualité au jour le jour. Les trois collaborateurs adoptent un point de vue humaniste et progressiste, mais tout le monde est la bienvenue pour commenter, la politesse est de mise quand même. Alors je copie-colle pour vous mon premier texte, humoristique et même un peu baveux, je le confesse :

La Drouate

Voici voilà, une petite chronique légère pour égayer l’ordinaire, question de marquer au fer rouge cette première collaboration de ma part!

Depuis mon entrée récente dans le merveilleux monde de la blogosphère, j’ai remarqué l’arrogance, qui est devenue pour moi instantanément traditionnelle, et les excès langagiers de la droite vis-à-vis sa petite soeur pauvre : la drôlement nommée gogauche. Alors, pour faire contrepoids, et surtout pour le plaisir, je me suis creusé la tête pour trouver une manière de déformer le terme « droite », un peu de la même manière. Dernièrement, peut-être que quelques-uns ont pu le lire ici, j’ai trouvé celui-ci : dadedidodudroite. Il est bien drôle par sa référence enfantine, mais peut-être trop ardu à écrire…

Hier, j’ai eu un flash, et après avoir reçu l’invitation de Louis à participer à ce blogue, cherchant un premier sujet, je me suis dit que je pourrais inaugurer ici ma nouvelle déformation langagière par le fait même, et faire une pierre deux coups. Comme vous avez pu le deviner, elle se retrouve déjà dans mon titre : La Drouate. Je pense que je n’ai pas trop besoin de vous expliquer qu’il s’agit de la rimette « La droite dans la ouate » en association symbiotique, hé hé!

Et, je trouve que l’image fonctionne très bien au niveau de ce que je pense de cette idéologie, surtout lorsqu’elle se campe à l’extrême (comme je le dis toujours, je me considère assez au centre, quand même un peu à gauche, je l’avoue, pour ajouter une minime contribution avec mon poids), et surtout au niveau du comportement argumentaire de certains de ses sbires : ils me donnent l’impression de vivre sur de la ouate en n’écoutant pas et en n’entendant pas ce qu’on a à dire parce qu’ils ont de la ouate dans les oreilles. Et il répond très bien au côté condescendant du terme « gogauche », qui n’attendait, à mon avis, que son vis-à-vis.

Allez! utilisez-le à toutes les sauces quand c’est nécessaire, mais jamais gratuitement… Déjà que la drouate utilise gogauche tout bonnement, même dans les grands médias, supposément sérieux et objectif. C’est un cadeau, je vous le donne! Propagez-le à bon escient.

Je suis bien content de savoir «Comment les riches détruisent la planète»

Je viens de voir au Téléjournal de Radio-Canada l’entrevue de Hervé Kempf qui parlait de son livre: Comment les riches détruisent la planète. Le sous-titre de l’article du Devoir « Les riches aux bancs des accusés » paru le 6 janvier 2007 et que je viens de découvrir, condense bien son sujet : « Le capitalisme serait à l’origine des crises sociales et écologiques ».

Sans vraiment me surprendre, cela vient simplement confirmer ce que je pensais déjà, ce que plein de gens comme Louis et Jimmy St-Gelais, les hommes derrière l’excellent blogue « Un homme en colère« , mettent de l’avant malgré l’adversité néo-libérale, qui compte malheureusement beaucoup d’adeptes dans la blogosphère.

Que ce journaliste expose tout haut dans les médias traditionnels ce que nous défendons ardemment ici bas nous donnera encore plus de munitions, mais ne changera pas instantanément les mentalités. J’entends déjà les contre-arguments de nos détracteurs qui trouveront bien le moyen de contredire sa thèse, son enquête, qui pour moi est bien plus près de la vérité que d’un raisonnement dialectique. Reste à voir quelles absurdités ils vont pouvoir encore nous sortir…

Parce que de nier le lien évident entre la montée du néo-libéralisme (donc du capitalisme sauvage) et l’agonie écologique de notre planète est irresponsable, voire moralement agressif — ce qui sied bien à leurs discours sans pitié pour la dignité humaine et la sauvegarde de l’environnement (loin de moi l’idée de transformer gratuitement en monstres mes adversaires, mais, d’un point de vue analytique qui prend en ligne de compte la causalité de ce qu’ils prônent, il m’est difficile de ne pas le faire au moins un peu… c’est quand même de la survie de l’humanité, de la faune et de la flore qu’il est question ici!).

Oui mais là, si Hervé Kempf passe au Téléjournal aujourd’hui (il est passé aussi à la Fosse aux Lionnes), est-ce que maintenant les arguments des gens plus à gauche et pro-environnement vont avoir plus de portée? Est-ce que les gens à droite vont dorénavant mettre un peu d’eau dans leur vin? Est-ce que les p’tits vieux vont commencer à recycler et arrêter de nettoyer leur asphalte avec un jet d’eau? Est-ce que tout le monde va enfin commencer à collaborer pour ralentir son salissage de la Terre? Je l’espère.

(Désolé pour les personnes âgées conscientisées, et j’espère qu’il y en a plus que je pense!)

Ajout:

Je viens de faire une recherche sur le site cyberpresse pour voir s’ils ont parlé de ce livre et, finalement, un seul journaliste, Mario Roy, le 3 février 2007, en discutait en ces termes:

« Le débat a souvent tendance à échapper à la raison, sombrant alors dans la vénération de Gaïa, la déesse-terre-mère, ce qui a mené quelques illuminés de la deep ecology à considérer l’espèce humaine comme une nuisance qu’il faudrait idéalement éliminer. Ou alors, et c’est beaucoup plus courant, on recycle ( ! ) la bonne vieille haine du capitalisme.

Nulle part ne verra-t-on ce dogme mieux exposé que dans un ouvrage attendu la semaine prochaine dans les librairies québécoises, Comment les riches détruisent la planète. Le journaliste militant Hervé Kempf y soutient que seul le capitalisme explique la pollution (comme on l’a vu dans les villes industrielles de l’ex-empire soviétique). Et qu’il faut donc réduire «sévèrement» les revenus, non seulement des «riches», mais aussi des 500 millions d’humains composant la «classe moyenne mondiale», fantasme bourgeois de paupérisation forcée du bourgeois qui a historiquement fait les beaux jours de la gauche extrême. »

Beaucoup s’interrogent sur le côté fédéraliste de La Presse, et avec raison je crois. Maintenant, en regard à une très bonne couverture à Radio-Canada (eux, ils en ont parlé, au moins…), on devrait s’interroger de plus en plus sur l’objectivité de ce journal qui semble privilégier les discours de droite (le point de vue des économistes et des entreprises a une place de choix) et dénigrer ceux de la gauche (comme dans cet article). J’ai toujours pensé que les antisouverainistes étaient beaucoup de droite, je pense qu’on en a bien un peu la preuve ici.

Vote idéologique ou colérique?

En étant optimiste, j’espère que la venue en force de l’ADQ dans le paysage politique fera bouger le gouvernement sans nous ramener en arrière. Par contre, si on regarde les trois préoccupations importantes de l’électorat (si je ne me trompe pas), la santé, l’éducation et l’environnement, on ne peut que se demander si l’idéologie de l’ADQ a contribué à son élection étant donné son importante préoccupation familiale qui venait après dans la liste (et qu’il devrait, si je puis me permettre, jumeler avec une préoccupation environnementale extrémiste car ça serait illogique de ne pas souhaiter pour ses enfants un futur plus rose que ce qui s’annonce…). Et encore, aucun désavouera que l’ADQ est plus à droite que tous les autres partis, donc, qu’il endosse le néolibéralisme: est-ce que, mis à part l’intelligentsia adéquiste, la majorité des électeurs sont au courant de cette donnée importante? Et j’ose croire que le Québec des régions n’est pas si individualiste, à l’argent, xénophobe et conservateur, selon toute vraisemblance. Un vote idéologique ou colérique? Je crois qu’il était majoritairement colérique.

Pour revenir à l’environnement, est-ce que les gens ne sont pas capables de faire le lien entre le néolibéralisme et la pollution? Je me pratique à dire des évidences, quoique importantes : la recherche du profit à tout prix pour combler les besoins des actionnaires, et donc au système capitaliste de la bourse, est très loin des préoccupations urgentes comme l’environnement et la santé. Alors comment l’ADQ va-t-il réussir à concilier ces valeurs qui se contrarient à la source: la famille en opposition avec un capitalisme encore plus libre, une déresponsabilisation de l’état contre une promesse de meilleurs soins de santé (et qui risquent de s’améliorer seulement pour ceux qui vont pouvoir payer, il faut l’avouer), une timide volonté verte (du moins durant la campagne) et encore le beau jeu pour les pollueurs, etc.

Et ce n’est pas tant sur le marché de l’emploi que je m’interroge, il faut bien gagner sa croûte, mais plus sur les vues à court terme des employeurs pollueurs qui, en ne se plaçant pas en position de contribuer à la prospérité écologique, foncent rapidement dans un mur en nous ayant, au préalable, bien attaché à eux…

Une certaine droite

Je l’avoue, malgré ma position assez centriste, voire même équilibriste, que j’en ai contre une certaine droite. Surtout celle, extrême, qui bâtie toute sa rhétorique sur les préjugés, les généralités, en somme, le négativisme. Cette droite qui est dure, lourde, immuable.

En partant du jugement que les pauvres sont intrinsèquement des paresseux et des profiteurs, que les non-blancs sont dissemblables et irréconciliables, (même pour certains, que les femmes sont indignes de toute égalité), il semble facile et simple pour quiconque de régler tous les problèmes. Mais comment? Et à quel prix social?

J’en ai contre ce système de pensée qui n’accepte pas les demi-mesures, les compromis, qui pense à l’humanité comme à un troupeau en marche rapide: ce n’est pas bien grave si les plus faibles restent en arrière ou crèvent. Je ne suis pas non plus communiste, loin de là: mais on peut quand même se donner la main, non?

Ça m’attriste de voir la montée en flèche du racisme aujourd’hui et je ne peux que faire un lien avec la droite, désolé. Cette droite en réaction, en friction, qui prend toujours le chemin le plus court en écartant le contexte, bien trop raboteux: elle recherche la lisse pelisse du lieu commun pour s’en habiller, brandissant le sceptre de la vérité tronquée.

J’ai bien peur car à un plus petit niveau, elle revient encore nous hanter, empruntant le découragement collectif comme véhicule, encore une fois. Ceux qui s’embarquent dans cette voie sont-ils tous au courant qu’une idéologie transpire et tache?

L’histoire, les hécatombes ne sont pas encore assez pourpres?

Ajout:

À lire: Faire la différence

Politique: vous diriez-vous de gauche ou de droite?

Je suis tombé sur un sondage en ligne mené auprès des internautes par cyberpresse le 18 mars dont le sujet était: Politique: vous diriez-vous de gauche ou de droite? J’ai été assez surpris, je me serais attendu à plus de gens à droite, la situation étant ce qu’elle est.

De gauche: 32,3%
De droite: 24,6%
Au centre: 34,4%
Je ne sais pas: 3,9%
Ça m’indiffère: 4,8%

C’est drôle, ça ressemble presque aux intentions de vote pour les élections… Mais ça ne reflète pas du tout la représentation des trois partis qui sont plus à droite en général que ce que le sondage laisse voir dans la population.

Ce sondage est pour moi assez représentatif avec ses 11358 votes, quoiqu’il ne visait peut-être pas assez large (par exemple on pense aux personnes âgées moins présentes sur le net) et il reste quand même à un niveau volontaire, donc très peu scientifique (la marge d’erreur doit être très haute). Bon, il reste quand même lisible. Alors, j’en viens à la conclusion que, pareil à la division entre le souverainisme et le fédéralisme (peut-on déjà considérer aujourd’hui l’autonomisme comme une option sérieuse?), le Québec est divisé encore une fois!

Et la question que je me pose, si on peut croire que ce sondage dresse un tableau assez juste, est-ce que les gens se rendent compte qu’en général les partis sont plus à droite qu’eux? (En tout cas les lecteurs de cyberpresse…) J’en doute fort.

1-Pas besoin de dire que Mario Dumont et son parti sont très à droite, il ne s’en cache vraiment pas.
2-André Boisclair l’est aussi beaucoup personnellement mais il est muselé par sa base gauchiste, ce qui le retient au centre.
3-Et Jean Charest à le don de se servir de tout ce qui touche au social pour maquiller maladroitement son réel rôle de sbire en chef pour le lobby des corporations, donc à droite (vas-y Johnny! les banques et les compagnies d’assurances vont être contentes de recevoir nos 350 millions en cadeau! ça crève de faim c’te monde-là!).

Vive le profit libre! (Pour ensuite devenir:) Y’a trop de sans-abri!

Pour quand les premiers bidonvilles à Montréal?

Le temps de la quête (titre du texte à lequel je réfère)

Voici un commentaire que j’ai laissé sur le site gogauchewatch. Étant donné que je ne suis pas vraiment certain que l’ auteur du blogue laissera passer mon commentaire, je le laisse ici, question de ne pas avoir écrit dans le vide:

Bonjour, on vient tout juste de me faire de la publicité pour votre site. En général, la vision que vous proposez sur les sujets m’attriste.

En fait, c’est normal car je suis un artiste (c’est-à-dire quelqu’un qui n’a pas le droit d’avoir sa propre vision, peut-être un peu déformée par l’utopie je l’avoue, mais la vôtre l’est tout autant par le matérialisme). Et je ne vous dis même pas que je suis à gauche, j’y penche pour contrebalancer à ma manière, car je suis assez centriste, je prône un équilibre qui demande parfois des solutions aux antipodes.

Donc je ne cracherai pas ici sur vous car vous me semblez assez intelligent pour faire des analyses, quoique d’une manière trop manichéenne à mon goût.

Quant au sujet du texte sur le déséquilibre fiscal, vous semblez a priori croire que la date de tombée du budget fédéral relèverait d’une quelconque tombola, qui ne vient en rien faire de la propagande fédéraliste au moment même des élections pour graisser la patte des électeurs indécis et mous (peut-être que je me trompe sur votre opinion là-dessus…).

Mais j’aimerais comprendre ce que vous prônez, que le Québec tombe vraiment dans la dèche, mais pour prouver quoi? Que les péquistes, donc les gogauchistes (il ne faut pas oublier qu’il y a une faction très à droite dans le PQ), depuis le début du projet souverainiste, ont scrapés les finances du Québec? Ça serait oublier les libéraux… et ce sont aujourd’hui les adéquistes qui vont régler tous les problèmes, laissez-moi rire! (En plus d’être centriste, je ne me reconnais pas vraiment entièrement dans aucun parti… Pour comprendre mon point de vue, vous pouvez lire le texte plus bas, sur mon blogue, « Le Phénomène des blogues: vers une démocratie technologique ».)

Je ne suis pas très fort en économie ni en histoire mais je sais par contre que le fédéral a fait du ménage à Montréal et transféré ses pénates à Toronto depuis que l’option indépendantiste a pris de l’ampleur. Je suis encore canadien, donc je m’attends (en tant que québécois) à obtenir réparation quand je sens qu’on m’a mis des bâtons dans les roues… Et quand je vois du favoritisme économique évident du côté de l’aéronautique (domaine pourtant prétendument concentré au Québec), j’en tire des conclusions… C’est comme si le fédéral imposait des retombées directes pour le Québec sur le pétrole des Albertains (ce qui revient presque au même, selon votre lecture)! Alors, il faudrait se décider: ou nous formons une grande nation canadienne, ou nous devenons des états unis du Canada!

Enfin, je pense qu’il y a moyen d’avoir une économie florissante sans mettre les pauvres à la rue. Qu’il y a manière de faire payer un peu plus les riches sans pour cela leur faire faire faillite. Je pleure pour les pauvres mais pas pour eux…


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