La paresse de Justin Trudeau

Justin Trudeau devrait tourner sa langue sept fois minimum avant de traiter les unilingues de paresseux. Surtout, il devrait apprendre à penser deuxième, troisième degré, ce que tout bon politicien devrait être capable de faire, en pratique (peut-être pas certains mariodumontistes, il faut l’admettre…), puisque la politique et la stratégie sont indissociables. Et quand un bon ou un mauvais politicien n’est pas capable de le faire, il se réfugie du côté de la langue de bois (bon, c’est vrai que la langue de bois est stratégique, mais seulement quand elle est utilisée avec parcimonie, ce qui est plutôt rare; c’est comme un truc qui, quand il marche, devient une seconde nature…).

Or donc, Justin Trudeau devrait viser alors le trilinguisme en ajoutant celle-là, la boisée. Mais bon, il est tellement un merveilleux épouvantail pour éloigner le tranquille statu quo linguistique que je peux bien lui donner au moins ça comme point positif.

Par contre, j’aimerais le traiter de paresseux à mon tour, puisqu’on sait très bien que l’apprentissage d’une langue en bas âge est ce qu’il y a de plus facile. Et ça tombe que sa mère est anglophone et, à ce que je sache, cet homme n’a pas appris une autre langue que celles officielles dans son beau et grand pays. À ce compte, je suis beaucoup plus travaillant (si travaillant est le contraire de paresseux) que lui. J’étais complètement nul dans mes cours d’anglais à l’école et j’ai repris le temps perdu à temps perdu depuis quelques années. Est-ce que Justin a appris une langue depuis quelques années? Je ne crois pas. Celui qui le dit, celui qui l’est…

En parlant de bilinguisme, objectivement, combien de citoyens québécois ont réellement besoin d’être bilingues? À part pour les gens qui travaillent au service à la clientèle (même là un anglais assez basique permet de bien se débrouiller, tout dépendant des domaines), les P.D.G., et les autres qui ont à faire avec l’étranger, nommez-les, l’anglais peut encore être considéré comme un passe-temps, un apprentissage très agréable, et surtout à la discrétion de chacun.

Si la langue du travail au Québec est réellement le français, pourquoi le bilinguisme serait-il synonyme de succès, surtout si une personne ne pense pas aller travailler à l’étranger? Et on est en droit de se demander, qu’est-ce que le succès? Faire des masses d’argent? Ma définition du succès est plus large que ça et elle n’est pas incompatible avec quelque quidam que ce soit, unilingue francophone se débrouillant ou non en anglais.

Apprends l’anglais, tout va bien aller : c’est encore un autre foutu message répétitif qui n’est pas hasardeux. Ça fait un petit bout de temps qu’il y en a plein des comme celui-là…

Dans le fond, la paresse et la promesse de succès n’est que l’argument des lâches fédéralistes qui essayent de faire rentrer tout le monde dans leurs convictions, dans leurs rêves éveillés. Il faudra bien un jour les réveiller, et pour de bon, foi de Renart L’éveillé!

Et je vous laisse sur cette citation creuse du joufflu et rougeoyant Philippe Couillard (rougeoyant pour la couleur du drapeau bien sûr…), aperçue sur l’excellent blogue de Michel Hébert (et vous comprendrez que c’est celle-ci qui m’a influencé pour la deuxième moitié de ce texte) :

Le bilinguisme ne mène pas à l’assimilation, mais au succès

(Photo : ycanada news)

49 Responses to “La paresse de Justin Trudeau”


  1. 1 Sylvain février 14, 2008 à 7:30

    Je me demande à quoi ça sert d’être bilingue à St-Georges de Beauce? À part écouter Hockey Night in Canada… C’est peut-être ça! Pour comprendre les insultes de Don Cherry… Merci Justin!

  2. 2 Eric Bondo février 14, 2008 à 8:30

    Ah, ce Justin, quelle tare. Mais en même temps, quelle belle arme secrète pour les souverainistes. Avec des ennemis comme ça…

    Pour en revenir à la langue. Je ne crois pas que l’unilinguisme soit une question de paresse dans tous les cas, bien qu’il y en ait. Il y a aussi des unilingues par orgueil, ce qui ma foi, est bien triste. Une chose est sûre, c’est qu’à l’ère du village global, on serait niaiseux de ne pas valoriser l’apprentissage d’une seconde, d’une troisième ou d’une quatrième langue.

    Il n’y a rien à valoriser à la connaissance d’une seule langue. C’est un prérequis pour être considéré comme socialement viable. La base pour communiquer avec les autres. Et bien que l’importance de la langue nationale en fasse la première qui se doive d’être acquise, je trouve beaucoup plus valorisant le fait de savoir que le Québec est l’endroit en Amérique du Nord où il y a le plus de gens trilingues. Qu’on continue à mettre de l’avant la valorisation du Français, certes, mais valorisons d’autant plus cette curiosité et capacité d’ouverture envers l’autre que celle des polyglottes. Au diable le nivelage par le bas.

    En ce qui a trait à l’apprentissage d’une langue en bas âge, je crois que cette idée tient plus d’un vieux mythe des années 80-90 qu’à la réalité, et j’ai même sûrement lu ou vu quelque chose à cet effet il y a des années. Et s’il y avait une différence, ce serait dans la fermeture d’esprit plutôt que dans la capacité d’apprendre. Je suis sûr qu’il est plus dûr d’apprendre la neurochirurgie que l’anglais ou l’espagnol. Or, c’est à la mi-vingtaine qu’on forme les neurochirurgiens. La différence a probablement trait au fait que l’enfant plus jeune a plus de temps à y consacrer que l’adulte, n’étant pas pris dans un tourbillon d’obligations.

    Justement, ça me rappelle que ma mère prenait son premier cours d’anglais il y a de cela un mois. Je suis bien fier d’elle.

    Apprendre plusieurs langues, c’est rajouter des cartes dans son jeu. Apprendre des nouveaux trucs, c’est aussi rajouter des cartes dans son jeu. Personne n’est obligé, mais les unilingues, comme les ultra-spécialistes, se retrouvent défavorisés, puisque la connaissance d’une langue seconde, même si elle n’est pas obligatoire pour un poste, sera toujours considérée, avec raison, comme un bonus. Comme, par exemple, la connaissance de base de l’informatique. Et pour voyager, ça rend souvent les choses plus simples. Au 21è siècle, la mobilité risque de devenir gage de succès, et qui dit mobilité dit polyglotte.

    Bref, je dirais que la paresse n’a rien a y voir, mais j’ai bien l’impression que les unilingues ont un léger, voire important désavantage sur ceux qui maîtrisent plusieurs langues, surtout -même si c’est la langue de nos frères ennemis-, l’anglais, qui ouvre les portes du monde entier.

    Ce qui est le plus drôle dans cette histoire, c’est que pour une fois, unilingues francophones et anglophones s’indignent d’une même voix. Justin for the win.

  3. 3 gaétan février 14, 2008 à 11:37

    D’accord avec toi renart qu’on semble un peu trop faire accroire au monde que le succès passe nécessairement par l’apprentissage d’une autre langue. Le succès, particulièrement économique, repose plus sur un ensemble de facteurs,,dont la langue fait partie, que sur un seul élément.
    La connaissance de 2-3 langues ouvrent sûrement des horizons nouveaux mais dites moi combien d’américains, d’anglais( d’angleterre) et de français parlent 2-3 langues hormis les immigrés et ceux qui se destinaient à une profession qui nécessitait une 2ième langue.
    Le jour où les petits québécois du primaire parleront autant anglais que français on pourra dire adieu à la nation québécoise francophone après quelques générations ,la nature de l’humain étant de toujours choisir la facilité. Je ne suis pas un fan à tout crin de vlb mais je suis d’accord avec lui et je persiste à penser que mme.marois erre avec ses propos et met sérieusement en danger notre langue et qu’il faut cesser d’être un partisan aveugle du pq et la ramener à l’ordre avant qu’elle n’aille trop loin. Personnellement j’étais de plus en plus indifférent au pq depuis quelques années mais là je commence à le détester et je ne me gènerais sûrement pas dans les réunions de famille pour souligner à gros traits tous les faux-pas de ce parti depuis quelques années.
    J’ai toujours cru à l’indépendance du québec sur la base de notre différence pas pour seulement crisser le fédéral dehors et me faire botter le cul par une clique de seigneurs québécois aussi méprisant à mon égard que les fédéralistes. Et la langue française ou joual ben elle fait partie de ma différence. L’indépendance pour des raisons purement économiques très peu pour moi. L’indépendance pour ma langue, pour mon histoire, pour ce que je suis et pour l’affirmer haut et fort d’accord. Le reste n’est que leurre. Avant d’apprendre une 2ième langue commençons par apprendre qui nous sommes et soyons fiers de l’être ensuite on pourra penser s’offrir une 2ième langue.

  4. 4 Salette février 14, 2008 à 11:47

    Renart,
    Ton billet tombe vraiment à point pour moi. J’ai une anecdote (qui pour moi n’en est pas une mais une méchante douche froide). Il y a plus d’un an j’ai postulé pour un poste qui m’intéresse sérieusement. J’ai passé une par une les étapes du long processus. Examens, entrevues, CV, enquête de sécurité, personnes-références… Plus d’un an que ça dure.
    Je viens d’avoir une réponse. Refusée. Ils veulent une unilingue anglaise. Comprend bien que mon niveau d’anglais est plus que fonctionnel. En résumé, ils n’embauchent des francophones dont l’anglais est aussi bon que celui des anglo… dont l’anglais est très bon. Et préfèrent un unilingue anglais a de bons bilingues francais…
    Révoltant???

    p.s. oui le Renart en haut du carré jaune

  5. 5 françois février 14, 2008 à 13:00

    Moi, j’ai occupé plusieurs postes différents, dans des domaines différents. Si je n’avais pas appris l’anglais vers 10-12 ans, je n’aurais pu combler aucune de ces positions. Certes, j’aurais quand-même trouvé le moyen de survivre, mais avec un horizon beaucoup plus restreint.

    La seule façon de me voir éprouver du respect pour un unilingue, c’est si cela est le résultat de l’absence d’opportunités d’apprendre une deuxième langue. Et, il n’y a pas beaucoup de gens dans une telle situation en Occident.
    Comme Éric le souligne plus haut, nous en sommes à l’ère de la mondialisation. Peu importe comment cela se traduit dans notre quotidien, comprendre la réalité des autres peuples, ou à tout le moins, pouvoir communiquer avec eux, est une nécessité sur laquelle tous conviendront.
    Partant de cela, j’ai peine à croire que quiconque oserait militer pour l’unilinguisme. Ça fait vraiment « petit peuple »…

  6. 6 renartleveille février 14, 2008 à 13:54

    Sylvain,

    tout à fait, il ne faut pas non plus se mettre la tête dans le sable…

    Eric,

    je constate que tu marches sur des oeufs, mais il reste que je vois une partie de ton discours comme étant, pour tricoter une belle expression : la tyrannie des connaissants. C’est un réflexe qui fait en sorte de tout ramener sur soi. C’est comme si tu me disais : si moi je suis polyglotte et que je pense que je suis ouvert d’esprit, les unilingues doivent bien l’être moins que moi! Eh! bien moi, je te réponds, dans la même veine, étant donné que l’art visuel (ou l’art contemporain) est un langage, que je suis donc bien plus ouvert que beaucoup de gens parce que je le comprends ce langage, contrairement à la majorité de la population…

    Rendu là, on parle du côté utilitaire de la langue, et oui j’admets qu’il est peut-être plus utile d’apprendre l’anglais que toute autre langue, enfin pour l’instant. Mais je prône le droit de pouvoir vivre complètement en français, et de consommer des produits culturels dans cette langue, ultimement, même si je sais que c’est pratiquement impossible : je ne ferai pas non plus de ségrégation anglophone, surtout au niveau de la culture… Mais il y a des gens qui font carrière en traduction, et tu le sais bien.

    Je répète ce que je disais à la jeune blogueuse Mia, à la suite de mon billet « Vive l’arrogance » :

    « Je te donnerais l’exemple de mes parents, et même de ma famille tout entière, car je suis le seul qui est capable de se débrouiller un peu en anglais. Qui ça dérange si tout ce beau monde passe sa vie à vivre seulement en français? Qui ça dérange si moi je préfère regarder mes films en version traduite étant donné que ça me demande un effort de concentration pour comprendre, alors que la plupart du temps j’écoute un film pour me détendre? Qui ça dérange si ma vie culturelle, ce qui m’intéresse se passe majoritairement en français? Je n’écoute pas toutes les séries anglo-saxonnes à la mode et ça ne me rend pas moins intéressant…

    Ça m’énerve un peu la prétention qui dit que TOUT le monde devrait savoir l’anglais, c’est tout. Et ça me fait penser à une anecdote, justement. Nous jouions à un jeu de société pendant le temps des fêtes, Scene it! je crois, un jeu qui se joue sur une console. Bon, le jeu est traduit en français, mais il y avait une section où on voyait des scènes de film, et elles n’étaient pas traduites, ni sous-titrées… Personne ne comprenait absolument rien, même moi, et j’étais en beau fusil! Si quelqu’un achète ce jeu en version française, c’est peut-être parce qu’il ne comprend pas l’anglais!

    Pour finir, je comprends tout à fait ton enthousiasme alors que tu apprends ces langues, mais ce qui est bon pour toi n’est pas nécessairement bon pour tous. Je sais que ça peut avoir l’air bizarre puisqu’on parle de langues, d’univers, de cultures, mais chacun ses priorités. »

    Je continuerai dans la même lignée avec François.

    Gaétan,

    oui, dans le discours utilitaire du bilinguisme, on semble oublier la consolidation de l’utilité du français, c’est tout dire…

    Salette,

    Révoltant, tu dis!!!

    Je connaissais cette discrimination autour de l’accent, merci de me la rappeler, elle est bien la preuve qu’au Québec les francophones sont parfois traités comme des citoyens de second ordre même s’ils sont majoritaires…

    François,

    « Ça fait vraiment “petit peuple”… »

    Quelle belle image pour montrer la différence entre la réalité et la théorie! Parlons-en du « petit peuple »! Tu es au courant que c’est sûrement la majorité de la population ça! Et en plus partout dans le monde c’est comme ça. Et c’est plutôt rare les peuples dont la population est multilingue, peut-être plus en Europe où les pays sont petits et proches les uns des autres. Mais si on regarde l’Amérique, le Québec est une exception tellement il y a du bilinguisme.

    Je n’ai pas besoin de répéter ce que j’écrivais à Eric plus haut, alors je vais aller plus loin. Sans le « petit peuple » unilingue qui vit et consomme en français, on ne parlerait déjà plus de tout de ça et on s’écrirait en se moment en anglais, j’en suis sûr. Certains diraient que ce ne serait pas bien grave, mais moi je ne suis pas d’accord, car je crois en la diversité, et ma langue — est-ce que j’ai besoin de rappeler que je pense en français? — fait en sorte de me démarquer, comme tous mes compatriotes, de ceux qui pensent dans une autre langue. Voilà la base de ma pensée. Je sais bien que ce serait bien plus pratique pour les grandes corporations si le monde entier avait la même langue, mais je n’en ai rien à foutre, ils perdront quelques profits pour faire traduire…

    Quand tout le « petit peuple » sera bilingue, ça sera le début de la fin, le Québec va s’angliciser à un rythme fou, est-ce que j’oserais dire, par paresse…

  7. 7 gaétan février 14, 2008 à 14:33

    Je ne saurais mieux dire renart.
    Ha la mondialisation… l’invention du siècle! Cessons d’être petit peuple et parlons tous anglais c’est l’ère de la standardisation. Plus d’américains, plus de québécois. Plus de frontières, que des esclaves travaillant pour assouvir son besoin de consommation. Bon je m’éloigne -)

  8. 8 françois février 14, 2008 à 14:41

    Ça commence à sonner comme une autre campagne de peur, Renart.

    Sans vouloir faire arrogant ;), je vais quand-même me prendre comme exemple pour démontrer qu’il est possible de continuer d’exprimer un réel souci pour la qualité de sa langue première et de rester ouvert à l’apprentissage d’autres languages, dans mon cas l’Anglais.
    Je fais des fautes, comme tout l’monde. Mais je relis tout-de-même mes textes et m’assure que c’est le plus net possible. Je m’aventurerais même à dire que globalement, les polyglottes sont plus soucieux de la qualité de leur maîtrise d’une langue, qu’elle soit maternelle ou seconde, ou troisième…

    Donc, si moi et d’autres exemples vivants démontrent qu’il est possible de s’ouvrir à d’autres cultures sans que ne s’estompe celle qui nous berce, où est la menace?

  9. 9 françois février 14, 2008 à 15:06

    Bon, juste pour m’aider à faire passer mon point, j’aurais dû écrire ma phrase précédante dans un Français plus correct, soit :
    « … si moi et d’autres exemples vivants démontrONS qu’il est possible de s’ouvrir à d’autres cultures sans que ne s’estompe celle qui nous berce, où est la menace? »

    Désolé; personne n’est parfait!
    héhé

    Reste que tout se joue au niveau de l’intérêt qu’une langue (et/ou sa culture associée) suscite auprès des gens. Moi, j’ai regardé beaucoup de mouches voler dans bien des classes du primaire et du secondaire (ahh, le bon temps!). Pourtant, même si ça n’était pas « in », un cours de Français, j’éprouvais une certaine satisfaction de savoir que je ne faisais pas un fou de moi avant même que le sens de mes mots n’arrive à l’attention de ceux qui m’écoutent ou me lisent.

  10. 10 renartleveille février 14, 2008 à 15:16

    Gaétan,

    je ne trouve pas que tu t’éloignes tant que ça…

    Si les grands de ce monde parlent anglais, ils ont tout à gagner à ce que le monde entier comprenne leur langue, leur message en sera donc plus clair.

    François,

    non, pas campagne de peur, juste un point de vue sur le long terme.

    Mais je te lis et, sans vouloir te vexer, je reconnais Justin, car, son accusation de paresse se référait à ce qu’il pense de lui-même, il se croit « too much » parce qu’il est l’incarnation du bilinguisme, dans tous les sens du terme. Et tu fais un peu la même chose, te référer à toi-même.

    Peut-être que mon point de vue peut te paraître stupide, mais au moins j’essaye de penser extrinsèquement le plus possible, l’exemple de mes connaissances en art contemporain que je donnais à Eric est assez démonstratif.

    Je crois qu’il y a des batailles plus urgentes que le bilinguisme total québécois. Entre autres parce que je ne pense pas que le but soit l’ouverture d’esprit des citoyens, au contraire, c’est seulement utilitaire.

    Mais une question, tous tes emplois qui t’ont demandés de savoir l’anglais, c’était technique ou seulement par caprice de tes patrons? Et une autre, est-ce que tu travaillais au Québec ou à l’étranger?

  11. 11 Le Détracteur Constructif février 14, 2008 à 15:30

    Comme je l’ai toujours dit, un employé d’une usine n’a absolument aucun besoin de connaitre l’anglais pour savoir faire son travail.

    Pour ce qui est du service à la clientèle INTERNATIONAL (ou interprovincial, à la limite), je comprends tout à fait qu’on demande à un employé d’être bilingue. Sinon, comme chacun le sait, la plupart des anglophones peuvent très bien se débrouiller en français.

    Sinon, bien que connaitre deux langues c’est en théorie être supérieur (comme le dirait Bourgault), il n’empêche que nous prenons toujours mieux soin de la langue qui nous sert le plus. À nous, nous tous, de faire en sorte qu’il s’agisse du français.

  12. 12 françois février 14, 2008 à 15:50

    Renart,

    Le seul emplois dans ceux que j’ai occupés ne nécessitant pas le caractère builingue se trouvait dans le domaine des services techniques à domicile (installation). Simplement car le travail se faisait en équipe et que celles-ci étaient constituées en s’assurant qu’au moins un des équipiers était bilingue. Même içi, ma connaissance de l’Anglais m’aura permis d’évoluer plus rapidement dans ce milieu, car l’employé builingue devient vite un pivot pour la constitution des équipes de travail.

    Deux postes nécessitaient des déplacements en Europe et aux USA pour de la coordination de projets en développement informatique, avec l’Anglais d’usage dans 80 à 90 % des cas.
    Bon, j’vais arrêter car ça prends des airs d’entrevue.

    Tu me vexes, en effet.
    C’est absolument ridicule de ramener le contenu du texte à cette personification, que je prends d’ailleurs la peine de souligner avec un clin d’oeil ET, de renforcer avec la mention des « autres exemples vivants ».
    Trouves mieux que ça, stp.

  13. 13 renartleveille février 15, 2008 à 1:41

    Le Détracteur Constructif,

    pour ce qui est de Bourgault, je crois, peut-être que je me trompe, que le sens de supérieur dans son cas a un lien avec le fait d’avoir la même arme que l’ennemi. Son amour pour le français était inconditionnel et monogame, si je puis l’illustrer ainsi. Mais maintenant la rhétorique guerrière dans le débat linguistique est impossible, puisqu’il est en mode défensif, et surtout, à-plat-ventriste…

    François,

    il n’y a franchement rien pour être vexé, on discute! 😉

    Par contre, je continue de croire que le fait de regarder la situation de manière anecdotique est spécieux, car, quand tu écris « Je m’aventurerais même à dire que globalement, les polyglottes sont plus soucieux de la qualité de leur maîtrise d’une langue, qu’elle soit maternelle ou seconde, ou troisième… », je peux retourner ça facilement en disant que de mon côté je suis un maniaque de la qualité de langue française écrite (et de plus en plus de celle parlée, du moins j’essaye) et pourtant je ne me considère pas polyglotte. Tu ne peux donc pas généraliser de la sorte par rapport à ton expérience.

    Tout ce que je veux dire par là, c’est qu’il n’y a pas de règle définie, pas de pronostic clair à faire avec des approximations basées sur du cas par cas, encore plus le tien et le mien. J’aimerais simplement qu’on se place en omniprésence (fictive, bien sûr), au contraire de Justin Trudeau qui se place en omnipotence par rapport aux sujets qu’il aborde.

    Questionnons-nous sur les répercussions qu’auraient globalement un bilinguisme absolu en se basant sur l’état de la société québécoise et non seulement sur comment tu et je concède à l’anglo-mondialisation.

    Le gros danger que je vois c’est la fusion entre l’utilitaire et la culture, surtout là où la culture est assujettie à l’utilitarisme, et grandement avec l’apport de l’anglais comme langue hégémonique. Et encore je regarde ça de l’oeil de celui qui s’exclue, je pense à ceux qui veulent se casser le moins possible la tête, et on revient encore au concept de paresse. Si le « petit peuple » a à choisir entre l’anglais et le français dans le monde qui se dessine, je suis certain que ça va tous nous perdre, puisqu’encore dans l’inconscient collectif le francophone en Amérique est un perdant, l’anglophone un gagnant. Quand nous serons tous bilingues, il y aura la moitié du chemin de fait. C’est la triste réalité.

    C’est certain que tu ne vas pas être d’accord, car tu es bilingue, la langue anglaise est une partie de toi, et j’insulte avec mon propos cette partie. J’en suis désolé. De mon côté, je subis l’anglais, comme je subis les fatigantes qui viennent me demander des chansons… 😉

  14. 14 Le Détracteur Constructif février 15, 2008 à 6:42

    @Renart : Dans ma phrase à moi, en tout cas, je parlais de la supériorité quant aux aptitudes susceptibles d’être utiles à l’emploi 😉

  15. 15 Arnold S. février 15, 2008 à 9:39

    Ah! Vous êtes trop méchants envers le beau Justin 😉

    ___________
    En parlant de bilinguisme, objectivement, combien de citoyens québécois ont réellement besoin d’être bilingues?
    __________

    La question n’est pas là. Le bilinguisme est la condition sine qua non pour évoluer et faire des affaires dans le monde maintenant. Un québécois unilingue est un québécois prisonnier du p’tit Québec, aussi beau soit-il.

    Un québécois bilingue, c’est un québécois entrepreneur potentiel. Pouvons-nous réellement nous priver d’élargir notre bassin potentiel d’entrepreneurs au Québec??

    Et ne venez surtout pas me parler de l’ouverture vers la France et la francophonie….Dans l’Hexagone, les québécois sont soit une non-entité ou soit de sympathiques cousins, un peu ploucs et légèrement tarés.

    De toutes façons, la langue parlée par 80% des québécois d’origine française n’est pas le français, c’est le québécois, une sorte de français créolisé que personne ne comprend dans la francophonie. C’est triste, mais c’est la réalité (dixit Pr. H. Wittman: http://homepage.mac.com/noula/ling/1973a-joual.pdf )

    Ouvrez grand vos oreilles, vous entendrez…. (« ana braillé ène shote »…)

    __________
    …. surtout si une personne ne pense pas aller travailler à l’étranger?
    Qui parle d’aller seulement travailler?? On peut faire des affaires, faire des projets et même faire du FRIC à l’étranger!
    (Ah! Mon Dieu, pardonnez-moi pour ce gros mot….)

    C’est la mondialisation les amis….Réveillez-vous.

  16. 16 renartleveille février 15, 2008 à 10:37

    Le Détracteur Constructif,

    tu ne citais pas la pensée de Bourgault?

    Arnold S.,

    « La question n’est pas là. Le bilinguisme est la condition sine qua non pour évoluer et faire des affaires dans le monde maintenant. Un québécois unilingue est un québécois prisonnier du p’tit Québec, aussi beau soit-il. »

    quelle est donc le pourcentage de gens en affaire au Québec? Sûrement pas cinquante pour cent en tout cas…

    Je mettrais ma main au feu que la très grande majorité des gens en affaire son déjà bilingue, puisque s’ils sont en affaire, ils ont le sens de l’opportunisme, et ils ont appris la langue des affaires. Alors, maintenant, on peu laisser tranquille les travailleurs unilingues francophones, enfin ceux qui peuvent encore se payer se luxe?

    « Un québécois bilingue, c’est un québécois entrepreneur potentiel. Pouvons-nous réellement nous priver d’élargir notre bassin potentiel d’entrepreneurs au Québec?? »

    N’importe quoi! C’est de la rhétorique fade. L’unilinguisme n’empêche personne de se lancer en affaire, a priori. J’imagine le tata qui laisse tomber une occasion en or de se faire plein de pécule parce qu’il est trop paresseux…

    Et merci de nous rappeler c’est quoi le joual. J’espère qu’il va disparaître tranquillement avec l’apport des immigrants qui parlent un français plus international. La seule chose que je ne voudrais pas voir disparaitre, ce sont les mots typiques québécois, qui enrichissent le corpus lexique francophone.

    Mais encore, je trouve qu’il y a un aussi gros problème avec le français de certains Français, quand « français » sonne comme « fronçais », je fronce les sourcils… Mais ils sont plus nombreux que nous et nous sommes habitués de les entendre, et donc de les comprendre. Quoique, dans certains films français, de France bien sûr, certains acteurs articulent tellement mal que c’est pratiquement incompréhensible.

    Et je passerai sur le fatalisme qui accompagne de plus en plus la mondialisation. Fatalisme que je partage, mais dans un autre sens…

  17. 17 françois février 15, 2008 à 10:58

    Renart,

    Pour le vexage : Si tu vois JT en moi, ne me le dis pas, stp. 🙂 La seule phrase dans laquelle j’aimerais voir son nom parlerait de son expulsion du Canada. Ou mieux, l’isolerait dans le ROC, avec un tag « Persona Non Grata » officiel du Québec.

    Ce qui me déplait, c’est le fait d’associer automatiquement anecdote et sentiment de supériorité. Mon but n’était pas de dire comment je suis bon car je connais plus qu’une langue; mon but était de dire que, dans le monde qu’on connait, il y a plus d’avantages pour un individu qui connait plus d’une langue.
    Y’é pas meilleur que les autres!!!
    Y’a juste plus d’outils dans sa boîte!

    Souvent, ce qui cause une peur, c’est l’inconnu.
    Tout ce qui touche aux caractères distincts du Québec en est imprégné. Incluant, et surtout, la langue.
    Aucune donnée existante ne permet de lier bilinguisme et piètre qualité du Français au Québec. Même que, à voir la qualité du Français de nos étudiants du poste-secondaire (majoritairement unilingues), je me dois de ré-itérer mon hypotèse mentionnée plus haut, à savoir qu’une personne maîtrisant plus d’une langue (donc, qui aime assez cela pour augmenter son capital linguistique en y mettant l’apprentissage nécessaire) démontre déjà un potentiel accru pour intégrer l’aspect qualité dans son apprentissage et dans sa maîtrise des éléments appris.

    Une autre façon de le dire :
    L’unilingue connaît sa langue maternelle. La langue maternelle ne nécessite aucun effort décidé, ou voulu, pour son apprentissage et sa maîtrise à un niveau acceptable.
    Celui ou celle qui apprend une deuxième langue le fait consciemment, normalement par choix. Dès lors, cette langue n’est plus une chose « imposée », comme la maternelle, mais bien, souhaitée. C’est cet intérêt dédié à la tâche qui me fait dire qu’un polyglotte doit invariablement être mieux disposé envers la qualité d’une chose pour laquelle il s’est investi.

  18. 18 françois février 15, 2008 à 11:17

    … Et je ne dis pas que tous les unilingues sont des tares dans leur maîtrise du français. T’en es toi-même un bel exemple, Renart.
    C’est une tendance, seulement.

  19. 19 renartleveille février 15, 2008 à 11:40

    François,

    parlons des talents de chacun, du contexte dans lequel nous nous trouvons, avec les pour et les contre, pas d’une formule magique, d’une explication toute faite, qui comprendrait des exceptions, comme moi par exemple…

    Je vais te raconter une histoire me concernant. J’ai gagné au cégep un concours pancanadien d’art plastiques qui, en plus de m’avoir donné un très bon prix en argent, m’a fait exposer au Musée des Beaux-Arts à Ottawa, avec un petit voyage là-bas pendant 3-4 jours, toutes dépenses payées. Il y avait 10 gagnants, dont 2-3 Québécois. J’étais le seul à ne pas bien parler anglais. Il a fallu que je me lance et après trois jours, ça allait pas mal bien. Même qu’il m’a fallu au retour un jour ou deux d’adaptation pour recommencer à penser en français, car je cherchais mes mots.

    Donc, ce que j’essaye d’expliquer, c’est que la capacité d’apprentissage est là (et je pense qu’elle l’est pour tous : l’humain est un champion de l’adaptation), le contexte aussi. Je ne vis pas à Ottawa. Je vis dans un milieu francophone, je passe de grandes parties de ma journée à écrire en français. Et je peaufinerai mon anglais quand je sentirai que j’en aurai besoin. Je n’ai pas à me sentir coupable ni inférieur pour autant. Et les unilingues francophones qui font leur petite vie ne devraient pas se sentir obligés d’apprendre une langue quelconque s’ils ne sentent pas que c’est utile pour eux.

    Sauf que la tendance idéologique actuelle est à la culpabilisation, à propos de tous les aspects de nos vies. Il ne faut pas ralentir la venue des produits et des idées issus de l’anglo-mondialisation. Il faudrait vouloir avoir plus, toujours plus. Se contenter de peu, ce n’est pas bien vu. Et je ne parle pas bien sûr du monde objectif des idées. Faire plus d’argent, apprendre l’anglais pour faire plus d’argent, c’est ça la nouvelle religion.

    Je me permets bien humblement de tout remettre ça en cause.

  20. 20 françois février 15, 2008 à 12:30

    Ce qui n’est pas bien vu, et à juste titre, c’est qu’un unilingue crie haut et fort, carrément sur tous les toits, que ça le fait chier que le fait de connaître plus d’une langue soit un avantage, au minimum économique, au mieux social, et que lui ou elle ne fait pas partie de ceux qui ont sauté sur la première occasion d’apprendre ce qui s’avère être, en effet, un réel avantage dans bien des domaines, si ce n’est dans la majorité.

    Autre chose pas bien en vue, c’est d’en rajouter en insistant sur le fait qu’il ne faille pas s’en sentir diminué. Personne, en tout cas pas moi, n’exige qu’on dresse une liste de ceux qui ne parlent pas deux langues et plus, et qu’on rie de ces gens à tout rompre pour qu’ils se sentent diminué.
    C’est pas ça le but. Le but, c’est juste de dire que ça constitue un avantage. C’est tout. Si quelqu’un y voit une motivation pour tenter d’apprendre une nouvelle langue, TANT MIEUX. Sinon, TANT PIS. Y’a pas de conséquences dans l’ensemble, et y’a pas moins d’amour (d’autrui ou autre).

  21. 21 renartleveille février 15, 2008 à 12:52

    J’ai comme la bizarre impression de me faire attaquer personnellement…

    En tout cas, je ne pourrais pas bien sûr nier cet avantage, mais j’aimerais bien qu’il reste relatif, et au niveau du choix. Pour ce qui est de l’avantage social, puisque ma sociabilité se concentre autour de la francophonie, je suis bien désolé, mais il est intentionnellement bloqué pour ma part. Quand j’ai le choix, donc que je ne suis pas tenu de parler anglais pour mon travail, et que je suis certain que la personne devant moi n’est pas un touriste, donc un anglophone unilingue qui fait sa vie au Québec, je m’abstiens de lui parler, parce que je considère que c’est une marque d’irrespect que de ne pas se donner la peine d’apprendre la langue d’usage commune au Québec, qui est le français. Et un anglophone bilingue qui s’adresse à moi en anglais m’insulte.

    Mais bon, ç’a l’air que c’est de moins en moins grave…

  22. 22 françois février 15, 2008 à 12:56

    Quand je dis « Personne, en tout cas pas moi, … », c’est faux. En effet, j’ai moi-même souligné l’aspect « petit peuple ». Ce qui fait pas mal condescendant…
    Le fait est que c’est la façon d’instantanément se replier derrière une barricade qui m’énerve. La barricade du genre : ‘Tu es différent, donc tu es dans le gang opposé. » …l’opposant.

    Peut-on s’entendre sur le simple fait que maîtriser l’anglais au Québec est un avantage indéniable pour non-seulement ses poches, mais aussi pour la quantité de sources distinctes d’information auxquelles on se donne accès?

  23. 23 françois février 15, 2008 à 13:10

    C’est un peu dirigé vers toi, pour faire suite à tes propos (on participe quand-même à la même conversation, içi). Mais, c’est nettement plus dirigé vers la masse de Québécois qui a cette fâcheuse habitude de se barricader derrière des dogmes construits eux-mêmes sur une Histoire du Québec pas toujours bien métrisée. En fait, majoritairement peu connue de cette masse.

    Tu me connais, Renart. J’ai bien déblatérer comme on se le permet içi. Et s’il m’arrive d’user d’un ton ou d’un mot moins diplomate de temps à autres, je m’en excuse d’avance et te demande juste de te souvenir que je suis un « bouillant » de caractère. Tout est relatif.
    🙂

  24. 24 renartleveille février 15, 2008 à 13:23

    « Peut-on s’entendre sur le simple fait que maîtriser l’anglais au Québec est un avantage indéniable pour non-seulement ses poches, mais aussi pour la quantité de sources distinctes d’information auxquelles on se donne accès? »

    Je ne comprends pas pourquoi tu t’agrippes à ça. C’est comme demander si un marteau est utile pour planter des clous. C’est une évidence. Mais y’a des gens qui n’ont pas de marteau, ils se débrouillent avec les moyens du bord ou, quand c’est trop gros, ils engagent quelqu’un avec un marteau…

    Je suis pratiquement tout à fait capable de trouver toutes les informations que je veux en français et j’aimerais bien que ça continue. Quand toute la planète comprendra l’anglais, il n’y aura plus de raison d’avoir du contenu dans les autres langues. Pour la musique populaire, c’est déjà presque gagné. C’est la vie des langues extra anglophones qui oblige encore à la traduction. L’unilinguisme des francophones du monde entier est une des garanties, et peut-être la plus forte, de la pérennité du français.

    Oui, ça serait un avantage si nous étions déjà assimilés, oui ça serait un avantage si le monde entier était assimilé, et c’est ce qui s’en vient, même si ça ne sera peut-être pas par l’anglais. Oui c’est un avantage, mais pas du côté culturel. Je repense encore à l’exemple de la musique populaire où une bonne partie de la population québécoise est allergique au français, et j’en ai été victime moi-même, étant donné que mes paroles de chanson sont en français. Je suis même certain que beaucoup de gens n’embarquent pas dans les séries d’ici parce qu’ils sont abonnés aux séries états-uniennes et parce que ça fait donc drôle d’entendre parler des acteurs en québécois…

    Alors oui un avantage, mais qui nous fera perdre aussi d’un autre côté, mais bon si on fait de l’argent tout va bien, non? 😉

  25. 25 françois février 15, 2008 à 13:57

    C’est rendu un discours de sourds.
    En me fiant à ton dernier clin d’oeil, je dirais qu’au prochain, tu me qualifieras de fédéraliste de droite… 😉

    Les deux emplois que j’ai occupés dans la coordination de projets, comme je le disais, me faisaient voyager pas mal. Quand je rentrais au Québec, j’ai toujours ressenti ce même bonheur de rentrer dans SON environnement. Celui qu’on reconnait et qui nous rassure. Sauf dans le cas de YUL (où toutes les conversations débutent en anglais), tout se faisait – et se fait encore – en français. Dès le quai des taxis de l’aéroport, c’est en français que ça se passe.

    Somme toute, je dirais que le fait de connaître l’anglais diminue grandement, chez le Québécois, cet imposant sentiment de persécution qui teinte l’ensemble de ses relations avec la culture anglosaxone.
    C’est probablement pour cette raison que j’ai du mal à embarquer dans ton train…
    Et, je ne le jurerais pas, mais je suis presque sûr que je me suis mis à aimer encore plus ma langue française maternelle le jour où je me suis ouvert à une seconde langue.

  26. 26 renartleveille février 15, 2008 à 14:54

    Pourquoi « discours de sourd »?

    Je ne fais qu’essayer de te faire voir l’autre côté de la médaille. Je n’adhère simplement pas au discours jovialiste qui dit que le bonheur suprême arrivera avec le bilinguisme, j’ajoute seulement qu’il y aura des contrecoups à ces avantages.

    « Et, je ne le jurerais pas, mais je suis presque sûr que je me suis mis à aimer encore plus ma langue française maternelle le jour où je me suis ouvert à une seconde langue. »

    Grand bien te fasse mon ami, mais tu ne peux pas prévoir si ça fera ça à tout le monde. L’autre jour, j’étais dans le métro, et j’entendais deux jeunes filles parler ensemble en anglais. Ç’a duré un bon bout de temps et, juste avant que j’arrive à mon arrêt, elles ont passé au français pour une phrase ou deux, un français sans accent, en passant, et elles sont retournées à l’anglais.

    Loin de moi l’idée de juger cet état de fait, et de ces deux jeunes filles en particulier, mais cela démontre bien vers où on s’en va avec le bilinguisme mur à mur. Il reste qu’une langue est vivante si on l’utilise, c’est comme ça. Si on l’utilise à moitié, elle est quand même à moitié morte, jusqu’à ce qu’elle meure, puisqu’elle ne sera plus utilisée. Je sais que plusieurs s’en contrecrissent, mais j’ai le droit de trouver ça déprimant.

    Oui, si on regarde seulement ça du côté « on communique avec le monde », c’est merveilleux, je le comprends, mais j’ai bien peur qu’il y ait un prix à payer.

  27. 27 françois février 15, 2008 à 16:09

    On va quand-même pas se mettre à obliger les gens à se parler en français dans toutes circonstances!?
    La Police de la langue, sous sa forme de loi 101, fait parfaitement le travail avec l’affichage. Pas nécessaire de verser dans le zèle.

    Personnellement, quand je verrai tes lecteurs perdre leur français au fil de leurs commentaires, je commencerai à m’inquiéter.
    Et, ne pas trouver la situation déprimante ne veut pas dire qu’on se contrecrisse du sort du français au Québec.

  28. 28 renartleveille février 15, 2008 à 16:17

    « Personnellement, quand je verrai tes lecteurs perdre leur français au fil de leurs commentaires, je commencerai à m’inquiéter. »

    Ha ha!

    « On va quand-même pas se mettre à obliger les gens à se parler en français dans toutes circonstances!? »

    Tu sors ça d’où? De l’histoire des jeunes filles? J’ai bien spécifié que le but de cet exemple n’allait pas dans ce sens.

  29. 29 ebondo février 15, 2008 à 16:31

    Wow, vous devez avoir des crampes aux doigts.

    Renart, je crois que tu es plus que dû pour ta carte de la SSJB.

    En tout cas, n’oublie pas une chose cher Renart. Tu ne gagnes même pas ta vie en Français. Au moins 80% des tounes que tu fais jouer et qui intéressent le monde grâce à qui tu gagnes ton pain sont en anglais. Tu voudrais faire du 100% français et tu serais comme le bar de Michel Brûlé : hors du marché. Ça te déplait, et c’est ton droit, mais des goûts et des couleurs on ne discute pas. L’anglais est au goût du jour côté économique et c’est pas la fin du monde. Le monde dort au gaz sur bien pire que ça…

    Que ça te frustre, je peux comprendre. De là à en faire une croisade pour le strict minimum, pour le nivellement par le bas, j’en reste bouche bée. C’est l’art de mettre de l’huile sur le feu. Une chose est sûre, c’est pas dans la confrontation que ça se règle; ça fait un bout que la confrontation dure et ça s’est jamais réglé. À moins que la confrontation ne soit que le fait d’intellectuels et que la masse ait décroché depuis belle lurette.

    L’apprentissage de langues étrangère est un ajout à la culture. C’est un plus. Tu l’as pas, tant pis, y a toujours moyen de s’arranger mais c’est pas toujours facile. Tu l’as, tant mieux, la vie sera moins chiante.

  30. 30 renartleveille février 15, 2008 à 18:28

    Eric,

    je suis d’accord avec la majorité ce que tu écris, à part ton interprétation de mon travail de DJ, alors je ne vois pas le problème que tu me trouves… Je suis surtout d’accord parce qu’on ne parle pas de la même chose. Et encore plus, ce que tu prends pour une maturité à mon adhésion à la SSJB n’est qu’une petite idée de précaution, que j’exagère pour la faire comprendre.

    On ne parle pas de langues étrangères, on parle de l’anglais comme deuxième langue obligatoire pour tous et des possibles répercussions sur la pérennité du français dans l’avenir, au-delà du fait que oui, c’est bien pratique d’avoir une langue mondiale commune. Je sais que tu t’en fous complètement de l’hypothétique disparition du français, et je dis bien hypothétique pour rester réaliste, t’es rendu plus loin que ça! T’as tout à fait le droit de t’en foutre, j’ai tout à fait le droit de m’en inquiéter. Ça devient un peu lourd de vous voir me rentrer dedans parce que je prends ce parti, qui me semble assez sain dans une démocratie.

    Pour ce qui est de mon travail de DJ, j’aimerais bien passer beaucoup plus de francophones et du québécois en particulier, mais des trucs plus pop et connus, ça sonne pratiquement tout le temps comme des tounes de feu de camp, je passe des chansons pour danser, c’est tout.

    « Tu l’as, tant mieux, la vie sera moins chiante. »

    Mais c’est quoi cette suite de jugements de valeur : ma vie serait chiante parce que je ne suis pas parfaitement bilingue?

    S’il vous plaît, arrêtez, ça commence à aller un peu trop loin…

  31. 31 Loi 101, yes février 15, 2008 à 18:53

    Il faut s’avoir accepter la réalité et l’importance de la communication inter-culturelle. Je parle quatre langues dont trois avec une certaine fluidité; c’est un très beau cadeau que l’on puisse s’offrir et offrir aux autres. Cela ne m’empêche pas d’aimer et défendre notre très complexe, mais ô combien fragile langue! Justin est de son temps, c’est un autre créateur de clips et d’idées creuses, mais il y a un fond de vérité dans ce genre de déclaration… Même chose pour ceux qui refusent de consommer des musiques venues d’Afrique, d’Asie ou de L’Amérique Latine et aiment mieux acheter ce n’importe quoi du monde occidentale. Nous sommes chanceux d’être au coeur d’une époque où tout est possible et à portée de main.

  32. 32 ebondo février 16, 2008 à 5:56

    Je pense qu’on a cerné le coeur du problème. Je ne me fous pas de ma langue maternelle. Là-dessus on ne se comprend pas. Ce sur quoi on s’entend, par contre, c’est ton inquiétude. Votre inquiétude, dois-je dire, en parlant de ceux qui partagent le point de vue alarmiste sur la question de la langue.

    L’inquiétude, c’est ce qui fait qu’on est encore coincés comme des caves dans ce pays après tout ce temps. C’est le bouton sur lequel les fédéralistes, les tyrans, les pourris de ce monde appuient quand ils veulent faire marcher la plèbe au pas. C’est tout sauf une émotion saine et fertile dans la recherche de solutions créatives. L’inquiétude, c’est la recherche d’ennemis, de bourreaux, de bibittes, de problèmes, de boucs émissaires. Je ne sais s’il sort quelque bien du coeur qui a la chienne. Je sais par contre que la peur fait commettre les pires atrocités au nom de la « protection » de quelque chose qui, parfois, n’est menacé que par notre perception des choses, voire de nous-même.

    Je trouve, et je ne suis vraiment, mais vraiment pas le seul par les temps qui courent, que les souverainistes se comportent en chieux, plus chieux que ceux qui n’ont jamais voté OUI, chieux de Pauline la grande prêtresse jusqu’au aux scribes de la blogosphère. Ça sent le caca nerveux quand on les entend parler et ça m’attriste au plus haut point. Quand c’est dans la famille, ça choque toujours un peu plus.

    Si j’avais à avoir peur, ce serait de voir mourir le projet d’indépendance parce qu’il sera devenu le fait d’une bande de « paniquards » comme dans le petit dessin animé qu’on peut voir dans « Bowling for Columbine ». Tsé quand il explique pourquoi les gens ont si besoin d’armes aux États Unis?

    À voir avec quel courage tu peux mettre ta propre intimité à nu sur ce blogue, je ne comprends pas ce pamphlétarisme de la peur sociale d’être dévoré par son prochain qui s’actionne chez-toi dès qu’on touche à la langue ou à ce « quelque chose comme un grand peuple ». Il y a anguille sous roche; Freud aurait sûrement quelque chose d’intéressant à en dire.

    Moi ça me dépasse juste(sic).

  33. 33 Renart L'éveillé février 16, 2008 à 13:01

    Pour revenir à mon texte, est-ce vraiment paniquer que de croire fausse l’assertion contenue dans la citation de Couillard, « Le bilinguisme ne mène pas à l’assimilation, mais au succès », puisque la vérité ne saurait inclure les exceptions?

    Je ne panique pas, je le prends comme si vous me disiez : j’ai plus de succès que toi objectivement parce que je suis bilingue, ou meilleur en anglais (pour ce qui est de mon cas). C’est juste insultant.

    Je sens dans ce discours une tentative d’infériorisation des unilingues et je ne peux pas être d’accord avec ça, surtout si en plus ça risque de jouer sur le long terme dans le rapport de force du français au Québec.

    Malgré toutes les tentatives de faire coller mon discours à quelque chose d’extérieur à moi-même, je ne suis pas au PQ, ni inféodé à un quelconque regroupement nationaliste. Même que le nationalisme, je l’ai assez loin… comme vous devez le savoir si vous me lisez depuis longtemps. Pour vous rafraichir la mémoire, c’est ici.

  34. 34 ebondo février 17, 2008 à 4:21

    Voyons, Renart, ce discours est, me semble, une vérité de la Palisse. Je ne vois pas où est la difficulté de comprendre que, pour la même raison qu’une personne qui sait lire a PLUS DE CHANCES de réussite qu’un analphabète, la personne qui comprend la langue 1)des affaires 2)du tourisme 3)que d’ici peu TOUT le monde ou presque va parler, a définitivement plus de chances dans la vie qu’un autre. Ben oui tu peux réussir ta vie dans le microcosme francophone Nord-Américain. Comme il est possible de tomber du 47è étage et survivre. Mais je te garantis sur ma tête que dans la grande majorité des emplois, à compétences égales, le bilingue a une coche de plus. 1+1=2, 1+0=1.

    Est-ce que tu ne comprends pas ce raisonnement, ou ça te fait chier (peu importe les raisons) parce que t’as envie de t’indigner sur quelque chose pour le simple plaisir de te sentir insulté et de riposter? Toi qui es si hot en Français, me semble que les mots
    « Le bilinguisme ne mène pas à l’assimilation mais au succès » ne contiennent aucune allusion aux unilingues, ni à l’anglais comme tel (on peut s’en douter mais tout de même). Ça parle des gens bilingues à qui on dit : cet outil de plus est un gage de succès, non un pas vers l’assimilation. De la même façon que de dire que t’as plus de chances d’avoir une job payante après avoir fait des études en médecine ou en plomberie qu’en philo ou en histoire. Elle est où l’insulte? Même Pauline a fait preuve d’ouverture à ce niveau dernièrement.

    Je poursuivrai la pensée de Couillard avec la mienne : « les autres, faites donc ce que vous voulez de votre vie, c’est pas de vous dont on parle. » Mais si vous vous sentez exclus, à moins d’un grave problème cognitif, c’est bien votre affaire. L’anglais est assez facile à apprendre qu’un dictionnaire et la télé suffisent à vous rendre bilingue (de base, en tout cas) en quelques mois à peine. C’est trop insultant pour votre orgueil de colonisé Québécois? Ne le faites pas. Vous avez peur de l’assimilation? Ça ne se passe jamais sur une génération, à moins d’être forcé par les armes, ce dont on est bien loin, je crois. Vous ne vivrez possiblement pas assez vieux pour voir ce jour.

    Ou je vous recommenderais l’espagnol. Parce que dans quelques années, ce sera la langue la plus parlée chez nos voisins du sud, si ça ne l’est pas déjà. Ou le Mandarin ou le Cantonnais, puisque la Chine se positionne pour devenir la première puissance économique mondiale.

    En passant, la France a dernièrement adopté des mesures visant à ce que tous les jeunes soient trilingues. Pour être comme les Québécois, les champions du trilinguisme de l’amérique du Nord. C’est valorisant d’être vus comme des modèles. Plus valorisant que d’être vus comme une nation de fond de terroir qui s’accroche au passé(pour eux on parle encore l’ancien Français) sans même essayer de s’ouvrir à l’autre monde.

    Mais bon, comme nos deux opinions se valent, et en bon libertarien, je te laisse rester sur tes positions. De toute façon, ton indignation ne changera rien (y a jamais grand monde aux manifs pour le Français) et ma réplique ne te l’enlève visiblement pas.

    En bon Français, ben coudonc, reste choqué, k’stu veux… Y restera Justin avec qui te pogner. Gros calibre…

  35. 35 françois février 17, 2008 à 10:40

    « Je ne panique pas, je le prends comme si vous me disiez : j’ai plus de succès que toi objectivement parce que je suis bilingue, ou meilleur en anglais (pour ce qui est de mon cas). C’est juste insultant. »

    Vraiment Renart, j’ignore où tu as détecté un tel affront…
    On fait juste tenter de s’entendre sur les plus qu’apporte le bilinguisme, tout en tentant démontrer qu’être bilingue ne signifie pas jeter le français aux poubelles.
    Toi, t’en es presqu’à démoniser cela.

    Enfin, quand je suis embarqué dans cette discussion, ce n’était certainement pas dans le but de t’attaquer. Pis là, plus ça va plus j’ai le sentiment qu’à tes yeux, n’importe qui de bilingue devient un ennemi. Il manque un peu de perspective.

  36. 36 renartleveille février 17, 2008 à 11:18

    Eric,

    tu dis que deux opinions se valent, mais tu me traites de colonisé (ce qui est assez drôle, quand même…), en plus d’être complètement condescendant à mon endroit et à ceux qui ne pensent pas comme toi. Et en passant, ce n’est pas poli crier avec des MAJUSCULES…

    Et je comprends tout à fait ton raisonnement, et c’est le fait que tu ne comprennes pas que le mien va au-delà de ça qui me fait suer. Tu me sors La Palisse et moi je te dis que ton raisonnement est de l’induction, vrai seulement si l’on considère une partie de la réalité. Mais oui je sais qu’il est vrai, si on regarde des cas singuliers. Justement, la population est une accumulation de cas singuliers, est-ce qu’on peut prévoir que tous ces cas réagiront de la même manière à l’avenir s’ils sont tous « bilingues parfaits », surtout ceux qui n’en ont pas réellement besoin (parce qu’il y en a beaucoup), et que le français se portera aussi bien à l’avenir, comme langue commune dans le territoire québécois?

    Et tu le dis bien, nous sommes vus comme des modèles de bilinguisme, et c’est exactement ça qui me fait tiquer, parce que je sais très bien que la plupart des gens qui ont besoin d’être bilingues le sont déjà, c’est la nécessité qui parle. J’ai ma nécessité, tu as la tienne, je la respecte, et je ne suis pas certain que c’est réciproque. Moi, pour être précis, je m’indigne contre le discours, et je ne suis même pas certain que ce soit le tien, qui dit que tous les Québécois sans exception doivent être bilingues, c’est tout. Je n’ai jamais dit ni pensé que c’était mauvais d’être polyglotte, mais j’aimerais bien qu’on cesse de diminuer l’unilinguisme, en l’accolant à la fermeture d’esprit, à l’insuccès. Désolé, mais les mots ont sens interprétatif, alors quand Couillard met l’emphase sur le succès, c’est en partie un argumentaire, il ne faut pas non plus se mettre la tête dans le sable.

    Aussi, excuse-moi, mais, te connaissant, tu n’es pas libertarien pour deux cents, peut-être libertaire, ou plus largement anarcho-socialiste, parce que le libertarianisme est presque exclusivement une philosophie économique. Et je sais bien que le social t’importe plus que l’économique. Les libertariens croient, à tort à mon avis, que le libre marché total va sauver le monde. Si par une contorsion de ta personnalité tu es devenu vraiment libertarien, je suis désolé pour cette explication inutile…

    En tout cas, j’espère que ce commentaire t’auras au moins fait mieux comprendre mon point de vue, sinon pas la peine de continuer, ça va tourner en rond… et je continue avec :

    François,

    OK, j’admets que je suis un peu à pic, mais c’est surtout pas personnel, je vous aime autant, y’a pas à virer fou avec ça… 😉 On jase. Mais il reste que vous insultez mon point de vue quand même. Si j’étais vraiment fâché, je ne perdrais pas mon temps à vous écrire…

    « On fait juste tenter de s’entendre sur les plus qu’apporte le bilinguisme »

    Et moi je dis qu’il n’y a pas qu’un plus (je suis d’accord qu’au niveau singulier, il y en a un plus, et arrêtez de revenir avec ça…), mais il y a un risque au niveau sociétal, et je n’en démordrai pas. Voilà ma position.

  37. 37 Martin Beaudin-Lecours février 17, 2008 à 13:25

    C’est drôle, tellement de gens disent parler plusieurs langues, mais on n’a aucun indicateur de leurs qualités. Même les chiffres de Statistiques Canada sur le bilinguisme au pays sont basés sur une auto-évaluation des répondants. Pourtant, moi qui ne me prétend pas bilingue, j’ai souvent observé d’auto-proclamés « parfaits bilingues » se tromper. Par ici, un « parfait bilingue » d’origine anglophone manque plusieurs subtilités d’une tirade en langue française, par là un « parfait bilingue » d’origine francophone entend autre chose que ce que l’auteur d’une chanson en anglais a réellement écrit et chanté. Pour savoir s’il est possible pour une personne de simultanément maîtriser plusieurs langues, nous sommes obligés de croire ceux qui se disent bilingues.

    C’est assez compréhensible que quelqu’un qui dise parler plusieurs langues en soit fier. Pas besoin d’être Freud pour comprendre qu’une telle personne bilingue ou trilingue sera la dernière à admettre que l’apprentissage de plusieurs langues puisse être inutile, surtout quand ces personnes ont bel et bien connu un succès professionnel grâce à ces langues qu’ils ont apprises.

    Quelqu’un l’a écrit plus haut: il suffit de la télé et d’un dictionnaire pour apprendre l’anglais. La vérité, c’est qu’au Québec, nous sommes submergés par l’offre culturelle anglo-saxonne: télévision, cinéma, magazines et musique. L’exposition à l’anglais existe déjà amplement! Un Québécois n’a pas besoin de grands efforts pour pouvoir appréhender le monde par la lorgnette anglophone. Mais attention! Je ne donne pas raison à Trudeau. Je dis qu’au contraire, ça prend des efforts constants pour pouvoir continuer à l’appréhender en français, surtout à Montréal.

    Ça prend d’autant plus d’efforts que, oui, depuis plusieurs années, le bilinguisme est présenté comme une vertu synonyme d’ouverture sur le monde et que le fait de ne parler que le français est décrié comme une tare. Il faudrait au moins que ceux qui prêchent le bilinguisme admettent que leur discours sied bien la politique multiculturaliste canadienne et que le bilinguisme dont il est concrètement question ne comporte pas l’espagnol ou le russe, mais bien l’anglais, anglais qui est de facto présentée comme une condition sine qua non de réussite (!). Bien sûr le Japonais et l’Allemand peuvent se parler en anglais à Bruxelles, mais de quoi peuvent-ils bien parler? Vous pensez vraiment qu’ils échangent alors sur les subtilités de leurs cultures respectives? M’est d’avis que non. Et j’oserais même dire que ces discussions d’affaires que l’on valorise tant ne nécessitent pas un vocabulaire bien… riche.

    Dénoncé par les Conservateurs, les Néodémocrates et fort probablement bien de ses alliés Libéraux, Justin Trudeau s’explique:

    Les atouts qu’amène la connaissance d’une langue seconde sont pour moi indéniables et très importants, a-t-il précisé à La Presse. Mais je suis prêt à avouer que je n’ai peut-être pas choisi les meilleurs mots, je me suis emporté un peu, parce que c’est un sujet pour lequel je ressens beaucoup de passion.

    Se pourrait-il que ce « parfait bilingue » ne maîtrise pas son français quand il devient émotif?

    Finalement, parlant de craintes, de chieux, de peurs… Et si c’était ceux qui ont le plus peur de ne pas réussir ou de ne pas avoir réussi qui présentent le multilinguisme comme nécessaire à la réussite?

  38. 38 françois février 17, 2008 à 17:26

    Martin,

    D’abord, je ne comprends pas pourquoi on parle de bilinguisme parfait. J’en ai raté une? Qu’est-ce que ça vient faire dans le débat?

    Ensuite, je me fou pas mal de ce que Freud disait de l’égo des polyglottes. Moi, je sais que cela ouvre des possibilités, entre-autres professionnelles, qui seraient autrement inaccessibles. Juste pour cela, dans mon cas, ce fut suffisant.

    Aussi, si les polyglottes étaient connus pour se pavaner sur les toit d’un air hautain dès qu’ils en ont la chance, je pourrais y voir un germe d’insulte nécessitant, si ce n’est une riposte, peut-être un soulèvement verbal comme on peut détecter des tendances içi. Mais dans l’état actuel des choses, je répète que je n’arrive pas à comprendre cet élan d’indignation.

    Vous savez, Freud était pas pire aussi dans le domaine de l’estime de soi…

    Renart,

    Merci de la précision.

    Y’a un élément critiquement important qu’on omet depuis le début, c’est l’internet. On ne peut pas parler de retrait du français au profit de l’anglais sans passer par le web. Vous ne serez peut-être pas d’accord, mais je suis convaincu que c’est là un des plus grands avantages du biliguisme. Le monde tourne au rythme du web. Le parachêvement de cet état de fait devrait nous sauter aux yeux d’içi 12-18 mois, quand la pub et la diffusion de contenu seront devenues aussi (plus?) imposantes sur le web que sur les écrans de télé. Mais comme je dis, ça n’est que le dénouement. Car c’est déjà d’actualité d’aller soit s’informer sur le web, soit d’y vérifier ou approfondir les infos véhiculée au diapason contraignant des médias traditionnels. Et, là vous ne pourrez pas être en désaccord, faire cet exercice sans avoir recours aux majoritaires sources anglophones, c’est presque manquer le bateau. Ou encore, participer à une course de bateaux à moteurs, mais avec un pédaleau.

    J’ai visionné et lu beaucoup de matériel informatif sur le web dans la dernière année. En anglais… bien-sûr. Mais, tellement du bon stock que je participe présentement à la traduction vers le français d’un documentaire que je tiens à rendre disponible à des proches unilingues. Un jour (on y est presque), les outils nécessaires seront accessibles au simple clique d’une souris qui permetteront de traduire ou sous-titrer presqu’instantanément les fichiers textes, audios et vidéos. Patientez! Car rendu là, il devrait y avoir pas mal moins de pression sur notre beau joual.

  39. 39 Martin Beaudin-Lecours février 17, 2008 à 18:56

    @françois

    L’allusion à Freud et aux peurs n’étaient pas pour vous, mais pour d’autres commentateurs ici.

    Enlevez le « parfait » et relisez mon propos, il demeure le même. En plus d’en parler comme d’une vertu, on présente le bilinguisme comme un état opposé à l’unilinguisme. Je suis d’avis qu’il existe en fait bien peu de « vrais bilingues » ou, autrement dit, qu’il y a des niveaux de bilinguisme et qu’il existe bien peu de bilingues qui maîtrisent vraiment les deux langues. Pourtant il suffit à un Canadien de dire qu’il est bilingue pour que Statistiques Canada le considère comme tel. Gardez cela à l’esprit avant de conclure sur l’étendue du bilinguisme.

    Si vous vous interrogez autant, vous avez probablement manqué plusieurs bouts. Renart a écrit plus d’un billet sur la question du bilinguisme, moi de même. Je vous soupçonne de ne pas avoir consulté beaucoup de médias francophones ces derniers temps. L’insulte du fils de l’autre arrive au moment où on débattait de la proposition de Pauline Marois qui semblait vouloir faire de tous les Québécois des bilingues. Après la réaction offusquée de plusieurs, ça été la symphonie des bien-pensants associant unilinguisme à fermeture d’esprit ou repli sur soi et, évidemment, bilinguisme à ouverture sur les autres et le monde. Vous êtes au courant? Ce discours n’est pas nouveau d’ailleurs, et vous le tenez aussi, de façon tout aussi convaincue que les Pratte, Dubuc et cie.

    N’est-ce pas vous qui avez écrit:

    La seule façon de me voir éprouver du respect pour un unilingue, c’est si cela est le résultat de l’absence d’opportunités d’apprendre une deuxième langue. Et, il n’y a pas beaucoup de gens dans une telle situation en Occident.

    Puis encore

    Je m’aventurerais même à dire que globalement, les polyglottes sont plus soucieux de la qualité de leur maîtrise d’une langue

    Ce sont bien plus que des germes d’insulte, à mon avis.

    Maintenant, vous dites vous même que l’avenir est à la traduction. En un clic de souris vers mon blogue, vous verriez que c’est exactement ce que j’affirme: le Québec n’a pas besoin que tous ses citoyens soient approximativement bilingues, il a besoin que quelques uns le soient parfaitement et que l’État encourage et finance la traduction.

  40. 40 Martin Beaudin-Lecours février 17, 2008 à 19:07

    Pour savoir le fond de ma pensée sur le sujet du bilinguisme, dans l’ordre chronologique:

    http://martinbeaudinlecours.com/2008/02/11/du-bilinguisme/
    http://martinbeaudinlecours.com/2008/02/13/en-attendant-les-recents-chiffres/
    http://martinbeaudinlecours.com/2008/02/14/et-ca-continue/
    http://martinbeaudinlecours.com/2008/02/16/bilinguisme-je-te-conchie/

    Le plus récent billet porte un titre plus arrogant, m’étant laissé convaincre par Renart de l’être. Mais je ne suis pas contre le bilinguisme par principe, je le suis par pragmatisme. Je ne suis pas contre le bilinguisme individuel, mais définitivement contre le bilinguisme comme choix de société.

  41. 41 Eric Bondo février 18, 2008 à 2:49

    Renart,

    Libertarien correspond un peu plus à comment je me sens. C’est à dire que je n’en ai plus rien à crisser que la majorité du monde veuille se crisser en bas du pont, pas plus que de ceux qui protègent des mots dans une langue plutôt que les gens qui la parlent qui crèvent de faim.

    Vivre et laisser vivre. J’ai compris un truc, c’est que la pire source de frustration dans la vie, c’est de tenter de protéger les gens de leur propre bêtise. Ouais, parfois ça me gosse au point d’en parler, mais en bout de ligne, c’est juste pour passer mon ennui, j’imagine.

    Ben oui, pour moi on serait mieux si on était tous bilingues. Sans équivoque. Mais si on l’est pas, peu importe, je ne serai pas concerné. C’est ça le pire. J’aurais dû me dire ça dès le début, ça aurait économisé de la bande passante.

  42. 42 renartleveille février 18, 2008 à 8:00

    Eric,

    tu es très dur à suivre :

    « J’ai compris un truc, c’est que la pire source de frustration dans la vie, c’est de tenter de protéger les gens de leur propre bêtise. »

    Donc, ne réfléchissons pas trop sur ce qui se passe avec les autres, réfléchissons encore moins sur les impacts de ce que les politicien(ne)s et les gens influents dans les médias corporatistes pensent et promeuvent. Restons chacun dans nos petits coins, nous serons d’autant plus heureux, et surtout plus zen.

    « Ben oui, pour moi on serait mieux si on était tous bilingues. Sans équivoque. »

    Sauf que dans le cas de la communication parlée, ce qui a été dit plus tôt n’est plus vrai. « On serait mieux », plus heureux si on avait doublement le choix de la langue pour comprendre ce qui se passe avec les autres. Donc, dans ce cas, les politicien(ne)s et les gens influents dans les médias corporatistes font bien de promouvoir le bilinguisme parce nous serons alors plus zens.

    « Mais si on l’est pas, peu importe, je ne serai pas concerné. »

    Dans le fond, ce n’est pas vrai, que les gens résistent ou que les politicien(ne)s et les gens influents dans les médias corporatistes deviennent des défenseurs de l’unilinguisme demain m’importe peu…

    Est-ce que j’ai bien expliqué ta pensée?

    Je te tire un peu la pipe exprès, mais avoue que tu dis une chose et son contraire. Et tu sembles l’avouer toi même avec ta chute : « J’aurais dû me dire ça dès le début, ça aurait économisé de la bande passante ».

    Pour ce qui est de ton adhésion partielle au libertarianisme, j’en comprends que tu t’y accroches parce que c’est la philosophie la moins communitariste, parce que même les philosophies anarchistes de gauche font une place à des considérations communautaires, enfin elles ont un désir de structuralisme, un but d’organisation sociale, qui se situent a priori. Le libertarianisme prône contrairement l’a posteriori, mis à part le pouvoir monétaire qui en est à la base.

    Donc, je ne crois pas être trop dans le champ si je dis que tu es nihiliste.

  43. 43 Martin Beaudin-Lecours février 18, 2008 à 9:56

    Vivre et laisser vivre, ça me plait aussi. Et ça fait une personne de moins qui juge du haut de son pont de la bêtise des autres.

    Ceci dit, je ne pense pas qu’on puisse dire de quelqu’un qui a été porte-parole du Front Commun des personnes assistées sociales du Québec qu’il est nihiliste. À moins que le cynisme l’ai vraiment changé.

    À propos, le curriculum de monsieur Bondo est impressionnant! J’imagine que sa phrase sur « ceux qui protègent des mots dans une langue plutôt que les gens qui la parlent [et] crèvent de faim » est inspirée par son contact avec les réalités d’Hochelaga-Maisonneuve. Je comprend que ses expériences comme gérant de bars branchés de Montréal l’aient certainement conforté dans l’idée que le bilinguisme est nécessairement un plus. Monsieur Bondo doit se dire que si ça été bon pour lui, ça l’est sûrement pour les autres. C’est même bien généreux de sa part.

    Mais Hochelaga-Maisonneuve souffre de bien plus que d’une simple méconnaissance de l’anglais. Les difficultés du secteur manufacturier québécois ne viennent pas d’une ignorance de l’anglais ou de l’espagnol. Les gens qui protègent les mots de ma langue ne le font pas au sacrifice des pauvres qui la parlent et, franchement, tenter d’enseigner l’anglais à un francophone analphabète ne me semble pas la solution pour le sortir de sa situation!

    Quoiqu’il en soit, nous sommes dans le domaine des croyances personnelles ici. Depuis plusieurs années, fédéralistes et bilingues montréalais font l’apologie du bilinguisme d’une manière qui empeste le sentiment de supériorité : « handicapé », « fermé sur le monde », « replié sur soi » sont les mantras de ce discours pour désigner les unilingues. Si des gens comme Renart et moi avons haussé cette fois le ton, avant même la connerie de Justin, ce n’est pas tant pour faire l’apologie de l’unilinguisme que celle du français et de la diversité. Nous croyons que si tous devenaient bilingues anglais/français au Québec, le français serait moins nécessaire pour tout le monde, moins attrayant pour les immigrants, et qu’à moyen terme, certainement en plus d’une génération, il en souffrirait grandement, comme en Louisiane.

    Si Pauline avait proposé que tous les Québécois parlent espagnol ou mandarin, je peux vous garantir qu’il n’y aurait pas eu cette levée de boucliers. Mais faut bien admettre qu’ici, dans le pays bilingue du Canada, bilinguisme signifie parler anglais, que les Canadiens bilingues se retrouvent surtout au Québec, et qu’ailleurs au Canada ce ne sont à peu près que les francophones qui se disent bilingues. Je rappelle ici que j’utilise la définition bien canadienne du bilinguisme par Statistiques Canada, qui recense ceux qui disent parler anglais et français.

    Ces chantres du bilinguisme qui deviennent par le fait même ceux du multiculturalisme canadien qu’ils le veuillent ou non, pourront toujours rétorquer comme ça été fait ici que nous avons un complexe de colonisé, que Freud nous trouverait un problème d’égo, que nous sommes suicidaires, chieux, bêtes, ça ne demeurera que des insultes de plus prouvant notre point sur la supériorité morale affichée par ceux qui parlent plus d’une langue.

  44. 44 françois février 18, 2008 à 15:37

    Désolé, ça va être un peu long…

    Martin,

    Soupçons confirmés…
    Il est rare, en effet, que je me tape des heures de lectures historiques avant de m’autoriser à émettre un commentaire. Je ne suis pas un bloggeur; je ne suis qu’un lecteur-commentateur. Mais surtout, à ce titre, je suis en droit de choisir le contenu et les sources qui m’intéressent.
    L' »insulte » dont je parlais provenait du ton du présent billet, ainsi que de certains des commentaires y étant associés. Et non pas d’une nouvelle spécifique ou de la rhétorique usuelle de nos acteurs-manipulateurs professionnels de l’information.

    L’étendue du bilinguisme :
    Élément statistique totalement négligeable. Aucun impact dans le portrait du sujet débattu. À moins que le débat souhaité concerne spécifiquement une guerre entre les deux camps usuels : Loyalistes vs Souverainistes.
    Je crois que ce qui importe n’est pas « qui » est bilingue, mais bien qui « veut » être bilingue. Car cette volonté est intrinsèquement liée au désir d’augmenter le nombre de ses atouts, normalement au niveau professionnel. Et c’est cela, le bilinguisme : une carte de plus dans son jeu.

    Pour ce qui est des « germes d’insultes », je dirais qu’il est facile d’extraire une phrase de son contexte et de lui faire dire autre chose. Bref, vous semblez habile à performer cet acte.
    Un exemple de ceci dans une phrase que j’ai dite, et omise de votre part :
    « Celui ou celle qui apprend une deuxième langue le fait consciemment, normalement par choix. Dès lors, cette langue n’est plus une chose “imposée”, comme la maternelle, mais bien, souhaitée. C’est cet intérêt dédié à la tâche qui me fait dire qu’un polyglotte doit invariablement être mieux disposé envers la qualité d’une chose pour laquelle il s’est investi. »
    Il me semble que c’est assez bien expliqué. Ça n’est pas une insulte, ni un pétage de bretelles. C’est une analyse. Certes, elle est discutable car elle s’en réfère, comme tout le reste, à mon point de vue individuel. Mais bon, si vous dites que cela est une insulte, ainsi soit-il (ou, « I rest my case », comme l’expression le dit si bien).

    La traduction instantanée dans un monde informatisé est un merveilleux outil. Par contre, croire que tous les avantages obtenus de la connaissance d’une langue puissent être sommarisés dans un utilitaire google me semble être un peu naïf. Aucun traducteur ne peut traduire toutes les nuances linguistiques, souvent culturelles, historiques, (…), qui forment l’échafaudage d’une pensée transmise par les mots. Si les gens abandonnent cette curiosité qui les pousse à vouloir toujours en apprendre plus sur leur environnement (incluant ses voisins, car eux aussi font partie du décor), il n’y aura plus beaucoup de ces nuances qui font le charme distinct de chaque langue et de chaque culture.
    Les C3P0 et autres R2D2 de la fantaisie télé, avec leur émotivité plus humaine que la nôtre, ça n’est pas pour demain.

    Autre sujet, quand vous dites :
    « Nous croyons que si tous devenaient bilingues anglais/français au Québec, le français serait moins nécessaire pour tout le monde, moins attrayant pour les immigrants, et qu’à moyen terme, certainement en plus d’une génération, il en souffrirait grandement, comme en Louisiane. »
    J’aimerais vous souligner le fait que la Loi 101 n’a pas son équivalent en Louisiane. Les francophones de ces contrées n’ont jamais pu ou su trouver les moyens pour se doter d’outils législatifs et/ou politiques dans le but de protéger leur langue et leur culture. Construire un futur horrifique pour le Québec en se basant sur ce qui est arrivé en un autre temps et sous d’autres cieux, moi, ça ne vient pas me chercher.

    On en revient encore à la menace perçue à laquelle ferait face le français, au Québec. Selon vous, il y a une menace plus ou moins urgente, selon le porte étendard de la cause. Faudrait s’entendre là-dessus…
    Un de mes frères habite la Saskatchewan. Il me relatait dernièrement une visite dans un bureau du gouvernement fédéral, à Saskatoon, où il avait à faire. Comme c’est toujours le cas lorsqu’un plancher est fraîchement lavé, un panneau installé sur ce plancher mouillé acceuil le citoyen-client avec les mises en garde d’usages. Mais voilà, le message est inscrit en 3 ou 4 langues, dont le mandarin, mais pas en français! Dans un pays officiellement bilingue anglais-français, c’est pour le moins étrange, pour ne pas dire (vous serez content de l’entendre) insultant. Mais, qui içi persiste à croire que le Canada est une terre d’expansion pour le français? C’est pas en Saskatchewan qu’il faut prendre nos données pour évaluer les affronts subits par le français. C’est au Québec. Pis, au Québec, je n’ai pas encore vu d’avertissements de planchers mouillés commançant par autre chose que le français.

  45. 45 Martin Beaudin-Lecours février 18, 2008 à 21:34

    Ce ne sont pas des nouvelles spécifiques qui m’ont fait dénoncer la tendance à traiter les unilingues de béotiens, c’est la tendance observée depuis plusieurs années, dans plusieurs médias et chez plusieurs personnes. Justin Trudeau n’a fait qu’illustrer cette tendance après que Renart et moi ayions écrit nos billets respectifs. En passant, je n’ai plus la télé, qui ne m’apportait plus rien, alors je ne me fie pas aux acteurs-manipulateurs professionnels de l’information comme ils sévissent à TVA ou TQS. Et à moins que M. Bondo et vous en soient, il n’y pas que ces acteurs-manipulateurs professionnels de l’information qui jugent de haut ceux qui osent remettre en question le dogme du bilinguisme. Et c’est bien de cela dont vous semblez faire totalement abstraction dans votre « analyse personnelle ».

    Mes références à Statistiques Canada devraient être pour vous l’occasion de vous informer rapidement sur deux ou trois choses: le bilinguisme canadien est surtout effectif au Québec; hors du Québec, ce sont les francophones qui en font l’effort; est officiellement bilingue qui veut bien le déclarer. Vous affirmez qu’ils sont rares en Occident les citoyens n’ayant pas l’opportunité d’apprendre une deuxième langue, je vous rétorque qu’ils sont rares au Canada à prétendre être bilingues et que même parmi ceux-là, il est permis de douter de la qualité de la seconde langue parlée. De plus, le fait que le bilinguisme ne soit pas mesuré, mais déclaré, pourrait bien cacher une autre réalité: que beaucoup des francophones unilingues québécois lisent déjà l’anglais dans des magazines et sur des sites américains, et possèdent déjà un niveau fonctionnel d’anglais. S’ils le parlent mal ou pas, mais l’écoutent et le lisent, sont-ils fermés sur le monde et sont-ils bilingues? Pour moi, c’est non et non.

    Vous parlez de ton. Certainement ne voulez-vous pas insulter quiconque, peut-être vous ne le faites même pas, mais avouez que « ne respecter que… », « ça fait petit peuple », est un ton plutôt condescendant. Mais encore une fois, ici, on ne parle pas que de vous. Je n’ai aucunement fait référence à vos témoignages de vie. En fait, honnêtement, je m’en fous. Je vous accorde même qu’un polyglotte, par amour des langues, puisse mieux maitriser le français qu’un francophone.

    Par contre, croire que tous les avantages obtenus de la connaissance d’une langue puissent être sommarisés dans un utilitaire google me semble être un peu naïf.

    Et me le faire dire, après que vous ayiez vous même fait l’apologie de tels outils, existants et à venir, n’est pas très honnête.

    Aucun traducteur ne peut traduire toutes les nuances linguistiques, souvent culturelles, historiques, (…), qui forment l’échafaudage d’une pensée transmise par les mots. Si les gens abandonnent cette curiosité qui les pousse à vouloir toujours en apprendre plus sur leur environnement (incluant ses voisins, car eux aussi font partie du décor), il n’y aura plus beaucoup de ces nuances qui font le charme distinct de chaque langue et de chaque culture.

    Je suis d’accord. Totalement d’accord. Mais alors jusqu’où faut-il aller dans l’apprentissage d’une seconde langue pour que soit satisfaisante la capacité de comprendre les nuances d’une autre culture? N’est-ce pas le « parfait bilinguisme » dont je parlais? On ne parle plus de « bilinguisme fonctionnel » ici en tout cas. Et dans ce cas, permettez-moi de douter de l’importance du nombre de gens en Occident et sur Terre qui ont cette capacité. La simple vérité est qu’énormément de gens de différentes parties du globe parlent anglais, et mal, pour échanger sur des sujets peu approfondis. Bien sûr, je n’oublie pas que la littérature scientifique se fait de plus en plus en anglais, pas plus que j’oublie qu’on puisse être bilingue sans moindrement parler anglais.

    Vous semblez partir de la prémisse qu’un unilingue est nécessairement replié sur lui-même et fermé sur le monde, qu’il n’est pas curieux. C’est cette assertion que des gens comme Renart et moi réfutons depuis plusieurs jours. Et si ce n’est pas ce que vous avancez, c’est tout de même ce que nous refutons. Et nous le faisons dans le contexte, que vous semblez toujours ignorer, où Pauline Marois proposait de faire de tous les collégiens québécois des gens bilingues. On ne parle plus seulement de choix individuel, on parle d’importants choix de société. Mais ceux qui osent questionner le bilinguisme comme choix de société ou, pire, ceux qui doutent du bilinguisme comme vertu individuelle se font, oui, traiter de tous les noms et depuis longtemps, par des gens qui prêchent pourtant l’ouverture aux autres et à la différence.

    Quant à mon exemple de la Louisiane…

    Sachez qu’utiliser cet exemple me rebute, comme tout autre exemple où une communauté francophone se « créolise ». Ça me rebute parce ces communautés qui le parlent encore, même mal selon nos standards, méritent nos félicitations pour leur résilience. Ça me rebute d’autant plus que c’est ce que plusieurs disent de la langue des Québécois: elle ne serait déjà plus du français. C’est tout ce que je voulais dire: je crains que notre français empire si tous les Québécois deviennent véritablement bilingues. Et ne venez pas me parler d’espagnol ou de cantonnais, vous savez très bien que ce n’est pas ce dont il est question ces jours-ci.

    Au Québec, je n’ai pas vu d’avertissements de planchers mouillés commençant en anglais récemment, mais j’ai vu une chef de parti souverainiste tenter une conférence de presse en anglais et se faire ensuite ridiculiser. À Montréal, que vous ne fréquentez peut-être pas, il n’est pas rare de voir des francophones parler entre eux en anglais, de voir des francophones bilingues s’adresser aux immigrants en anglais, et de se faire aborder d’abord en anglais dans les commerces. Surtout, je vois que notre culture, même à Québec ou Rimouski, est déjà imprégnée d’anglais autant dans notre langue, avec ses nombreux anglicismes, que dans différents médias traditionnels, comme le cinéma, la télé et la radio, que dans les nouveaux médias, les jeux électroniques et Internet. Mon opinion est que décider collectivement de faire de tous les Québécois des gens bilingues annulerait les bénéfices de la Loi 101. Nom de Dieu, même les films français arrivent dans nos vidéoclubs en emballage anglophone et de plus en plus de films en langue étrangère ne sont même ni doublés, ni sous-titrés en français! Je ne crois vraiment pas qu’une hausse du bilinguisme des francophones du Québec améliorait la situation.

    En espérant que vous nous aurez mieux compris.

  46. 46 renartleveille février 18, 2008 à 22:28

    Je viens de tomber sur le dernier texte du blogue « À gauche de l’écran », de Michel Monette, « L’apprentissage de l’anglais n’est pas une menace au Québec« , et voilà pour moi un texte qui amène de très bons points, et je vous laisse le lire :

    Il est grand temps de revenir sur terre. L’anglais est enseigné au Québec depuis plus d’une génération sans que cela ne menace notre identité culturelle. La vraie menace, c’est la qualité du français, non le fait que l’anglais fasse parti des apprentissages. Est-ce la faute des enseignants ? Ou n’est-ce pas plutôt celui d’une société qui a coupé dans les dépenses publiques dédiées à l’éducation et qui se demande soudain comment il se fait qu’il y a une crise des apprentissages. Comme le disait si bien le professeur masqué en janvier dernier : «Comment être efficace avec quatre groupes de 32 élèves en cinquième secondaire?» Il y a aussi les nostalgiques qui nous les cassent. Oubliez l’école que vous avez connue si vous êtes dans le groupe des babyboomers. Nous ne pourrons jamais retourner en arrière. Le monde a changé. D’ailleurs, je trouve que les jeunes sont beaucoup plus délurés qu’avant.

    Mais je m’écarte. Revenons au débat sur l’apprentissage de l’anglais. D’autres aussi rêvent en couleur: ceux qui voudraient faire de tous les petits Québécois des êtres parfaitement bilingues. Si l’école réussissait cet exploit, alors nous serions tous excellents en sciences. Ce n’est pas le cas, je peux en témoigner. J’étais faible en anglais, en grec, en algèbre, en géométrie et en math. Aujourd’hui, je suis en mesure de me débrouiller en anglais, mais je ne suis pas bilingue. Pour cela, il faudrait que je vive dans un milieu anglophone. Tant que le Québec va demeurer un milieu francophone, nous n’avons rien à craindre du côté de l’enseignement de l’anglais. Quant aux sciences, je doute que de vivre dans une communauté de scientifiques y changerait quoi que ce soit. Mais je ne suis pas musicien non plus, ce qui ne m’empêche pas d’aimer la musique, les sciences… et l’anglais.

  47. 47 renartleveille février 18, 2008 à 22:34

    Alors oui, la question reste à savoir si le Québec va demeurer longtemps un milieu francophone. Nous pouvons jouer ou non aux devins, mais à Montréal, ça ne semble pas gagné d’avance… Et je ne veux pas non plus être montréalocentriste, mais il reste que c’est là où est le nerf de la guerre!


  1. 1 Taper sur les doigts du joual : l’erreur de Sergio Kokis « Renart L’éveillé / Carnet résistant Rétrolien sur février 18, 2008 à 10:56
  2. 2 Taper sur les doigts du joual : l’erreur de Sergio Kokis - Renart L'éveillé Rétrolien sur février 18, 2008 à 22:12

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    Visitez mon nouveau blogue :  http://www.renartleveille.com/ Le projet, qui germe, meurt et regerme depuis les années 70, s’est concrétisé hier soir par une première au Festival des films du monde. Dans une salle comble, où se trouvaient entre autres les chefs des partis souverainistes, j’y étais, question de goûter à « Questions nationales », ce […] […]
  • Mauvais Oeil
    Visitez mon nouveau blogue : http://renartleveille.com/ La poussière est retombée, on respire par le nez, je vais donc pouvoir revenir sur le cas Pascal-Pierre Fradette. Hier, mon sixième sens me disait qu’il fallait que je google son nom et je suis tombé sur son nouveau projet : Mauvais Oeil. Je me souvenais d’un de ses […]

RSS Culture

  • Sur la liberté de surconsommer et la culture qui la soutient
    Visitez mon nouveau blogue :  http://www.renartleveille.com/ Sans un changement culturel radical qui ferait de la surconsommation un interdit, voire un tabou, les politiques écologiques et les changements technologiques en cours mènent l’humanité tout droit à un cul-de-sac écologique et économique, estime le Worldwatch Institute de Washington, dans son «état […]
  • Sur l’endoctrinement, l’éthique, la culture et la religion
    Visitez mon nouveau blogue :  http://www.renartleveille.com/ Je me souviens avoir déjà pris la défense du cours d’éthique et de culture religieuse. Je le voyais comme une bonne manière de sortir la religion de l’école en l’incluant dans l’Histoire (globale), par la mise en contexte. Il semble que ce soit plutôt le contraire. La religion, avec […] […]
  • Pour en finir avec le lipdub, entre autres…
    Visitez mon nouveau blogue :  http://www.renartleveille.com/ Un certain David Descôteaux (affilié à l’IEDM : un organisme de charité, soit dit en passant!), est venu me spécifier voilà quelque temps (à la suite d’un vieux billet, « La peur d’Anne Dorval ») qu’il a signé une chronique dans le journal Métro et que ça devrait m’intéresser. Si […] […]
  • Questions nationales : impressions et réactions
    Visitez mon nouveau blogue :  http://www.renartleveille.com/ J’aimerais revenir sur ma soirée d’hier au cinéma Quartier Latin où j’ai assisté au visionnement du film « Questions nationales », en compagnie du blogueur Lutopium. De visu, j’ai pu remarquer la présence de Pauline Marois, Gilles Duceppe, Pierre Curzi, Françoise David, Pierre Dubuc, Michel David, […]
  • Questions nationales : un film utile
    Visitez mon nouveau blogue :  http://www.renartleveille.com/ Le projet, qui germe, meurt et regerme depuis les années 70, s’est concrétisé hier soir par une première au Festival des films du monde. Dans une salle comble, où se trouvaient entre autres les chefs des partis souverainistes, j’y étais, question de goûter à « Questions nationales », ce […] […]

RSS Humanisme

  • Sur la liberté de surconsommer et la culture qui la soutient
    Visitez mon nouveau blogue :  http://www.renartleveille.com/ Sans un changement culturel radical qui ferait de la surconsommation un interdit, voire un tabou, les politiques écologiques et les changements technologiques en cours mènent l’humanité tout droit à un cul-de-sac écologique et économique, estime le Worldwatch Institute de Washington, dans son «état […]
  • Sur l’endoctrinement, l’éthique, la culture et la religion
    Visitez mon nouveau blogue :  http://www.renartleveille.com/ Je me souviens avoir déjà pris la défense du cours d’éthique et de culture religieuse. Je le voyais comme une bonne manière de sortir la religion de l’école en l’incluant dans l’Histoire (globale), par la mise en contexte. Il semble que ce soit plutôt le contraire. La religion, avec […] […]
  • Prix à la consommation : comme une odeur de prise d’otage
    Visitez mon nouveau blogue :  http://www.renartleveille.com/ (Le billet qui suit a été publié parallèlement sur Les 7 du Québec, pour lire les commentaires ou en laisser, suivre l’hyperlien précédent.) Il y a de ces choses qu’on sait, mais quand on se les refait remettre en pleine face, elles puent. C’est ce qui m’est arrivé quand […]
  • Ce n’est pas la nature qu’il faut sauver, c’est nous!
    Visitez mon nouveau blogue : http://renartleveille.com/ Après tout ce bleu, étourdissant pour certains, sombre pour d’autres, en attendant le rouge noyé sous la pizza et la bière des déménagements, il serait bon de retourner à la réalité. Une de celles-là, c’est que les contaminants qui nous entourent diminuent « l’écart de poids à la naissance […] […]
  • Né pour un grand pain (les osties, c’est pas assez…)
    Visitez mon nouveau blogue : http://renartleveille.com/ Vous êtes sûrement au courant que l’athéisme sort dans la rue prochainement : « une dizaine d’autobus de la STM arboreront une publicité commandée par l’Association Humaniste du Québec ». Si vous ne l’êtes pas, le message qu’on y verra : Dieu n’existe probablement pas. Alors, cessez de vous inquiéter [… […]

RSS Littérature

  • Sur l’évolution et le changement
    Visitez mon nouveau blogue :  http://www.renartleveille.com/ Du changement. Fascinant à quel point le changement est devenu un phénomène positif… Avant, c’était risqué… aujourd’hui, c’est en certitude d’un changement pour le mieux. […] Le changement est devenu la nourrice de notre lassitude… c’est charmant comme évolution. Plus les changements sont possibles […]
  • Ce que je n’ai pas encore pu dire au sujet de Nelly
    Visitez mon nouveau blogue :  http://www.renartleveille.com/ Au figuré, je me mords les doigts presque au sang depuis mon petit billet d’humeur suite à la mort de Nelly Arcan. Attendre que la poussière retombe pour être certain de ne pas me précipiter stupidement dans le regret. Mais en même temps, comme le souligne bien justement Christian […]
  • Autour de Nipi
    Visitez mon nouveau blogue :  http://www.renartleveille.com/ Tant qu’à être dans la poésie, continuons! De Claude Péloquin, je ne connais pratiquement rien, sauf bien sûr sa chanson ultra connue : Lindberg; et son célèbre « Vous êtes pas écœurés de mourir, bande de caves ? C’est assez. ». J’ai bien dû lire sans trop m’en rendre compte […] […]
  • Un foutu beau débordement de singularité
    Visitez mon nouveau blogue : http://renartleveille.com/ Ç’a été long, mais chose due, chose faite, je l’ai lu ton Vamp. Et je m’incline bien bas, mon cher Christian. Comme un chocolat pur cacao à 99%, je l’ai grignoté à petite dose ta brique, m’explosant les papilles, humant ton mistral a plein poumon, pour en épuiser ensuite […]
  • Le luxe du temps
    Visitez mon nouveau blogue : http://renartleveille.com/ Bon, voilà, j’ai publié aujourd’hui mon dernier billet sur Blogosphère. Cette collaboration me grugeait du temps comme c’est pas possible! Je pouvais passer trois heures par jour à scruter mon agrégateur pour suivre ce qui se passait dans la blogosphère; et trois heures, c’est conservateur comme chiffre […]

RSS Musique

  • Pourquoi les gens sont gaga de la Lady?
    Visitez mon nouveau blogue :  http://www.renartleveille.com/ À la fin de son billet « Le filon pop et les archétypes de certitude », Jean-Simon DesRochers pose une question qui attire une réponse de ma part : Et puisque je m’interroge sur la pop; quelqu’un pourrait m’expliquer pourquoi Lady Gaga fait un tel tabac? N’étant pas totalement idiot, […] […]
  • Blogue-notes
    Visitez mon nouveau blogue :  http://www.renartleveille.com/ Au menu, quelques notices qui pourront sûrement vous intéresser. Premièrement, question de réagir virtuellement à la corruption en cours depuis trop longtemps, il est possible de s’inscrire au groupe Facebook « http://www.nonalacorruption.com/ » et aussi de signer la pétition en ligne. Commentaire […]
  • Pour en finir avec le lipdub, entre autres…
    Visitez mon nouveau blogue :  http://www.renartleveille.com/ Un certain David Descôteaux (affilié à l’IEDM : un organisme de charité, soit dit en passant!), est venu me spécifier voilà quelque temps (à la suite d’un vieux billet, « La peur d’Anne Dorval ») qu’il a signé une chronique dans le journal Métro et que ça devrait m’intéresser. Si […] […]
  • Un pied dans le dubstep
    Visitez mon nouveau blogue :  http://www.renartleveille.com/ Même si je suis DJ, c’est très rare que je parle musique ici. C’est mon monde parallèle. Mais je vais déroger à cette habitude. C’est qu’hier je me suis rendu en compagnie d’un compagnon de travail au Piknik électronique pour entendre deux DJ d’Angleterre : Skream et Benga. Ils […] […]
  • Michael Jackson : le dernier repos? Pas de tout repos!
    Visitez mon nouveau blogue : http://renartleveille.com/ Il va sans dire que l’hommage à Michael Jackson a été le « premier événement culturel multiplateforme d’importance ». D’un autre côté, les réactions à cet événement ont été nombreuses et variées sur le web. Permettez-moi de vous présenter quelques morceaux choisis, et ce, seulement pour la journée d’hie […]

RSS Philosophie

  • Sur la liberté de surconsommer et la culture qui la soutient
    Visitez mon nouveau blogue :  http://www.renartleveille.com/ Sans un changement culturel radical qui ferait de la surconsommation un interdit, voire un tabou, les politiques écologiques et les changements technologiques en cours mènent l’humanité tout droit à un cul-de-sac écologique et économique, estime le Worldwatch Institute de Washington, dans son «état […]
  • Sur l’évolution et le changement
    Visitez mon nouveau blogue :  http://www.renartleveille.com/ Du changement. Fascinant à quel point le changement est devenu un phénomène positif… Avant, c’était risqué… aujourd’hui, c’est en certitude d’un changement pour le mieux. […] Le changement est devenu la nourrice de notre lassitude… c’est charmant comme évolution. Plus les changements sont possibles […]
  • Un dinosaure dans la blogosphère
    Visitez mon nouveau blogue :  http://www.renartleveille.com/ Dans ce monde virtuel, malgré une veille assez large, malgré des alertes Google, malgré la technologie de notification des liens entrants, l’humain est toujours utile. C’est qu’à la suite de mon premier billet en lien avec le suicide de Nelly Arcan, quelqu’un est venu m’indiquer qu’un autre comment […]
  • Sur le nationalisme
    Visitez mon nouveau blogue :  http://www.renartleveille.com/ Je regrette qu’il n’existe pas en français de mot pour désigner l’attachement que l’on peut ressentir pour le lieu où nous vivons notre enfance, entouré de gens qui nous aiment et qu’on aime — et pourvu que notre enfance ait été heureuse. Mais si vous retirez du nationalisme cet […] […]
  • Ne bouge surtout pas!
    Visitez mon nouveau blogue :  http://www.renartleveille.com/ (Le billet qui suit a été publié parallèlement sur Les 7 du Québec, pour lire les commentaires ou en laisser, suivre l’hyperlien précédent.) Je suis tombé sur cette photo la semaine dernière. Elle m’a troublé. Au-delà de la confiance aveugle, j’y vois une allégorie de notre condition sociétale. Les […]

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