À vrille

Avril / Caroline Guay ©

il faut se rendre à l’atome de tout
à l’évidence du point
tout converge sur un chemin doux

elle vibre naturellement cette sphère
bioaquatique
elle rencontre son centre en arabesques incisives

je n’ai qu’à voguer
qu’à joindre les bouts de ficelles
les roches que je sème prennent des formes de mystère

tourner en rond à un goût sucré

du dehors au dedans la course est variable
tout se touche et se répète dans l’éclosion

il y a des naissances
des délivrances et surtout le corps qui explose
la suite est à suivre comme le temps fou

ça me lance
ça me va et ça me vient
c’est ça et c’est autre chose
c’est ce qu’il y a en dedans qui veut sortir

ce mandala est une trampoline

donc
ce qu’il y a de plus merveilleux est ici à venir

(Dessin : Caroline Guay ©)

Haute fidélité

le mot amour maintenant ressemble à toi
(dans un livre pour enfant ton image est le nouveau symbole associé)
âme ou rein ou tête ou cœur comme réceptacle ne change rien ni n’importe

je t’ai rêvé au-delà de mes rêves j’ai cru souvent que je ne quitterais jamais le sol

et je ne peux qu’aujourd’hui chérir mon état amplifié

à l’unisson
je suis sûr que tu y goûtes tout autant
ce certain se dresse en pavillon

chacune de nos petites notes se complète
même la nostalgie devient coulante on se baigne l’un dans l’autre
on est multiplié

et ça prend beaucoup d’ampleur

pas besoin de se mordre pour ça

juste la douce furie
qui s’élance en crescendo
pour ensuite reprendre la mer calme

un miroir où on se mire
pour mieux se réapprendre au jeu du bonheur

*

je n’ai que quelques mots incertains pour te dire des certitudes
je n’ai que de la petite maladresse à t’offrir car je ne m’enrobe pas d’un mélange

de miel et de fiel

tu sais déjà où je me trouve où tu te trouves

et où on se trouve

je te sers de manteau contre les vents australs
pour que tu puisses encore et encore gravir
les iles que tu soulèves
tu me sers d’ancre et de porte-voix alors que mes cris devaient se perdre
au creux d’un oreiller salin
traître et confortable

tu ne sauras vraiment jamais combien tes baisers me font oublier les autres univers
dans l’heureuse noirceur de ton abysse

ma souveraineté t’appartient

*

(le rivage a glissé jusque sous mes pieds)

j’ai vu en écho ton visage d’innocence et tes cheveux changeants
par addition tes souvenirs sont venus nourrir l’album que je tiens

j’ai vu bien plus que des images
j’ai entendu bien plus que ton histoire

des harmonies se sont soulevées autant de fois que le silence
meublant ma conscience et mon inconscience
mes nuits mes jours

nouvelle mythologie

je m’imprégnais de toi dans l’ailleurs

dans l’odeur du feu qui se mêlait de tes murmures

coquins

le bois craquant comme tes chevilles le lit défait semblait nous dire plus haut

tes ailes déployées
moi déplumé

dans les nuages le gris se teintait d’orange et de rouge parfois de vin
nous y étions tellement

centrifuges animaux toujours ta main pour inonder la mienne

les yeux fermés je ne me reposais pas de toi
je me fuyais pour mieux ensuite te déguster l’eau à la bouche

*

jamais je n’ai connu ces sentiers où tu m’entraînes
je te suivrais les yeux bandés car je connais par cœur ceux-là où j’ai eu mal

l’itinéraire est au complet une incartade un dessin en cavalcade

aussi j’aime bien sentir ton épaule
et ton sourire lorsque la braise me chatouille sous le pied

le monde se défait - à nous de le refaire

*

et moi
lorsque je me repose dans ta cabane dans les arbres sur une branche
plus léger qu’un pinson je n’ai plus peur
ma toute Douce

jamais je ne pourrai suffisamment te remercier de m’avoir si longtemps attendu

À rebours et à rebonds

Nous sommes en sursis
Le bonheur n’est pas une fin en-soi mais bien un succédané
Fort en calorie
Vide

Ce sera ce lieu commun puisque rien d’autre ne me vient
Ce sera surtout ce vide

L’espoir réside dans la possibilité que quelque chose en ressorte

Ce si est un test

je parlerai de cul buté de chatte pour que tu viennes
ici le nu est mets ta… fort comme on dit écrit dru
les probables comme les sautés sont verbo-iconiques
ce peau aime est pou toit ou putois
son but pue

l’accroche-queue que je construis est pourvue de toute la salade que je peux
la laitance vinaigrée salace ne rapporte rien de plus qu’un énoncé
je n’ose même penser que tes yeux se rendront jusqu’ici
han han han core
le noyau dur que tu cherches est dans l’ailleurs
et qui me concernerait autrement plus fort que dans la polémique

comme un bouton d’acné tendu par la pression
libidineuse à souhait
prêt à bombarder l’au-delà jusqu’au sang

Travailler

Cela serait bien si cette monnaie n’était pas si lourde. Elle n’encombrerait pas ainsi toutes nos pensées, notre survie. C’est elle qui nous enroule aussi souvent qu’on appuie sur le bouton panique, que notre peur aphone s’en empare. Chaque fois que nos yeux désirent combler l’espace, elle est un tapis volant qui nous fait oublier que nos neurones sont toujours en instance de faire de nouvelles rencontres.

Je sais bien que je creuse mon trou, que je ne fais qu’écrire cette liberté à coup de plume, pas même réelle. Pourtant, je ne croise pas très souvent des spécimens qui me font sentir que je travaille à ma seule survie. En haut de ma montagne, elle m’indiffère un minimum, cette survie ad personam, même si même un enfant saurait en faire la différence, entre le clair et l’obscur si prévisible, si visible. Je ne suis pas plus, ni moins, juste juste avec ce boulet qui me rançonne à souhait, maladivement.

Cette monnaie, elle n’est pas pour toi non plus un tigre portable. Je ne contrôle pas ta somme, ni toi la mienne, ni nous nos regards explosés, rouge ou blanc selon la norme ou l’exception. Je pourrais bien vivre avec cette idée fausse que dans la rue il n’y a que des idées fausses, qu’un tapis chaud se paye par un tribut.

J’essaye de mettre bout à bout des lieux vierges pour créer un nouvel atlas, mais le chemin est plus perdu que le marcheur.

Je ne veux pas sur vivre ni non plus être sous vide.

Sans titre

Les mots s’ajoutent de peine et de misère les uns devant les autres. Les idées sont gangrenées par la gravité, le sol antidérapant les empêche de glisser vers l’avant.

Il y a parfois en moi des soubresauts d’espérance, des moteurs d’évidences. Ces sources semblent taries parce que je ne me sens pas la force d’anticipation.

Même si j’ai mon ventre qui brille, même si j’ai la faim réglée comme une horloge, même si je ne suis plus rien d’autre pour l’instant je me fais violence, je noircis le silence, le soleil s’installe malgré le fait incontournable que je suis son antithèse.

Si vous m’avez suivi jusqu’ici, vous avez compris mon humeur et ce jeu. Je vous en remercie. La clarté est parfois trop aveuglante. Loin de moi l’idée de vous éblouir. Ni de vous prendre par la main vers mon trouble. Il y a déjà assez de raisons de tomber.

Parfois la gorge se noue. Parfois des larmes viennent. Souvent, on ne sait pas par où commencer et on tourne autour du pot. Mais ça fait quand même du bien. C’est une petite preuve à nous même de notre existence, parmi tant d’autres.

Bmiyramnamnaire à vif

J’ai écrit un poème trop court. J’ai lu trop peu, car l’écran se brouille trop vite. Ça serait plus simple si c’était des extra-terrestres les salauds, car le sang dans mes veines est aussi rouge que le leur et ça me rend suspect, moi un humain plus qu’un humaniste, par défaut.

Est-ce que les installateurs de démocratie corporative vont se démener rapidement là-bas même si le sang noir de la Terre ne coule pas dans cette région?

Je ressasse le peu que je connaisse, le pire que je ne désire plus voir, ce courage de me lever en sachant qu’il y a toutes sortes de bombes qui peuvent me tuer et que je ne possède pas, derrière mon clavier, ce texte, aussi inutile que les autres à y faire une différence.

Ça sera mon insuffisante contribution, en espérant qu’à force d’insuffisance au niveau planétaire, ça mettra les priorités à la bonne place…

L’ordre noir

Ça me fait mal de voir des voitures passer dans la rue et ça me brûle de toucher le plastique de mon clavier.

Je n’exagère pas du tout en écrivant que la majorité des troubles sur cette Terre viennent de près et de loin de cette foutue industrie de l’or noir.

C’est visqueux.

Ça me dégoûte.

Ce n’est pas pour rien que j’écris plus sur le Québec que sur la Birmanie, car avec ce qui se passe ici je peux digérer après avoir mangé.

Et là j’ai mal au coeur.

Ma rage ne sait plus comment en découdre.

Je ravale pour ne pas cracher en l’air.

Comme un murmure sur l’oreiller

Il y a comme un murmure sur mon oreiller parce que je ne dors plus sur mes deux oreilles. À l’affût, je fais crisser tendrement le tissu. Je ne suis plus bien même quand je dors. Mon armure en est réduite à mes couvertures. Tout ce qui est loin est mieux pour moi. J’ai peur que le filtre, ma connexion au monde, me trahisse comme je me suis fait trahir souvent dans la réalité par mon visage expressif qui est comme un livre tellement ouvert qu’il est défait en morceaux. Je me cache derrière la ruse et l’éveil, mais je ne suis pas réellement celui-là ou un autre plus spécial encore. Quand je me cache le visage dans mon oreiller, je ne suis plus que celui du miroir, même pas déformé, celui qui vieillit à la même vitesse que tous, qui compte ses cheveux gris comme on compte des billets de banque, qui n’ont vraiment pas d’importance. Je ne suis pas cet autre que vous imaginez, cet autre à abattre, à écraser, comme une mouche grasse et veule, sous le doigt. Je ne suis surtout pas celui qui croit mordicus à la véracité de ce qu’il écrit quand ça semble le concerner en propre. Surtout quand c’est fraichement lavé et blanc comme une feuille. Je m’en veux parfois de montrer la vraie couleur du sale réel. Il le faut bien, sinon, qui le fera?

Je crache et j’avale

Je crache je crache je crache
si loin ou si proche cela n’amène que le lierre
le lien ténu au bord de l’abysse
des additions qui me soulèvent
me prouvent que je ne suis pas que le tapis de quelqu’un d’autre
l’épouvantable
parfois
que mon individe ne se vide pas que pour le néant
la hantise
ne se rempli pas non plus que pour l’innocent plaisir de rire

J’avale j’avale j’avale
cette pâte analysée de toute part
ce bloc aussi gros qu’une montagne
j’avale aussi la cendre des morts
la mémoire et l’histoire

La crise d’angoisse

Ceci ne sera pas de la fiction. Pas même un grossissement à la loupe. Pas celle du scientifique en tout cas.

L’obscurité qui m’a enveloppé est plus ténébreuse que de se fermer les yeux. Du noir, parfaitement sans lumière. La mort serait la plus parente comparaison.

Après coup, c’est comme un deuil de soi-même. La respiration courte comme un fil blanc, pour observer cette vie qui entre et sort en soi — un miracle incessant — pour recoudre le redressement, à coup de pioche sur l’optimisme : c’est une montagne bien dure à percer lorsque l’angoisse a malmené, comprimé comme une éponge son propre coeur.

Je le disais sans trop de pudeur, je l’ai vécu véritablement. La distance temporelle m’est serviable puisque je peux sourire pendant la description.

Cette panique est un mystère contemporain. Je ne pourrais pas être plus flou sur cette crise qui m’a laissé pantelant. Mais c’était une sorte de folie qui poussait comme un plan d’herbe à puce, chatouillait ma confiance en cavalcade. Précurseurs d’un drame, des mois de tiraillements m’annonçaient quelque chose, mais sans le pointer ni l’annoncer. Je me suis retrouvé par terre — black-out — alors que je me devais d’être plus vivant que d’ordinaire : mon pain et mon beurre me le demandaient.

Quand j’y repense, c’est presque drôle, dans la mesure où il n’y avait pas de monstre ni de fantôme pour m’apeurer. Quelque chose en moi a déglingué mes mécanismes de défense. La source du pourquoi a toujours été perdue et je ne saurai jamais comment la reconnaître. À la place, j’ai composé un nouvel être qui contient encore celui d’avant la chute. Ce n’est pas du tout original : personne n’est à l’abri des malheurs ni des bonheurs qui tissent cette épopée anecdotique qu’est la vie dans sa durée.

Sinon, je n’y pense plus, sinon rarement, c’est de l’histoire ancienne. J’ai délibérément évacué le plus possible la description réaliste pour mettre l’emphase sur les images, pour ne pas réactiver l’empreinte, cette clé que j’ai avalée. La peur que ça me reprenne est toujours tapie quelque part. Quand je sens l’odeur du vide, j’en ai des sueurs froides.

Beaucoup d’eau a passé sous les ponts

Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis que je suis né, hagard, au centre du monde. Mon allergie aux énergies fades et aux ressassements continuels ne paraissait pas trop : je souris toujours sur mes photos de bébé.

Beaucoup de larmes ont coulé sous l’insouciance de ma jeunesse myope, brûlée vive par l’apprentissage de la conformité, mais ne sachant pas encore que mon fétichisme futur pour le crayon et les mots sur les pages me vaudraient tant de railleries sourdes dans cette contrée de muscles, de bouts de bois et de glace. Soit! il existe des moustiques plus énervants que d’autres…

Beaucoup de sens a germé sous le jour, dans la chaleur suffocante de cette pièce d’une blancheur délavée, ma vie changeant au rythme de la plume de Réjean Ducharme, avec son Hiver de force, pour ne nommer que ce monument-là. Loin du purisme, il y avait aussi des bandes dessinées en masse, le dos des boîtes de céréales et, en dernier recours, la bouteille de shampoing pour calmer ma soif de mots.

Beaucoup de sang a coulé dans mes veines. Et elles en sont maintenant lisses. Lisses et fidèles à mes soubresauts, aux lenteurs des repos comme aux vitesses de l’urgence. Il y en a qui les coupent pour détourner le regard à jamais, moi je les masse plutôt comme je caresserais un chien debout et accaparant, aux grandes oreilles pendantes.

Beaucoup d’Ô ont parsemés mes premiers poèmes, moi qui rêvait d’une cave humide et d’un poêle à bois dans la noirceur épicée des chandelles. Ces Ô me consolent encore malgré moi, comme des fantômes. Ils vont et viennent comme bon leur semble.

Beaucoup de choses me sont arrivées, mais les plus importantes sont celles qui s’en viennent : mes doigts qui me piquent d’appuyer sur les bonnes touches, cette phrase qui n’en finit plus de vouloir finir, me creuser la tête sans que ça saigne.

Beaucoup de possibilités se côtoient à l’arrivée. Enjamber les ponts qu’il y a entre les mots. Se baigner à en jouir entre les lignes. S’imprégner de l’effet domino. Penser à autre chose tout en sachant que la mémoire existe. Malgré tout, croire en l’immuabilité du mouvement de l’eau sous les ponts.

Miroir concave

Mes genoux sont rouges d’être à la base de leur mépris
ma bouche se voit fermée de force
muselée par la langue humide des champions mondiaux

ce combat épique rend mes joues musclées

C’est la honte en prescription qui me meut
jusqu’à la retourner jusqu’à la fierté sans compromis

serait-ce si demandant?

ce n’est pas une fuite
ni la redondance morne qui rend les doigts noircis comme des racines
ce n’est même pas non plus de se draper de bleu
car mon amour est multiple

mais s’aimer soi-même est la prémisse
le premier point

Je me sens comme un demi-moi aux yeux des demi-rois
un mal pour un bien
un en attendant

que la Terre ne soit qu’une boule d’asservissement

Mais
toujours de gros mais

ils ont leurs armes leurs pouces comme des marteaux-piqueurs
leurs gros mots ventilateurs qui assèchent les larmes
entretiennent l’oubli des blâmes
l’amnésie

Je me souviens est la gymnastique à répéter
ad vitam aeternam est pour moi le chant bouddhique

La flèche au coeur

Je me lance chaque jour
Parfois je tombe avant d’arriver jusqu’à elle
Et quand elle a perdu la corde
Elle m’en veut de ne pas assez l’aider à la trouver
Et je lui en veux de ne pas me laisser tomber en paix

Après avoir perdu assez de temps en enfantillages
On se rattache assez rapidement avec de la réglisse
En se disant le mot amour

Transformation

Plus ça va, plus je me transforme. L’exaspération est mon amie maintenant. Ce n’est pas que tout me glissait dessus, mais je saignais trop. J’étais galeux. Alors, la callosité me recouvre graduellement, enrobe mon jugement. L’éveillé que je deviens sort d’une grande hibernation dans les limbes de tous les jours.

D’un goupil, Renart est né dans le passé, mais s’idéalise en moi comme un maquillage de guerre. Au futur, je veux conjuguer les qualités du renard même s’il est mon antonyme caractériel : je suis né loin de la ruse. Alors comment joindre ce personnage à ma vague à l’âme?

Je le fais un peu ici.

Ceci est un journal intimé

Ceci est un journal intime percé par ton regard fuyant, suicidaire intimité mal calculée, comme si je me déshabillais pour me cacher.

Le haut-le-coeur en montagne russe, j’écris cette langue comme pour la dernière fois. J’ai là là j’ai là là transporté à des heures de chez moi ma fierté.

Aucune vague ne revient à l’identique. Aucun âge ne se clone. Aucune vie n’est à faire ailleurs que la nôtre.

Je me sèche les bras, respire fort, aucunement maladroit: ceci est un pamphlet. Je prends garde à mes selles, ne pas m’étendre sur ceux qui ne peuvent comprendre mes mots, mes sons, mes trois voyelles sans consonnes qui glissent comme un optimisme démodé…

J’ai menti et je me mens encore. Un, deux, trois pour le go qui ne viendra pas avant l’horreur, qui ne viendra pas avant que ma gorge s’époumone au désir.

J’ai mal à mes dents pour mordre le retard. Je suis l’heureux druide occupant les saisons, remuant tout le noir de nos retranchements.

Me suis-tu à la trace ou à la lettre?

Déception

Déception. Espoir que cette bourrasque ne sera que passagère. Que la montée de la rogne ne nous transformera pas en loups. Que cette campagne n’aura été qu’une belle pièce de théâtre, que nous ne nous enfoncerons pas encore plus.

Mon choix est en attente d’un futur à réparer.

L’immobilisme du troll

L’immobilisme dans ta tête
Il vient vers moi mais tombe à plat
Peinture ta hargne de bord en bord
Retient ta bonté pour qu’elle s’assèche
L’incidence immédiate pour moi est ce poème

Je te souhaite un seau rempli de salive tombée du ciel

Sans titre

devenir un cybercitoyen
s’amuser avec un certain sérieux
agacer l’adversité sans trop rire jaunela démocratie est comme une marque de commerce
elle peut tomber si personne n’y croit
si elle se prend pour l’immuabilité incarnée
la paresse est passible de la peine de malheur

je prends la peine de voguer au travers du réseau
pronétariat debout pour la globalité
j’ai la vessie bien pleine pour les amants de la pensée horizontale

ta tête éclate pour le bien de l’humanité

Mon humanité

Mon humanité se résume à l’autre. Je ne suis pas le centre, je me pratique à me nier tel que j’étais, aveugle, sourd et muet, bien avant la première rencontre, l’immersion. Même si maintenant ma tête est ma plus belle cachette, je pense à vous tous quand j’y suis.

Mon humanité ne croit pas que la vie vient en deuxième. C’est pourquoi je n’aurai jamais peur de changer de coffre d’outils. Le troc ne sera jamais un recul si les dollars ne nous procurent qu’une place de choix dans la liste des blessés du cerveau, des prisonniers des couloirs criards des supermarchés, des centres d’achats. Mon humanité se contente de peu sans jamais se laisser traîner les poignets par terre.

Mon humanité se meurt quand elle rencontre des oeillères bien vissées aux crânes métalliques des calculatrices, calculateurs qui crachent sur la poésie. Je suis toujours en rémission : alors que je reprends enfin du poil de la bête, on m’attaque et c’est à refaire. Et avec mon humanité, je pourlèche mes blessures, comme un chien qui ne pense qu’à revoir les sourires des gens qu’il aime.

Début

Il y a toujours un début. Un début tellement plein de souvenirs condensés, d’archives noircies qui n’apparaissent pas parce qu’elles sont dans l’avant tout. Elles ne font que colorer l’idée de départ. Elles pourraient faire exploser l’entre les lignes mais le cerveau s’harmonise toujours à la blancheur métaphorique de la “page blanche”. Alors derrière le fourmillement de ce qui apparaît se cache toujours beaucoup plus, exponentiellement beaucoup plus. Serait-ce ce qu’on appelle communément l’inconscient collectif?

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