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Des phoques et des hommes

Je n’ai pas l’habitude d’en rajouter quand le sujet est déjà saturé, mais je vais quand même me laisser aller de ce côté.

Je comprends qu’il est facile pour certaines personnes, en regard de la bêtise humaine, de préférer la bestialité innocente des animaux. Mais il y a un pas stupide à faire pour l’actualiser par un souhait de mise à mort, quoiqu’indirecte, mais bien réelle des humains.

Je n’ai rien à faire du deuil des Madelinots, c’est leur affaire, je subirai bien assez vite, positivement bien assez tard, mes prochains deuils. Mais de là à partir sur une baloune, et oublier que nous sommes historiquement les prédateurs de cette planète, c’est rêver mou, mou, mou.

Je ne dis pas non plus qu’il faut se servir comme des êtres sanguinaires et assoiffés de violence, de boucherie gratuite et ricanante, ni que le végétarisme est une plaie contre-nature, non! Notre simple naissance gruge dans les ressources inertes et vivantes, et il ne reste que l’éthique pour venir faire contrepoids. Alors, de savoir que le stock de phoques est bien portant est assez pour me rassurer.

Et le sang est trop contrastant sur la neige, il induit en erreur. Pourtant, je crois que les tables des boucheries sont parfois blanches… Et ce n’est pas parce que les plantes sont vertes, a contrario de la couleur du sang, qu’il n’y a pas d’arrêt de vie.

Je suis moi-même en plein programme de couple pour diminuer mes apports en viande. De plus en plus, ingérer des légumes me ravit tout autant, sinon plus, que de laisser fondre toute viande rouge sur ma langue. Question d’habitude et d’ouverture d’esprit. Le secret est le changement graduel et surtout de cultiver la variété. Ça peut même servir de philosophie pour beaucoup de domaines dans nos vies. En espérant être de plus en plus le contraire du monomaniaque.

Alors, je crois que les animalistes humanophobes comme Paul Watson sont loin de s’inscrire dans cette veine. L’artère est bloquée.

(Photo : Wyrd)

De gavage en gavage

Ce texte est paru le 11 juillet sur Un homme en colère, je l’ajoute ici pour ceux qui ne l’auraient pas encore lu.


Avec toute cette histoire de cruauté aux Élevages Périgord, ce qui pour moi ressort, après avoir visionné l’extrait sur YouTube, c’est la facilité avec laquelle nous pouvons faire abstraction du fait que nous sommes en majorité carnivore et que l’élevage et l’abattage ne sont pas des processus très joyeux à la base.

Donc, je crois qu’il faut faire la distinction entre le crétinisme de certains employés de cette compagnie et le gavage en tant que tel, procédé traditionnel qui est assez discutable, même s’il n’y avait pas les autres images de pure cruauté pour l’accompagner. Tant mieux si par la même occasion nous nous questionnons sur cette pratique remontant à l’Égypte ancienne, et interdite dans plusieurs pays. Mais comment séparer le vrai du faux quand, selon Wikipédia, deux instances européennes se contredisent en stipulant soit qu’« aucun animal n’est alimenté ou abreuvé de telle sorte qu’il en résulte des souffrances ou des dommages inutiles », soit que « le gavage, comme il est pratiqué aujourd’hui, est préjudiciable au bien-être des oiseaux »?

Aussi, il ne faut pas oublier, dans le cas de la brutalité, qu’il est très possible que ce genre d’écart de comportement ait lieu, avec plus ou moins de gravité, dans tous les élevages et les centres d’abattage. Car, malheureusement, je ne crois pas que l’éthique de ces compagnies va jusqu’à des mises à pied pour ses employés cruels sinon la peur de perdre son travail freinerait ces débordements. Alors, il est vraisemblable de penser que ce genre d’entreprise est plus propice à ces comportements brutaux étant donné que ces animaux sont considérés premièrement comme des produits et non comme des êtres vivants, à l’instar de nos animaux de compagnie.

En contrepartie, j’ajoute ces deux commentaires de Moskoo, un utilisateur de YouTube, qui représente bien l’avis des personnes qui ne se laisseront pas impressionner par le message du Réseau d’action globale, ceux-là qui ont amorcé cette campagne :

Moi, ça m’empêchera pas d’aller savourer la cuisine de Martin Picard ou le foie gras de mon charcutier. Vous êtes naïfs si vous pensez que l’abattage est un truc doux et sans violence… Mangez donc des produits hyper-transformés à base de soja pour le restant de vos jours si vous avez le coeur trop sensible.

4 minutes sur 100 heures de tournage, c’est pas grand chose. Surtout qu’ils semblent mettre à jour de mauvais employés plutôt que des pratiques courantes. C’est sûr que lorsqu’on est des militants végétariens, on ne doit pas être de gros amateurs de foie gras.

Et appeller au boycot d’un produit qui se détail à près de 200$ le Kg, ça interpelle pas grand monde.

Cela m’amène à la considération monétaire qui va avec ce produit de luxe. Premièrement, il est clair que cette personne est assez en moyen pour consommer à répétition et apprécier ce produit. Aussi, que son plaisir est plus important que son possible dégoût par rapport à cette pratique puisque son commentaire tente sciemment de rabaisser le gavage au même niveau que la production de viande. Pourtant, il y a une forte différence entre une vie d’oiseau assez normale, selon les conditions plus ou moins bonnes des différents élevages, et de se faire rentrer un tuyau dans le gosier jusqu’à être atteint de stéatose hépatique, maladie du foie gras. Conséquemment, il serait assez facile de dire qu’une personne amateur de ces produits sachant très bien en quoi consiste le gavage et qui s’en fout peut très bien en même temps se foutre du sort de la majorité des humains : mais je ne l’affirmerai pas tout de go, je lance seulement l’idée comme ça…

Pour terminer, je ne peux m’empêcher de faire un parallèle avec ces fillettes dans certains pays d’Afrique qui se font gaver de force pour être grosses, afin de plaire à la majorité des hommes qui ont un penchant pour l’obésité féminine, et qui donc vont se marier le plus rapidement possible, partir vivre en concubinage afin de ne pas être un « poids » pour la famille, pauvre de surcroît… Par chance, c’est une pratique qui tend à s’amenuiser entre autres en Mauritanie puisque le gouvernement a demandé aux femmes de se lever et de participer à l’économie du pays. Encore, il existe aussi l’« auto-gavage » qui se pratique chez les femmes et les adolescentes avec des médicaments pour faire grossir les animaux, mais il est démontré que par contre l’influence européenne de la mode aide de plus en plus ces Africaines à désirer plutôt la minceur.

Dans ces deux cas, ces ignominies sont bien culturelles et c’est heureusement une bonne chose qu’apporte la mondialisation de mettre en évidence pour le plus grand nombre des influences et des connaissances qui permettent de tendre vers un monde moins cruel et un peu plus mené par le « bon sens ». On se le souhaite encore plus pour l’avenir.


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