Encore, au sujet de l’émission Tout Le Monde En Parle, étant donné l’omniprésence du sujet de la littérature avec les deux auteurs Marie-Sisi Labrèche et Audrey Benoît, assez rare à la télé quand même, il y a quelque chose qui m’a chicoté… Je savais bien que le paiement des droits d’auteurs était minuscule, mais j’ai sursauté quand j’ai entendu « 1 dollar par copie vendue »!
Même Marie-Élaine Thibert qui berce les jours des matantes et des secrétaires est obligé de ramasser son argent pour s’acheter une maison, en tout cas c’est bien ce qu’elle a dit. Je ne sais pas si c’est vrai, mais coudon, c’est compréhensible pour un artiste alternatif, mais je trouve ça un peu incroyable pour une Miss popularité! Sûrement un contrat merdique avec la gang à PKP…
Je ne voulais pas partir sur la Thibert, désolé. Non, ce qui me chicote le plus, c’est qu’il a été dit pendant l’émission, par rapport à un livre ou à un album, que 2 dollars irait à une oeuvre de charité ou sociale quelconque. Merde, vu de même, les miettes que reçoivent les artistes sont deux fois moins importantes que les miettes qui vont à des oeuvres! (On voit très bien aussi le fossé creusé entre les termes « artistes » et « oeuvres »…)
Les artistes sont comme l’os autour duquel se développe la viande. On dira ce qu’on voudra, on pensera ce qu’on pourra, mais les artistes sont seulement des faire-valoir. Leur travail est comme le ruban qui orne le paquet-cadeau, le cadeau étant tout ce qui va mal, ou bien, selon notre vision des choses.
Même l’adage, « c’est pas facile la vie d’artiste, surtout quand t’es pas vedette », est devenu périmé…
(Photo : petit mouvement)




Oui ça me rappelle une histoire qu’on m’a raconté et qui ne serais pas tellement exceptionnelle.
Il s’agirait d’organisations qui oeuvrent dans la charité et dont les employés, payés au salaire minimum (même après 10 ans d’ancienneté), pigeraient dans certains des dons (des livres par exemple ou des jouets) car ils sont eux mêmes démunis.
J’ai vraiment beaucoup résumé l’histoire, mais en gros ça ressemblait à ça…
(Mais ici je ne remets pas en cause l’idée que quand tu as un salaire minable, rien ne t’empêche d’aller chercher un autre travail…)
Enfin voilà
Me semble qu’un auteur, ça a environ 10% du prix du livre. 1$ est possible si le livre se vend 10 $ environ…
Pour ce qui est de ton autre billet, malhureusement intitulé Sex Bomb, je ne peux le commenter directement, car mon école bloque le mot “sex” dans l’adresse URL…
Quand même drôle ! Autant que Dion hier qui apparaissait un peu coincé, comme toujours.
J’avoue que je ne connais pas assez le coté business du monde de la musique et de la publication, mais si un artiste ne fait que $1 du livre ou du disque vendu, il me semble qu’il a peut-être besoin d’un meilleur agent. Je serais curieux de savoir quel pourcentage J K Rowling récolte pour ses Harry Potter….
Un ami qui a fait un disque recevait 2.50 $ du disque… Ayoye, oui! Et du côté des livres, un autre ami recevait environ 2$… Re-Ayoye, oui!
Qui prend le restant? Le magasin, le distributeur, le producteur, l’agent… Quand tout le monde pige dans les recettes, il ne reste pas grand chose pour l’artiste…
Et pour ce qui est de la suggestion de M.David… Oui, un meilleur agent serait une bonne idée, mais un meilleur agent prendrait plus…
Et ce n’est pas le lot de seulement les artistes… Combien vous croyez que reçoit un cultivateur pour une vache vendu? Je ne me souviens pas de ce que mon cousin m’a dit, mais je sais que je ne cromprennais pas pourquoi je payais mon steack haché si cher…
Dans le cas de Mari-Hélène Thiebert je pense qu’elle est encore sous contrat avec les Production J. J’avais entendu qu’après Star Académie les artiste devaient rester 5 ans sous contrat avec Production J. Si c’est le cas pas besoin de te dire où va la grosse part du profit.
Pour les livre je ne connaissais pas le montant que touche les auteurs Québecois sur leur livre mais je savais que peu d’auteur peuvent vivre uniquement du roman au Québec, c’est triste mais c’est ça.
J’espère qu’il font plus d’argent avec leur tournée! Je lance ça comme ça car moi non plus je ne connais pas toutes les “gamiques” que se passent derrière les portes closes!
Marie-H. Thibert est fort gentille et sympathique mais je regrette, je ne la considère pas comme une artiste. C’est une simple “faiseuse de tounes” à l’emploi de PKP, qui fait le tour des émissions racolleuses. On a tendance ici à confondre artiste et “star” ainsi que gloire et “glamour”.
La fonction industrielle de cette petite fille est toute simple: elle est une ouvrière sommée de produire des biens symboliques destinés au marché des matantes. En tout cas, nous sommes bien loin des vrais poètes, comme Léo Ferré et les autres.
Un artiste authentique doit se situer à l’extérieur de ce que l’on désigne par “industrie culturelle”. Le simple fait que l’on s’inquiète de son “salaire” me prouve que cette fillette n’est pas une véritable artiste. Une artiste authentique se fouterait de PKP ou de Guy A. comme le dernier de ses ulcères.
En fait, ne considérez-vous pas que les petite chansonnettes de MHT contribuent à la pollution culturelle et intellectuelle de notre espace symbolique?
L’équation est pourtant bien simple:
Pollution dans le cerveau => Pollution sur la terre.
….Désolé d’être si négatif
Au Québec, comme au Canada et aux États-Unis, et dans plusieurs autres pays à ma connaissance, le droit d’auteur pour un livre est fixe: 10% du prix du vente du livre. Certains obtiennent plus par négociations, d’autres moins s’ils ont obtenu un paiement forfaitaire avant ou pendant l’écriture.
Donc, comme un livre coûte en général 25$ ou 30$, ça veut dire 2.50$ ou 3$ par exemplaire vendu.
Autre information intéressante: d’après un article du Devoir il y a quelques semaines, la moyenne d’exemplaires vendus par livre au Québec est d’environ 750. Considérez que les best-sellers font monter la moyenne…
Seule consolation: beaucoup de livres universitaires et ouvrages de poésie font baisser la moyenne. N’empêche que la “vraie” moyenne ne doit pas être énorme: dans le milieu littéraire, on considère qu’au Québec, avec plus de 2000 exemplaires vendus, on commence à parler de best-seller…
Enfin, Renart, j’ai de nouveau accès aux commentaires chez toi, je ne savais plus comment te le dire, je n’arrivais plus à les lire, j’ai cru que peut-être tu avais pu me bloquer l’accès… Mais si c’est ça, ma punition n’aura duré qu’un mois. J’ai presque failli t’abandonner!
Non mais, sérieusement, j’ai toujours été respectueuse, alors, j’ai tout mis sur le compte de difficultés techniques.
Bon, pour ce billet et les commentaires qui suivent, mon expérience est très proche de ce qu’a écrit Pascal qui me précède. Je confirme tout ce qui est écrit dans son commentaire et je pourrais en rajouter. J’ai passé les 15 dernières années à travailler dans le milieu culturel de ma région, y compris au Conseil de la culture de chez nous également, où le statut d’artiste professionnel est bien difficile à atteindre pour ceux et celles qui veulent gagner leur croûte avec leur art. N’est-ce pas le propre de l’artiste de vouloir sortir des sentiers battus? Est-ce qu’on peut demander à un artiste de cocher oui, cocher non? De pouvoir se définir, entrer sa démarche artistique et son propos dans des petites cases qui définissent des catégories? De s’astreindre plus à la tâche de remplir des formulaires de demandes de subvention du ministère de la Culture et des Communications, de la SODEQ, de PADIÉ, etc. et tout ce qui pourrait leur permettre de survivre et de pouvoir créer?
Juste un exemple, dans le monde de la littérature au Québec : Parce que le monde de l’édition, c’est celui que j’ai le plus côtoyé, je sais combien c’est truffé de mythes qui subsistent toujours. Publier un premier ouvrage, quand t’es pas déjà connu par la télé, ça relève de l’impossible. Les maisons d’édition, ce sont d’abord et avant tout des business qui veulent vendre un produit. J’ai vu tant de mes amis(es) se faire ignorer ou refuser par quelque 40 maisons d’éditions un ouvrage qui avait pourtant beaucoup de valeur et de potentiel. La télé fait vendre. La littérature, non. D’ailleurs, un recueil de poésie, par exemple, est classé best seller après 250 exemplaires vendus. Publier à compte d’auteur? Pas reconnu. Et pour être reconnu comme écrivain, dans les formulaires, il faut au moins avoir publié une fois dans une maison d’édition reconnue.
Pour être seulement reconnu comme un artiste au Québec, il faut faire partie de « l’industrie culturelle » ou bien, alors, il faut être terriblement acharné et avoir un talent exceptionnel, je pense à quelques-uns qui ont consacré leur vie à ça, comme on entre en religion…
On n’a même pas le droit de s’autoproclamer artiste! Alors, d’en vivre…
Merci à tous pour les commentaires, mais particulièrement à Zoreilles qui me calme un peu, puisque oui, je rêve de publier mon premier roman, et oui surtout, j’aimerais gagner ma vie avec mon art.
Mais bon, je peux me consoler en me disant que je suis DJ professionnel…